> Un filet des carreaux et des cœurs …

Un filet des carreaux et des cœurs …

Par |2018-08-18T22:41:27+00:00 28 juillet 2013|Catégories : Blog|

 

Un filet des car­reaux et des cœurs pal­pite au-des­sus de la Seine

 

Le filet des car­reaux et des cœurs pal­pite au-des­sus de la Seine.
Nous vivons dans une mai­son qui coule du toit.
L’averse entre par les lucarnes à car­reaux et à cœurs,
il pleut sur le lit des enfants, sur ceux qui ne sont pas encore nés,
et sur les morts d'antan. Personne
ne veut faire face à la pluie.
À l'arrière-fond, nous enten­dons le raf­fut des sèche-che­veux.
Les loca­taires et les pro­prié­taires recherchent leurs lunettes
pour ins­pec­ter de plus près.
Ils ne voient rien de rien. Ils cherchent, pour voir la pluie.
Les enfants jouent tels des pois­sons sous la cou­ver­ture vert végé­tal.
C’est ain­si que par­fois la pluie arrive et elle insiste
sur ses mes­sages un brin
révo­lus. Elle s'enroule dans le four comme un che­va­lier de feu,
la pluie pré­pare tout en sueur des spa­ghet­tis aux enfants.
Retournez ces vête­ments de vieillesse, tour­nez les visages,
nous brû­lons.
Lorsque les dames referment leurs trousses à maquillage,
l'air, enva­hi par l'étincelante pous­sière vio­lette,
où, carpes mou­rantes et muettes, elles ouvrent leurs bouches,
est satu­ré d’une immen­si­té de mots tus qui leur pèse des­sus.
Le filet des car­reaux et des cœurs pal­pite au-des­sus de la Seine
et il y a toi qui sais en extraire une musique, comme si tu dépliais une cou­ver­ture.

 

 

Traduction Stéphane Bouquet et l’auteur
 

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