On ne collera sur moi aucun timbre,
per­son­ne ne m’enverra par la poste,
Air Mail se décol­lant de moi
comme de mon passe­port l’opportunité d’aller à l’étranger
qui me con­duirait juste
dans un putain de trou du cul.

Parce que je n’ai à offrir aucun paysage
ni le couch­er du soleil à encadrer
ni les ros­es arti­fi­cielles souhaitées pour le vase.

J’indique peu de choses, c’est presque rien.

Un texte trop exigeant
trop long, trop compliqué,
c’est tout ce que je peux offrir,
au verso

de la carte postale que personne
ne voudrait garder dans sa poche.

Parce que trans­porter autant de mots avec soi
ce serait comme trans­porter des pierres
impro­pres à la con­struc­tion d’une maison
ou un quel­conque tombeau.

Seule la date de péremption
me réduirait enfin
au recyclage.

traduit par Mir­jana Robin-Cerovic

OČAJNA RAZGLEDNICA

Na mene neće nalepi­ti markicu,
neće me poslati poštom,
Air mail otpa­da sa mene
kao moguće inos­transt­vo sa pasoša
koji putuje
samo u božju mater.

Jer ne nudim pejzaž
ni uokviren zalazak sunca
ni veš­tačke ruže u očeki­vanoj vazi.

Prikazu­jem malo, goto­vo ništa.
I nudim samo
pre­dugačak, isu­više komplikovan,
i zahte­van tekst
na poleđini

raz­gled­nice koju niko
ne bi stavio u svoj džep.

Jer toliko reči nosi­ti sa sobom
isto je što i nosi­ti kamenje
od koga se ne gra­di ni kuća
ni neči­ji spomenik.

Vreme upotrebe
svešće me bar
na dobru reciklažu.

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