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VOIX INÉDITES (extraits)

Par | 2018-02-19T14:46:02+00:00 12 avril 2013|Catégories : Blog|

 

Quisieras poder dete­nerte, para dete­nerte en algo. Pero ¿hay algo que puede dete­nerse, para dete­nerte en algo ?

Tu vou­drais pou­voir t’arrêter, pour t’arrêter dans quelque chose. Mais y a-t-il quelque chose qui puisse s’arrêter, pour que tu t’arrêtes dans quelque chose ?

 

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Ser es obli­garse a ser. Y obli­garse a ser es obli­garse a ser. No es ser.

Être, c’est s’obliger à être. Et s’obliger à être, c’est s’obliger à être. Ce n’est pas être.

 

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No, las cosas no son como son, porque si fue­sen como son, lo serían siempre como son.

Non, les choses ne sont pas comme elles sont, parce que si elles étaient comme elles sont, elles le seraient tou­jours, comme elles sont.

 

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Sabes que te equi­vo­caste ; y si supie­ras tam­bién que te equi­vo­cas y si supie­ras tam­bién que te equi­vo­carás, sabrás tan­to cuan­to sé yo.

Tu sais que tu t’es trom­pé ; et si tu savais aus­si que tu te trompes, et si tu savais aus­si que tu te trom­pe­ras, tu en sau­rais autant que moi.

 

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Y su dolor llegó a ser infi­ni­to, de tan­to no alcan­zar para nada su dolor.

Et sa dou­leur en vint à être infi­nie, à force de ne pas tenir pour rien sa dou­leur.

 

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Estar en com­pañía no es estar con alguien, sino estar en alguien.

Être en com­pa­gnie, ce n’est pas être avec quelqu’un, mais être en quelqu’un.

 

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A veces una pala­bra que parece de más no está de más, porque acom­paña.

Parfois un mot qui paraît de trop n’est pas de trop, parce qu’il accom­pagne.

 

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Y si eres un san­to porque eres un san­to, eres un san­to que no vale nada, porque no te cues­ta nada el ser un san­to.

Et si tu es un saint parce que tu es un saint, tu es un saint qui ne vaut rien, parce que ça ne te coûte rien d’être un saint.

 

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Cuando creo enten­der un poco qué es la vida, la vida no es ni un mis­te­rio.

Quand je crois com­prendre un peu ce qu’est la vie, la vie cesse d'être un mys­tère.

 

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Si me acer­co a ellos conmi­go, me acer­co a ellos ; y si me acer­co a ellos con ellos, me ale­jo de ellos.

Si je m’approche d’eux de mon fait, je m’approche d’eux ; et si je m’approche d’eux de leur fait, je m’éloigne d’eux.

 

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Los que se levan­tan para levan­tarse y no para levan­tar, no com­pren­do por qué se levan­tan.

Ceux qui s'élèvent pour s'élever et non pour éle­ver, je ne com­prends pas pour­quoi ils s'élèvent.

 

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Me miras como si me dije­ras : no te doy nada. Y te lamen­tas, porque te miro como si te dije­ra : no quie­ro nada.

Tu me regardes comme si tu me disais : je ne te donne rien. Et tu te désoles, parce que je te regarde comme si je te disais : je ne veux rien.

 

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Estás solo, total­mente solo, y tienes mie­do. ¡Oh, quién com­prende !

Tu es seul, com­plè­te­ment seul, et tu as peur. Allez com­prendre !

 

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Sólo quien vive murien­do puede resol­ver sus pro­ble­mas.

Il n'y a que celui qui vit en mou­rant qui peut résoudre ses pro­blèmes.

 

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Nadie te lla­ma pobre. Es que nadie te quiere.

Personne ne t'appelle "mon pauvre". C'est que per­sonne ne t'aime.

 

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Eso que lla­man nada debe ser lo mejor, porque lo mejor del hombre se ali­men­ta de eso que lla­man nada.

Ce qu'on appelle rien doit être le meilleur, parce que le meilleur de l'homme se nour­rit de ce qu'on appelle rien.

 

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Vemos hombres y hombres y hombres casi siempre, y sólo algu­na vez vemos un hombre.

Nous voyons des hommes et des hommes et des hommes presque tout le temps, et quel­que­fois seule­ment nous voyons un homme.

