> Un grain d’or sur chaque pavé

Un grain d’or sur chaque pavé

Par |2018-08-14T12:29:37+00:00 17 mai 2013|Catégories : Blog|

 

Nous sommes au Centre Georges Pompidou
Sur le par­vis du centre
En haut sur la gauche
En regar­dant d’en bas
Le par­vis est en pente
Et pavé de sur­croît
Pavés aux arêtes vives
Le pied s’étrangle
Sauf à être bien chaus­sé
Pavés en gra­nit gris d’on ne sait où
Prenons un indi­vi­du lamb­da
Une femme du monde
Un homme de peine
Un pousse-cailloux un pédi­cure
Qui n’a rien à voir
Avec la consonne spi­rante laté­rale pala­tale voi­sée
Demandons-lui de se plan­ter
En haut sur la gauche
En regar­dant d’en bas
Du par­vis de Notre-Dame
Des longs tuyaux
Chargeons-le d’un sac de fin sable d’or
Décrivons la chose
Le hap­pe­ning si vous vou­lez
L’individu plonge la main dans le sac
En retire une poi­gnée d’or fin
Pousse un cri d’or frais
Cherche en elle un grain
De sa folie non
Mais un grain d’or
Un seul un fin
Un seul très dif­fi­cile à sai­sir
Il va deve­nir fou
Tomber raide
Sur le car­reau de gra­nit gris
Demandons-lui
De dépo­ser le grain
Sur le pre­mier pavé du par­vis
En haut sur la gauche
En  regar­dant d'en bas
Demandons-lui de dépo­ser
Un deuxième grain
Sur le deuxième pavé
Du par­vis en haut
Sur la gauche
En regar­dant d'en bas
Peu plus à droite néan­moins
Un grain d’or sur chaque pavé
Doit être, demeu­rer
Malgré les cou­rants d’air
Les pas­sants dés­œu­vrés
Les rôdeurs les boni­men­teurs
La pluie
Notre indi­vi­du pro­gresse
Grain à grain c’est pénible
Parvient au pavé trois
Y dépose le grain
Difficile
Car l’or est fin très dif­fi­cile à sai­sir
Invisible dans la main
Une fois dépo­sé le grain invi­sible encore
Vous avez droit à la loupe
On est pas des chiens atten­tion
Si le grain du un
S’est envo­lé
Interdiction de conti­nuer
Or le grain s’envole
Celui du un du deux du trois
C’est la loi
Que le souffle impose
Que le manque accroît
Le par­vis n’est pas grand
Le grain est rare
Les pavés innom­brables
Tout de même comp­tons
Deux cents mètres
De large
Sur cin­quante mètres
De des­cente
Abrupte
Donc souf­flons, souf­flons
Soufflons un peu
Deux cents mètres que mul­ti­plie cin­quante
Attendez j’écris les chiffres dans un coin
De ma feuille
Pour cal­cu­ler être cer­tain
De ne pas me leur­rer
D’être en vie
Un zéro de trop c’est vite dit
La sur­face est de
Dix mille mètres car­rés
C’est trop je n'y crois plus
Un pavé c’est un cube
Un cube plu­sieurs car­rés
Un car­ré mesure
Vingt cen­ti­mètres de côté
Il n’ira pas au bout
Un thé un bon goû­ter
Lui don­ne­rait-il du cou­rage
Dans un mètre car­ré de pavés de par­vis gris
Je vous fourre vingt-cinq grains
Vingt-cinq fois dix mille
L’arithmétique c’est l’enfance de l’art
Deux cent cin­quante mille car­rés
Joli train­train
D’entrée de jeu
S’amenuise
Un grand nombre de choses
Ne sentent plus la rose
A rai­son de trente secondes par pavé
Cent vingt-cinq mille minutes que l’on obtient
Pour fleu­rir le par­vis de grains
Vivre une vie
De sable d’or cru
Invisibles à l’œil nu
Dès le pre­mier grain
Si déli­cat soit le geste
Contenu le souffle
La mer des grains tou­jours
Trois fois par huit chaque jour
Pour arri­ver ici
A la fin de nulle part
Au bout de ce voyage
Qui n’a pas com­men­cé

X