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EL ABUELO

Par |2018-10-16T01:35:49+00:00 24 novembre 2012|Catégories : Blog|

 

En su vejez
se lava­ba los ojos
con agua de rosas.

Dormía la sies­ta
a la som­bra de los duraz­nos
y nos habla­ba de cabal­los
per­di­dos en la nie­bla,
de vena­dos en el tem­blor del agua,
de una casa que ardió toda la noche.

"El tiem­po pasa
como una bola de fue­go",
dijo una vez.

La som­bra del ala
del som­bre­ro en su ros­tro,
la lumbre del taba­co,
la palo­ma de su mano en mi hom­bro.

De un golpe seco,
en la nun­ca,
man­da­ba al otro mun­do los cone­jos.

Ajo en ayu­nas
y una silla en el patio,
secre­tos del vie­jo.

Para mi cum­pleaños
abrió el baúl, su mun­do,
y esco­gió algo que por la for­ma
de sos­te­ner­lo
entendí que le era muy que­ri­do,
un trom­po de colores
que aún conser­vo.

 

 

Le grand-père

Dans sa vieillesse
Il se lavait les yeux
Avec de l’eau de roses.

Il fai­sait la sieste
à l’ombre des pêchers
et il nous par­lait de che­vaux
per­dus dans la neige,
de cerfs dans l’eau trem­blante,
d’une mai­son qui a brû­lé toute la nuit.

« Le temps passe
comme une boule de feu »,
dit-il un jour.

L’ombre
du cha­peau sur son visage,
la braise du tabac,
la plume de sa main sur mon épaule.

D’un coup sec,
sur la nuque,
il envoyait les lapins dans l’autre monde.

De l’ail à jeun
et une chaise dans la cour,
les secrets du vieux.

Le jour de mon anni­ver­saire
il ouvrit le coffre, son monde,
et il choi­sit une chose,
à la manière dont il la tenait
je com­pris qu’elle était pré­cieuse,
une tou­pie colo­rée
que je garde encore.

 

Traduction, Laura Vazquez

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