> Jeanpyer POËLS : La Vie en vie.

Jeanpyer POËLS : La Vie en vie.

Par |2018-10-16T08:23:24+00:00 29 mai 2016|Catégories : Critiques|

 

Cette mince pla­quette me désar­çonne : je ne sais trop par quel bout la prendre. Dois-je m'arrêter au jeu de mots que je lis dans le titre, La vie envie ? Mais quoi donc ? Le titre reste énig­ma­tique. Qu'est-ce que la vie en vie ? Qu'est-ce qu'une vie vivante ? Mais la vie peut-elle être morte ?

 

La vie me semble, à bien lire ces poèmes, reliée à des choses humbles du réel comme une brouette ou comme des palis­sades (qui ne vivent pas). Vie et réel semblent inti­me­ment liés. Mais sur le plan for­mel les choses ne sont pas aus­si simples. Ça com­mence par un poème aux vers soi­gneu­se­ment comp­tés : huit hep­ta­syl­labes. "Curieuses", plus loin, est un qua­train d'alexandrins… Mais entre les deux, il y a un texte réduit à un ver­set d'une lon­gueur cer­taine (20 syl­labes !) comme un quin­til d'alexandrins ("La vie se trans­porte"). Et, ensuite, la même dis­pa­ri­té est évi­dente : depuis un neu­vain d'octosyllabes ("Assaillie") à ces ver­sets plus ou moins longs. Comme si les aspects divers de la vie avaient pour reflets des vers de lon­gueur dif­fé­rente réunis en strophes plus ou moins longues ou des ver­sets. La même diver­si­té se remarque dans la façon d'approcher le réel et la vie. Au pro­saïsme et au par­ti­cu­la­risme de la brouette ou des palis­sades s'oppose la géné­ra­li­té du qua­trième poème ("La vie n'est pas la vie /​ elle enfouit l'humeur /​ mais ne se courbe pas"). Et ça va et vient entre l'éclopé et l'universalité… Jeanpyer Poëls sait que la mort est inac­cep­table. Aussi décrit-il la vie au rabais, comme celle d'un éclo­pé, avec un réa­lisme insou­te­nable. Quant au reste, il fait preuve d'une vision dia­lec­tique ori­gi­nale où les ani­maux fami­liers (chatte ou chien) jouent leur rôle…

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