 

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El valor de cuan­to tienes y de cuan­to no tienes se hal­la en cuan­to te fal­ta, de cuan­to tienes y de cuan­to no tienes.

La valeur de tout ce que tu as et de tout ce que tu n'as pas se trouve dans tout ce qu'il te manque de tout ce que tu as et de tout ce que tu n'as pas.

 

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El hombre, como está hecho, ¿puede ser el gran hombre ? No. Y el gran hombre, si existe, no debie­ra lla­marse hombre.

L'homme, comme il est fait, peut-il être le grand homme ? Non. Et le grand homme, s'il existe, ne devrait pas s'appeler homme.

 

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Has ven­ci­do a tu grande dolor. Pero con otro más grande dolor. Y lo has ven­ci­do siempre, porque no te ha fal­ta­do nun­ca otro más grande dolor.

Tu as vain­cu ta grande dou­leur. Mais au moyen d'une autre dou­leur plus grande. Et tu l'as tou­jours vain­cue, parce que tu n'as jamais man­qué d'autre dou­leur plus grande.

 

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Si te sal­vas de todo, te pierdes en nada. Si no te sal­vas de nada, te pierdes en todo. Porque de todos modos debes per­derte. Y si de todos modos debes per­derte, piér­dete en todo.

Si tu te sauves de tout, tu te perds dans rien. Si tu ne te sauves de rien, tu te perds dans tout. Parce que de toutes façons tu dois te perdre. Et si de toutes façons tu dois te perdre, perds-toi dans tout.

 

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La estrel­la y el insec­to. Nada más. Para la estrel­la el insec­to y para el insec­to la estrel­la. Y nadie quiere ser el insec­to. ¡Qué extra­or­di­na­rio !

L'étoile et l'insecte. Rien d'autre. Pour l'étoile, l'insecte et pour l'insecte l'étoile. Et per­sonne ne veut être l'insecte. Comme c'est extra­or­di­naire !

 

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Son mor­tales los sí de los sí y los no de los no. Y no son mor­tales los sí de los no y los no de los sí.

Sont mor­tels les oui des oui et les non des non. Et ne sont pas mor­tels les oui des non et les non des oui.

 

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No me hacías el mal de cien años has­ta hace un minu­to. Faltaba un minu­to, un minu­to que había fal­ta­do cien años. Un minu­to que no qui­so fal­tar un minu­to.

Tu ne me fai­sais pas le mal de cent années jusqu'à il y a une minute. Il man­quait une minute, une minute qui avait man­qué cent années. Une minute que je n'ai pas vou­lu man­quer une minute.

 

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Creo que el movi­mien­to es el no saber, porque se mue­ven más los de menor saber.

Je crois que le mou­ve­ment est le non-savoir, parce que bougent davan­tage ceux qui ont le moins de savoir.

 

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Si crees que no tienes nada para ofre­cer, a nadie, creo que no deseas ver a nadie.

Si tu crois que tu n'as rien à offrir, à per­sonne, je crois que tu ne désires voir per­sonne.

 

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Muchas pala­bras, mon­tañas de pala­bras. Y amar es una sola pala­bra. ¡Qué poco es amar !

Beaucoup de mots, des mon­tagnes de mots. Et aimer est un seul mot. Que c'est peu de chose, aimer !

 

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No digo mal de ti, ¡oh, no ! Digo que me estás matan­do.

Je ne dis pas de mal de toi, oh non ! Je dis que tu es en train de me tuer.

 

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Me das todo lo que puedes, pero sin nada de lo que no puedes. Me das un cuer­po sin alma.

Tu me donnes tout ce que tu peux, mais sans rien de ce que tu ne peux pas. Tu me donnes un corps sans âme.

 

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Hay un cuan­do que me mue­ro que es cuan­do estoy ante lo bel­lo ; hay un cuan­do que me mato que es cuan­do estoy ante lo feo, y hay un cuan­do que no me mue­ro ni me mato que es cuan­do estoy ante lo ton­to.

Il y a un moment où je me meurs, c'est quand je suis devant ce qui est beau ; il y a un moment où je me tue, c'est quand je suis devant ce qui est laid ; et il y a un moment où ni je ne me meurs ni je ne me tue, c'est quand je suis devant ce qui est sot.

 

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tra­duit de l'espagnol (Argentine) par Danièle FAUGERAS

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