> Claude Faber, À ciel ouvert

Claude Faber, À ciel ouvert

Par |2018-08-18T14:19:30+00:00 23 novembre 2014|Catégories : Critiques|

« Je pré­fère le chant des arbres », Claude Faber

 

Écrivain et jour­na­liste, Claude Faber est aus­si – et de mon point de vue avant tout – poète, ce que vient « signa­ler » la paru­tion de cet ensemble de haute beau­té, « sur la fra­gi­li­té des hommes et la légè­re­té des astres », « parce qu’il faut écrire à s’en user le corps », et ain­si écrire « à ciel ouvert ». Ce sont les mots de la qua­trième de cou­ver­ture ; des mots justes. La poé­sie, cela vit au creux des pores de la peau, c’est de la vie en l’homme. Un et des mondes. Faber est donc ce poète là. À ciel ouvert est une très belle occa­sion de décou­vrir les mots du poète, ou de les redé­cou­vrir pour ceux qui connaissent la chan­son « terre brû­lante » (Détroit/​ Bertrand Cantat, album Horizons). Car Faber est aus­si ce poète /​ homme, ami proche de ces deux autres poètes que sont Bertrand Cantat et Armand Gatti. Du reste, il fau­dra qu’un édi­teur fran­çais donne la parole à Cantat poète. Pour l’heure, la poé­sie de Claude Faber ; le livre s’ouvre sur ces mots :

 

« Ce n’est pas le vent qui me fera vaciller. Ce n’est pas le cré­pus­cule
qui me fera dou­ter ».

 

Je tiens, pour ma part, que l’on recon­naît sou­vent un poète à ses cer­ti­tudes. Dire cela peut gêner ici ou là, par­fois, et pour­tant… c’est ain­si. Un poète est une cer­ti­tude. Pas une cer­ti­tude pré­ten­tieuse et bouf­fie d’être poète, évi­dem­ment, au sens de l’égo mal dégros­si, non ; on croise sou­vent cela, et c’est un peu fati­guant. Simplement, cette cer­ti­tude d’être sur le che­min de ce fameux pays où l’on n’arrive jamais, celle-là même qui donne l’assurance (au sens de la marche en haute mon­tagne) de ne pas vaciller. Et il faut bien cette cer­ti­tude pour qui sait qu’écrire, cela se fabrique tou­jours dans le cré­pus­cule.

 

« Il arrive qu’un feu nous éblouisse, nous pousse à l’exil, nous contraigne
au silence d’un monde qui se demande ce qu’il devient. »

 

La cer­ti­tude de l’authenticité, celle qui s’impose seule. D’elle-même. On recon­naît sou­vent un poète à cela, et c’est aus­si pour­quoi les poètes se recon­naissent entre eux, par-delà les insi­gni­fiances conjonc­tu­relles.

 

« De tout ça
Il faut écrire
Sans faillir »

 

Et par­tir à l’écoute des mots de ce beau livre de poèmes.     

 

 

 

 

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