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Apologising to unicorns

Par | 2018-02-19T14:38:21+00:00 24 novembre 2013|Catégories : Blog|

 

Apologising to uni­corns is pro­ble­ma­tic. They rare­ly unders­tand our pur­poses. Tenderness will often be seen as the mani­pu­la­tive ges­tures of a fear that seeks death – for itself and others. Unicorns sleep most com­for­ta­bly in hea­vy traf­fic where the hum of self-absor­bed com­mu­ters leaves them invi­sible. To find a uni­corn in a forest is like fal­ling asleep in English and waking up fluent in Pashtun. Someone may well have done it. Unicorns sense above all our uncer­tain­ty of our­selves, our not belon­ging, our poor talent for let­ting the mira­cu­lous be. Stripped back to pri­mal dese­cra­tion, our hearts still yearn for uni­corns. We trail our clou­ded mir­rors in the waters of sky-stret­ched ponds. Although they will never look to us for food or shel­ter uni­corns are reluc­tant to aban­don their legend of our exis­tence. Our one vir­gi­ni­ty is that we are not yet born.

 

 

 

S’excuser auprès des licornes

 

S’excuser auprès des licornes pose pro­blème. Elles com­prennent rare­ment nos inten­tions.  La ten­dresse sera sou­vent prise pour les gestes mani­pu­la­teurs d’une peur qui cherche la mort – pour soi et pour les autres. Les licornes dorment très confor­ta­ble­ment au milieu d’une intense cir­cu­la­tion où le bour­don­ne­ment des ban­lieu­sards plon­gés dans leurs pen­sées les rend invi­sibles. Trouver une licorne dans une forêt équi­vaut à s’endormir en Anglais et se réveiller en par­lant cou­ram­ment le Pashtun. Il est bien pos­sible que quelqu’un l’ait fait. Les uni­cornes sont sen­sibles par-des­sus tout à notre incer­ti­tude de nous-mêmes, notre défaut d’appartenance, notre pauvre talent à lais­ser place au miracle. Dénudé jusqu’à la désa­cra­li­sa­tion pri­male, nos cœurs per­sistent ardem­ment à dési­rer les licornes. Nous trai­nons nos miroirs ennua­gés dans les eaux d’étangs s’étendant jusqu’au ciel. Même si elles ne pen­se­ront jamais à nous pour se nour­rir ou s’abriter, les licornes sont réti­centes à aban­don­ner la légende de notre exis­tence . Notre unique vir­gi­ni­té est que nous sommes encore à naître.

 

 

Traduction en fran­çais : Marilyne Bertoncini

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