Ce livre peut se lire ou se par­courir en pro­longe­ment de l’exceptionnelle expo­si­tion à laque­lle il est asso­cié : Ver­laine empris­on­né, au Musée des Let­tres et Man­u­scrits (jusqu’au 5 mai 2013). Il peut aus­si être lu de façon autonome, en par­ti­c­uli­er par ceux qui ne peu­vent se ren­dre à Paris pour voir l’exposition. Plus de 220 pages asso­ciant une masse impres­sion­nante de repro­duc­tions, la plu­part étant des doc­u­ments présen­tés à l’exposition, et le texte entraî­nant de Jean-Pierre Guéno. C’est un beau livre, au sens réelle­ment noble de ce terme.

De quoi s’agit-il ?

Le Musée des Let­tres et Man­u­scrits donne à voir, pour la pre­mière fois, au pub­lic le man­u­scrit orig­i­nal de Cel­lu­laire­ment, l’ensemble des poèmes écrits par Ver­laine en prison, après qu’il ait tiré au revolver sur Rim­baud. Le texte n’a jamais été édité tel quel du vivant du poète, les poèmes ayant été répar­tis par Ver­laine dans divers recueils. C’est ce que donne à voir l’exposition, et aus­si l’histoire que donne à lire l’ouvrage de Guéno. Une his­toire au sens large car Ver­laine empris­on­né s’organise en chapitres, avec chaque fois des doc­u­ments excep­tion­nels et la plu­part du temps des poèmes, qui per­me­t­tent de « faire le tour » de l’homme Ver­laine et de cette affaire crim­inelle pour le moins célèbre. Le par­ti pris est pas­sion­nant : Ver­laine est empris­on­né car il fait des séjours en prison, bien sûr ; il est aus­si intérieure­ment empris­on­né, depuis sa nais­sance, par divers­es cel­lules dont la moin­dre n’est pas sa souf­france per­son­nelle. L’ensemble est très beau, pas­sion­nant même. Tant pour ceux qui aiment Ver­laine que pour ceux qui le con­nais­sent mal, car livre et expo­si­tion ont cette qual­ité de pou­voir servir d’introduction à Ver­laine pour quiconque souhaite approcher le poète. Et de s’adresser en même temps aux habitués de la poésie de Ver­laine, habitués qui décou­vriront ici physique­ment les poèmes dis­per­sés de Ver­laine. Un ensem­ble qui, dit-on sou­vent, fut le pre­mier pas vers la con­ver­sion du poète – pour peu que celle-ci ait été acquise en pro­fondeur, ce qui est une autre histoire…

 

Les textes de Cel­lu­laire­ment vien­nent d’être réu­nis en un vol­ume de la col­lec­tion Poésie/Gallimard.

 

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