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Dernière communication

Par | 2018-05-25T20:44:38+00:00 10 mai 2015|Catégories : Blog|

 

Je suis en avion,
Les moteurs ont des ratés, sérieux, très sérieux.
Ma vie défile plus vite qu’une bonne bou­teille avec mes copains de 20 ans.
Je crois bien qu’il n’en reste plus beau­coup.

La fin du voyage arrive.
Les minutes valent des joyaux de Golconde
Combien d’or, de lin­gots pour pou­voir ralen­tir cette des­cente, mon royaume pour un pla­neur,

J’ai sou­dain soif, je pour­rai bien­tôt boire mon sang je le sais.

Alors com­ment occu­per ces der­niers ins­tants,
Pleurer, crier,
Refuser, mou­rir de peur avant d’être pul­vé­ri­sé sen­tir ses tripes se dis­soudre,
Ou par­tir loin de là ,
S’évader, se refu­gier,

Mettre de la musique , celle des jours de créa­tion,
Les oreillettes visées, fer­mer les yeux
Et aller ouvrir son coffre fort,
Son tré­sor de sou­ve­nirs,
Ces moments de rien , de peu, de beau­coup – d’exception,
et les revivre avec leurs sen­sa­tions, vite.
Lire son livre inté­rieur
Penser très fort pour les lais­ser vivre, ses sou­ve­nirs

Je n’ai pas construit de mau­so­lées, pas de biblio­thèques royales,
Pas de palais
Mais que d’envies, de rires, de caresses, de câlins, de marches heu­reuses, que de proxi­mi­té, pour­quoi cela lais­se­rait-il moins de traces,
Ridicule,

Alors avant que tout cela ne s’envole très loin, il vaut tout déver­rouiller.
Donner
Au oiseaux, aux ondes, aux fleurs, aux métal à coté de moi.
Peut-être resur­gi­ront-ils sous forme d’inspiration au cui­si­ner qui tra­vaille­ra avec une cas­se­role dont sera faite dans le métal recy­clé de feu mon air­bus, peut-être la fleur cha­touillant la joue de l’amoureux vien­dra- t'elle lui com­mu­ni­quer mon envie de faire des enfants à sa belle sur la pelouse d’un début d’automne un peu doux.

Peut-être qu'une rime, une bouf­fée d’amour, après une rosée du matin ou la pluie dense du soir en Afrique de l’ouest, où une vague coquine de l’est du paci­fique issue de ma tra­jec­toire sur terre vien­dra réveiller un enfant rêveur et le pous­ser à se rap­pro­cher de sa mère pour un contact dont il se sou­vien­dra toute sa vie.
Etre l’esprit des lieux, la détente du pétale tou­ché par le rayon doré de soleil.

Les espaces com­mu­niquent,
Je suis proche d’avoir déli­vré mon mes­sage à la vie,
Encore un ins­tant madame la gra­vi­té,
Je suis tel­le­ment plein d’amour lais­sez moi rendre ce qui m’a été don­né.

Curieusement la des­cente est  gra­cieuse, de loin ;
Non sans panache.

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