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CHEMIN D’EXIL

Par | 2018-05-27T23:31:06+00:00 3 septembre 2012|Catégories : Blog|

 

La porte qui s’ouvre
Au plus pro­fond de la tran­chée du cœur
Est une entaille
À la mesure d’une cam­pagne de silence
Dans l’ombre sourde de ton corps
Où tremble
La cha­leur de très secrètes bles­sures

La porte qui s’ouvre
Un frois­se­ment de roseau te monte aux lèvres
Tout est dan­ge­reu­se­ment à vif
La soli­tude réveille l’angoisse dans ta gorge

Sous tes pau­pières
La dou­leur se tient droite

La porte qui s’ouvre
L’heure s’échappe et perce le silence
Le port du Havre s’envole avec ses remor­queurs

La porte qui s’ouvre
Cacher les étoiles
Balayer la pous­sière du néant
Disperser les vagues de l’insomnie
Dans les draps de l’aube
Pour la fraî­cheur d’un visage de femme
L’étoile du jour peinte sur tes lèvres

La porte qui s’ouvre
Fuir la nuit
Comme le vent et les nuages
Vers une vie taillée dans la manche de l’enfance
Une source cachée der­rière tes pau­pières

Mais la soli­tude s’est logée dans ta chair
Agrafe les par­terres de la déri­sion sur ton front
Borde l’écume de tes rides

Dans tes pru­nelles
Tout est dan­ge­reu­se­ment à vif
La dou­leur se tient droite

Au fond de toi
La soli­tude est une plaie
Qui se reflète jusque dans tes os
L’existence
Un buis­son de plaintes
Que tu portes comme une gerbe de cuisses ouvertes.
 

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