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Antonio Porchia

Par | 2018-05-25T18:58:59+00:00 12 avril 2013|Catégories : Blog|

UN UNIQUE LIVRE : LE LIVRE D’UNE VIE

1885 – nais­sance à Conflenti (Calabre) d’Antonio Porchia. Aîné de 7 enfants.

1902 – la mort du père contraint la famille à émi­grer en Argentine, à Buenos Aires. Antonio en assure la sub­sis­tance, d’abord en tant que docker et jour­na­lier, puis en tant que patron, avec un de ses frères, d’une petite impri­me­rie. Personnalité réser­vée et géné­reuse, il fré­quen­te­ra toute sa vie un groupe d’artistes, pour la plu­part émi­grés comme lui, regrou­pés en une asso­cia­tion dénom­mée Impulso.

1936 – une fois sa famille éta­blie, il choi­sit (ou est choi­si) par la soli­tude, s’achète une petite mai­son avec jar­din, où il pas­se­ra son temps à peau­fi­ner ces sortes de « sen­tences » qui carac­té­risent sa conver­sa­tion quo­ti­dienne avec ses amis, et qui appa­rais­saient déjà dans les quelques articles écrits dans sa vie de jeune mili­tant ouvrier.

1943 – sur les ins­tances de ses amis d’Impulso, il publie à compte d’auteur un pre­mier recueil de ce qu’il appel­le­ra lui-même des « voix ». Embarrassé par les 1000 volumes de cette pre­mière édi­tion, il décide d’en faire don à une ins­ti­tu­tion qui coor­donne le réseau de biblio­thèques muni­ci­pales qui couvre tout le pays. C’est ain­si que ses voix par­viennent au fin fond des pro­vinces argen­tines, où elles sont reçues d’abord avec sur­prise, puis avec véné­ra­tion par des lec­teurs atten­tifs ; beau­coup reco­pient à la main les voix et com­mencent à les faire cir­cu­ler.

1948 : les réper­cus­sions secrètes de la pre­mière édi­tion amènent Porchia à en entre­prendre une seconde, tou­jours sous l’égide d’Impulso, avec du maté­riel nou­veau. Un exem­plaire de la pre­mière édi­tion arrive entre les mains du poète et cri­tique fran­çais Roger Caillois, membre du comi­té de rédac­tion de la pres­ti­gieuse revue Sur. Roger Caillois invite Porchia à publier dans Sur, où sont fré­quentes les col­la­bo­ra­tions des plus émi­nents écri­vains de langue espa­gnole, ain­si que des tra­duc­tions de pre­mière ligne. Mais Caillois doit ren­trer en France, et la col­la­bo­ra­tion se heurte à des mal­en­ten­dus : on veut faire « cor­ri­ger » à Porchia ce qu’on estime être des « fautes de gram­maire ». Porchia retire son texte.

Pendant ce temps, Roger Caillois tra­duit les voix et les fait édi­ter dans une pla­quette de la col­lec­tion G.L.M. (Voix, Paris 1949). La lec­ture de cette tra­duc­tion éveille l’admiration, entres autres, de Henry Miller, qui fait figu­rer Porchia par­mi les 100 livres d’une biblio­thèque idéale ! Le renom de l’édition fran­çaise va enfin don­ner aux Voix l’occasion d’être publiées dans la revue Sur. À la suite de cela, les édi­tions Hachette publie­ront en Argentine une sélec­tion de Voces, aug­men­tées de Nuevas voces (1966).

1968 – mort d'Antonio Porchia à Buenos Aires, le 9 novembre.

La fas­ci­na­tion ne se relâche pas : tan­dis qu’en Amérique du Sud, les réédi­tions suc­ces­sives d’Hachette sont épui­sées, les Voix sont tra­duites et publiées en Belgique, en Allemagne, aux États Unis, en Italie et réédi­tées en France.

2006 – publi­ca­tion par les édi­tions Pre-Textos (Valencia) de l'édition inté­grale des Voix d'Antonio Porchia, aug­men­tée d'un impor­tant appa­reil cri­tique ; c'est sur cette édi­tion que s'est appuyée la pré­sente tra­duc­tion.

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