> Vallongues, 27 août 2004

Vallongues, 27 août 2004

Par | 2018-05-22T03:57:22+00:00 20 janvier 2013|Catégories : Blog|

 

Aux larmes des hommes l’absente res­plen­dis­sante. D’immenses roches noires. Sa terre. Son sou­rire. Sa che­ve­lure. Tresses d’eau. Serpent son corps. Puis vint le feu. Et n’est plus. Homme broyé. Seul. Herse de nou­velle nature. À seul. Debout. Et son poème. Luttant rayon à rayon, soleil contre soleil. L’astre, l’absente. Que sont les fleurs deve­nues dans l’arbre de Judée ? Que sont-elles ces fleurs aux­quelles accro­cher ? Ont chu. L’espérance et le reste de cha­grin enfoui.

Des cigales hurlent. Le soleil sous­trait. Brosse le vent l’été ache­vant. S’éternisent. Un rire. Une voix sous le pla­tane. S’endormant, mater­nelle. D’un été l’autre, le pay­sage. Avaler les marches. Une à une. Procession comme ava­lanche, jusqu’à la cabane de l’enfance. Vallongues. Toujours le soleil et le com­bat tou­jours. Et la pluie de feu dans nos cer­velles frap­pées. Tout indif­fé­rem­ment. Sans har­mo­nie pour une fois. Et la bles­sure qu’on ne peut. Et les joues de pleurs. Et les che­villes de las­si­tude. Pour mar­cher, il faut l’âme, la mère.

L’homme, l’arbre, leur courbe comme échi­ner. Comme rompre. Comme détruire. Secourant à leur tour quel ? l’amour de la terre. Cependant. D’un rayon l’autre, s’est dépay­sée, s’est exi­lée, nous regarde. Nous regar­dons. Mais les ronces des yeux dans le taillis des hommes brûlent comme soleil et son cœur d’éclater. Les corolles des bras enlacent. L’heureux tour­ment d'un peintre, encore, sub­siste, qui du noir crée la lumière, crée l’enfant, la femme d’or. Poursuivre, rocailleux. Écouter la voix de la femme. Hurlant sur le che­min. L’absente res­plen­dis­sante.

 

                                                                                                               Vallongues, Bordeaux, 27 au 30 août 2004,
Marseille, juillet 2005, juillet 2008, juin 2012.

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