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Dinu Flamand

Par | 2018-05-25T14:58:30+00:00 2 janvier 2014|Catégories : Blog|

 

Anchidim Flamind (pseu­do­nyme lit­té­raire : Dinu Flamand)  est né le 24 juin 1947 à Susenii Birgaului, petit vil­lage au nord de Transylvanie en Roumanie. Il fait ses études à la Faculté de Lettres de Cluj,  obtient sa licence en 1970.

Il par­ti­cipe, à cette époque, à la créa­tion de la revue Equinoxe qui sera le point de départ d’un des plus impor­tants mou­ve­ments lit­té­raires de son pays. Affecté à Bucarest, il tra­vaille pour diverses mai­sons d’éditions et revues, notam­ment Amphithéâtre et  le Vingtième Siècle. Il publie des essais, poèmes et tra­duc­tions dans la plu­part des revues lit­té­raires de l’époque. Ses pre­miers recueils de poèmes sont publiés, à par­tir de1971 : Apeiron  d’abord, puis Poésies (1974). Mais c’est avec Greffons (1976) et sur­tout Etat de siège (1983) qui tra­duisent une évo­lu­tion impor­tante dans l’œuvre du poète, que le ton devient déci­dé­ment plus polé­mique. Des poèmes seront sup­pri­més, cen­su­rés, des membres de phrase dis­pa­raî­tront ou seront rem­pla­cés. Tandis que les auto­ri­tés croient devi­ner, dans le der­nier titre une (trop) trans­pa­rente dénon­cia­tion de la répres­sion en Pologne, la des­crip­tion s’applique en fait, à son pays, la Roumanie, où la situa­tion se dégrade. Une par­tie du recueil sera publiée l’année sui­vante en Espagne sous le titre main­te­nu Estado de sitio

Dans le même temps, où il publie des poèmes, Dinu Flamand déploie une intense acti­vi­té de chro­ni­queur, de jour­na­liste, de cri­tique lit­té­raire. Il rédige l’introduction à l’œuvre de G. Bacovia (1981), consa­crée à l’un des plus impor­tants poètes rou­mains (plus tard, com­pa­ré à Pessanha, dans un article publié au Portugal par la revue Nova Renascença, vol. IX, 1989). Dinu Flamand publie aus­si L’intimité du texte, en 1985. Dans le domaine de la tra­duc­tion : Le pol­lene insi­dieux (1977) de Martin Booth, en col­la­bo­ra­tion avec Liliana Ursu et Vingt poètes lati­no-amé­ri­cains contem­po­rains, une antho­lo­gie (1983) en col­la­bo­ra­tion avec le poète chi­lien Omar Lara – alors en exil à Bucarest – sont à signa­ler. Le cli­mat idéo­lo­gique deve­nant de plus en plus étouf­fant, en Roumanie, Dinu Flamand se voit obli­gé de se limi­ter à son acti­vi­té de cri­tique et de tra­duc­teur.

C’est alors la décou­verte des  poètes por­tu­gais, lati­no-amé­ri­caines, espa­gnols, ita­liens, fran­çais qui le sauve du marasme socia­liste : Fernando Pessoa, Miguel Torga, Sophia deMello Breyner Andressen, Jorge de Sena, Herberto Helder, Pedro Tamen, Fernando Assis Pacheco, Al Berto, mais aus­si Carlos Drummond de Andrade, Umberto Saba, Samuel Beckett , Lautréamont,  César Vallejo ou Pablo Neruda  qu’il com­mence à tra­duire et dont il à publié jusqu’à pré­sent un impres­sion­nant nombre d’ antho­lo­gies en Roumanie dans sa tra­duc­tion (tout récem­ment  l’espagnol Antonio Gameoneda, et un troi­sième volume d’ Œuvres de Fernando Pessoa ).

Il obtient la bourse Gulbenkian, en 1985 ; ce qui faci­lite son pre­mier contact avec le Portugal C’est à l’occasion d’une deuxième invi­ta­tion au Portugal, à un congrès des écri­vains luso­phones, que sur le che­min de retour, Dinu Flamand demande l’asile poli­tique à la France. Il a tra­vaillé depuis mai 1989 comme jour­na­liste à Radio France Internationale, à Paris jusqu’au 1 avril 2010. Depuis 2011, reve­nu en Roumanie, il a réa­li­sé et pré­sente une émis­sion heb­do­ma­daire de télé­vi­sion sur  l’actualité sociale et poli­tique interne et inter­na­tio­nale. Il tra­vaille actuel­le­ment au Ministère des            Affaires Etrangères de Roumanie.

Le recueil de poèmes Vie à l’essai (1989) publié en Roumanie, après le chan­ge­ment du régime marque la réin­té­gra­tion dans la vie lit­té­raire de son pays d’origine. Il sera sui­vi par De l’autre côté (2000), édi­tion bilingue, tra­duc­tion, du rou­main en fran­çais par Pierre Drogi avec des illus­tra­tions de Neculai Paduraru, La migra­tion des pierres, une antho­lo­gie (2001), deuxieme édi­tion en 2004 et Tags (2002), qui a obte­nu le prix natio­nal de l’Union des écri­vains pour la poé­sie. Un impor­tant recueil de créa­tion poé­tique, Poèmes en apnée  est édi­té à Paris, aux édi­tions La Différence en sep­tembre 2004. Une autre antho­lo­gie bilingue, Havera vida antes da morte ?, est édi­té en 2007 par les édi­tions Quase  au Portugal, pré­fa­cé par Antonio Lobo Antunes.

En 2010 les édi­tions Palomar de Bari, Italie, publie l’anthologie La luce delle pietre, tra­duc­tion Giovanni Magliocco,  cou­vrant la période 1998-2009. La même année l’Université Vasile Goldis de Roumanie lui  accorde le titre de Doctor Honoris cau­sa. En 2011 il obtient le grand Prix natio­nal « Mihai Eminesccu » pour l’intégralité de son œuvre poé­tique. Dernier livre apa­ru : En la cuer­da de ten­der, tra­duc­tion du rou­main par Catalina Iliescu, Ediciones Linteo, Espagne, 2012.

Dernier livre édi­té en France : Inattention de l’attention, La Passe du vent, 2013, avec une pré­face de Jean-Pierre Siméon.

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