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Balade de la solitude

Par |2018-08-20T19:06:13+00:00 19 mai 2013|Catégories : Blog|

 

Les poli­ciers m’ont cher­ché long­temps,
Ils ont télé­pho­né à mes amis, sont allés d’appartement en appar­te­ment,
Pour au bout du compte me trou­ver sous un por­tique
Et m’apprendre qu’après le fra­cas et des freins le cris­se­ment
Ils t’ont rame­né dans un sac en plas­tique.

Je don­nais une fête,
Les amis venaient, pre­naient place autour de l’âtre.
Ils étaient accom­pa­gnés de leurs femmes belles et quiètes.
Ils souf­fraient que du regard leurs ron­deurs j’idolâtre.
On a veillé tard, en débat­tant, autour d’un verre.
C’est alors que le télé­phone a son­né.  Ils m’appelaient pour m’apprendre
Que dans la boue, les roseaux, on t’avait décou­vert
Là où la Save méandre.

Dans ma tour d’ivoire on célé­brait ma réus­site,
On me fla­gor­nait, louan­geait mon pres­tige social.
J’y répon­dais par un sou­rire, à seule fin de ne pas anéan­tir ce leurre.
C’est alors qu’on allu­mait les infor­ma­tions
Pour entendre :
Un cin­glé t’avait muti­lé dans le parc.

J’achetais des bois­sons chères,
En étaient meilleurs les diver­tis­se­ments,
De plus en plus m’enchantaient
Des convives incon­nus, venus à l’improviste.
Le fac­teur vint aus­si m’apportant ta lettre
De deux lignes : tu étais sim­ple­ment
Morte de vieillesse.

Seul à pré­sent, assis à la table, je feuillette de vieux livres
Puis éteins la lumière et pense en silence.
Alors que les accès de la toux se font plus dou­lou­reux, plus vio­lents
Et que le jour touche à sa fin, la nuit je reste sans défense –
Je n’ai aucune nou­velle de toi depuis long­temps.

 

Traduit par Boris Lazic

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