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Antonomase en temps de cyclone

Par | 2018-02-24T09:06:03+00:00 19 octobre 2012|Catégories : Blog|

 

Avec les flots bruis­sants de la rivière qui coule au fond de ce jar­din,
S’échappant, mar­ron­nant, fluette mais fou­gueuse tel­le­ment
Jusqu’à la Pointe-des-Nègres — qui sait ? elle en a l’impétuosité —
Exit la lycéenne scéenne en DS 21,
Femme pour­fen­due à la mer­ci du moindre macho venu.
Existe, dans les tour­billons, les ondes béné­fiques, cyclo­niques d’un voci­fé­rant hur­ri­cane,
Mordillé des dévo­ra­tions d’érotomanes dis­tin­gués,
Un palin­drome sal­va­teur de l’épéen guer­rier de l’Iliade,
Le para­doxal pseu­do­nyme si incroya­ble­ment gau­lois,
En ana­gramme de cet homé­rique hapax.

Exit la moi­tié de moi­tié,
La mi-ceci mi-cela.
Existe la réap­pro­pria­tion d’un être dans son inté­gri­té
 — Sa tota­li­té recou­vrée,
Son entiè­re­té assu­mée —
Pour qui toute dis­cri­mi­na­tion posi­tive est un oxy­more,
Pour qui chaque récri­mi­na­tion légi­time est tau­to­lo­gie,
Pour qui l’affirmative action n’est pas que figure de style
Pour qui le chiasme n’est pas qu’impure ou vaine rhé­to­rique
S’il est « peau noire, blanc dedans »
Ou « la peau sau­vée, noir au fond ».
Entonnant en ces temps de cyclone
Une anto­no­mase plus réelle qu’Hercule, Apollon ou Vénus
 — Métis, métis —,
D’une pali­no­die plus qu’humaine,
Trois petits tours firent les Pléiades
D’onyx et d’albâtre, puis s’en furent,
Au nombre de sept, tou­jours.

 

 

© Suzanne Dracius
extrait d’Exquise déré­lic­tion métisse (Prix Fetkann Poésie), éd. Desnel