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Tset, tsevt

Par | 2018-02-21T15:38:57+00:00 16 juin 2013|Catégories : Blog|

 

à Serge Lunal

   Muss es sein ? Es muss sein
   Ludwig van Beethoven
   sur la par­ti­tion du qua­tuor pour cordes n° 16
   en fa majeur opus 135

   La pour­suite de  la lumière
   Giuseppe Ungaretti

Une cou­leur.

La lumière
ou le monde.

Cela doit-il être ?
Cela est.
Une cou­leur,
c'est être
au-dedans.
Une cou­leur
et au-dedans,
il y a
la lumière
ou le monde.

Une cou­leur
est à la lumière.
Une cou­leur
est au monde.

Le peintre
se penche
sur une cou­leur ;
tra­ver­sé,
il porte la lumière.
Et ce n'est que le monde,
que l'instant d'être ici
ou là.
Ou là-bas.

Le peintre
porte la lumière.
Dans la matière
épaisse,
pro­fonde,
pres­sée
d'une cou­leur.

Il danse
autour.

Il y a
la pour­suite de la lumière.

Un rond de cou­leur
découpe un espace.

Sur le grège,
une autre cou­leur
vive,
sou­daine.

Le peintre est là,
sur les bords,
en retrait,
der­rière une cou­leur
vive,
répé­tée.

Dans l'angle mort
d'une cou­leur,
il est là,
ou là-bas,
dans cette ten­sion
de venir à la lumière,
de venir au monde
d'apparaître
et de dis­pa­raître,
mais au coeur bat­tant
d'une cou­leur.

Il tourne
autour d'une cou­leur,
en retrait,
les mains dans la pein­ture
épaisse,
pro­fonde,
pres­sée.

Déjà la lumière
est autre.
Le monde
est autre.
Il n'y a pas de mort
dans le monde

dit  Arseni Tarkovski.

Dans un rond de cou­leur,
le peintre pour­suit la lumière,
le peintre
ne s'absente
jamais
de l'inconnu.
De ses mains,
il serre l'inconnu.

Dans un rond de cou­leur
vive,
répé­tée,
de lumière,
de monde.

Où por­ter
son regard.
Où pas­ser
la pein­ture.
Où arpen­ter
un espace :
Essayez de regar­der les choses
que vous ne voyez pas,
et vous ver­rez des lignes lignes,
des corps corps,
des cou­leurs cou­leurs 

dit Carlo Michaelstadter.

Il n'y a pas ici
lieu d'adieu,
il y a ici,
il y a là,
il y a là-bas
dans un seul rond,
le peintre
éveille
une cou­leur
puis une autre
et peint déjà
le regard
en regard
d'une vie
tra­cée
à l'instant même
de la pein­ture.

Dans le rond de cou­leur,
suf­fit peut-être
une source de lumière.

Adossée à l'immédiat,
la cou­leur,
lumière
ou monde,
est la patience
de l'obscur
ou
du com­men­ce­ment.

La cou­leur
porte le nom de lumière
ou de monde,
elle n'écarte rien.

13 février 2012 – 9 avril 2012

© jean gabriel cos­cul­lue­la, sep­tembre 2012

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