> Un chant du soir de Dimitris Tsaloumas

Un chant du soir de Dimitris Tsaloumas

Par |2018-08-17T05:12:12+00:00 8 mars 2014|Catégories : Blog|

Dimitri Tsaloumas a quit­té la Grèce dans les années 50 du siècle pas­sé, pour des rai­sons poli­tiques. Il est deve­nu cet exi­lé appre­nant l’anglais à Melbourne, ces­sant d’écrire bien qu’ayant déjà publié deux recueils dans son pays d’origine. Un exi­lé ren­con­trant presque par hasard le contexte his­to­rique, social et poli­tique d’une Australie qui, à la fin du 20e siècle, posa le mul­ti­cul­tu­ra­lisme comme idéo­lo­gie domi­nante. Tsamoulas y a trou­vé une recon­nais­sance quant à sa poé­sie, et au déve­lop­pe­ment de celle-ci en langue anglais, écri­vant et publiant alors de nou­veau, obte­nant de nom­breux prix, dont les plus impor­tants de ce côté-là du Pacifique. Il est cepen­dant demeu­ré un homme poète grec, ou plu­tôt il est deve­nu un homme poète « double », médi­ter­ra­néen et anglo-saxon :

 

Parfois, avant la nuit
quand l’étoile du soir scin­tille, blême
sur les contours clairs encor
des îles un jour d’automne,
elle se penche par la fenêtre
et fixe son regard sur la mer.
Non par nos­tal­gie, ni par regret :
ses yeux lui font mal au soleil. Le pas­sé
s’est dépo­sé dans la mai­son
comme une pous­sière ; il ter­nit l’éclat
des vieux meubles et des cuivres. Son esprit
vague dans l’étendue
des choses utiles.

 

Présenté par Helen Nickas, son édi­trice aus­tra­lienne, et tra­duit par Pascal Laurent, Un chant du soir est la pre­mière véri­table occa­sion offerte au lec­teur fran­co­phone de décou­vrir une poé­sie ici pro­po­sée en ver­sion bilingue (anglais/​français). La poé­sie d’un « homme divi­sé », selon Helen Nickas. Et cela appa­raît en effet for­te­ment dans le choix de ses poèmes. Un homme divi­sé par les langues agis­sant en lui tout autant que par la géo­gra­phie de sa vie, dont les poèmes parlent de héros et de dieux grecs, d’Orphée, de nos­tal­gie, de pes­si­misme, d’un cer­tain sens de la perte, le tout non sans iro­nie. De l’exil, aus­si, par petites touches dis­crètes. Une poé­sie de l’âme renais­sante sous l’œil du soleil, aus­si :

 

C’était mon frère, voyez-vous/s’appuyant sur moi, celui qui a grandi/​dans la mort et marche main­te­nant en boi­tant ». 

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