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Un oiseau tremble

Par |2018-10-18T08:04:57+00:00 27 septembre 2014|Catégories : Blog|

 

Un oiseau tremble de n’être par­mi les feuilles
Qu’un souffle      silence alerte

Nous sommes témoins de ce silence
Gardiens de sa dou­leur     désar­més
Devant si fra­gile beau­té
Que le ciel est refu­sé
Au vent mes­sa­ger de ses alarmes

L’oiseau — tu sais
L’oiseau
Qui se tient
Sur le mur en ruines
L’oiseau qui se tait    trem­blant
De n’avoir que des ailes
Alors que l’arbre
Seigneur du jar­din
A tant de feuilles à jeter

Le pre­mier oiseau de la jour­née
Perché si loin que je l'entends à peine
Déploie son chant minus­cule.
Un voi­sin ouvre les volets. Roulements de tam­bour
Voilés par le deuil anti­ci­pé de toute joie.
Je vois le volume des ombres
Envelopper les blocs de la cité.

Ciel ! Que c'est beau, la lumière
Sa pro­ces­sion autour des tours,
Le vent furieux de ne trou­ver au laby­rinthe
Que l’issue d’un ver­tige immo­bile.
Ici on ne badine pas avec les rigueurs de la géo­mé­trie,
Tout est si haut qu'on se sent bas,
Petit, réprou­vé, déses­pé­ré
De ne pas être un oiseau
Libre de nicher dans les ruines.

Ainsi le ciel ne se dépar­tit pas
De son immen­si­té.
Pas de flèche pour faire tom­ber l'oiseau
Qui bat d'un cœur ailé dans la nécro­pole
De l’aube.
 

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