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Joao Cabral de Melo Neto

Par |2018-10-16T23:06:04+00:00 15 janvier 2013|Catégories : Blog|

« Restituer l’émotion poé­tique à volon­té, en dehors des condi­tions natu­relles, où elle se pro­duit spon­ta­né­ment et au moyen des arti­fices du lan­gage, telle est l’idée atta­chée au nom de poé­sie. »

Paul Valéry

L’épigraphe de Valéry qui figure dans « Introdução geral »[1] de l’œuvre orga­ni­sée par la poète bré­si­lien et seconde femme de Cabral, Marly de Olveira, n’est pas un hasard. Considéré comme un « poète du tra­vail », João Cabral de Melo Neto (né en 1920 à Recife et mort  en 1999 à Rio de Janeiro), sera un poète de la recherche, de la « trans­pi­ra­tion » du poème ; un fleuve intran­quille, un tra­vailleur des mots, de la Parole ; un per­son­nage inou­bliable de la poé­sie bré­si­lienne.

João Cabral com­mence à fré­quen­ter les cafés lit­té­raires, en 1938, en com­pa­gnie du cri­tique lit­té­raire  Willy Lewin et du peintre et sculp­teur bré­si­lien, Vicente do Rego Monteiro. Entre 1940 et 1942, João Cabral part s’installer avec sa famille à Rio de Janeiro, où il fera la connais­sance de Carlos Drummond de Andradre et de Murilo Mendes. Il publie Considerações sobre o poe­ta dor­min­do en 1941, avant de paraître son pre­mier recueil de poèmes, Pedra do Sono, en 1942, à l’âge de vingt-deux ans. Ce recueil de fond sur­réa­liste mar­que­ra toute la phase  « expé­ri­men­tale »  de la construc­tion poé­tique cabra­line ins­pi­rée par Valéry et Mallarmé, et influen­ce­ra le Concrétisme bré­si­lien.

Les années 1940 vont mar­quer la publi­ca­tion de O Engenheiro et de Psicologia da Composição, mais éga­le­ment celle d’un long essai sur Miró. En 1950, Cabral publie O cão sem plu­mas, pre­mier recueil emblé­ma­tique de la repré­sen­ta­tion du pay­sage rural du Nordeste bré­si­lien, avec O Rio ou a Rela­ção da Viagem que Faz o Capibaribe de Sua Nascente à Cidade do Recife, publié en 1954, qui vaut le Prix José de Anchieta.

En 1956, João Cabral reçoit le Prix Olavo Bilac de l’Académie Brésilienne de Lettres et publie le  célèbre poème  Morte e Vida Severina et, ensuite, Paisagens com Figuras.

1956 sera éga­le­ment l’année où Cabral habi­te­ra la région d’Andalousie. Jusqu’en 1962, Cabral sera affec­té deux fois à Séville. La ville anda­louse sera des­si­née et revi­si­tée sans cesse dans les poèmes de Cabral. Le poète bré­si­lien construi­ra Séville en se pro­me­nant par un espace-femme, une ville sen­suelle, chan­tée, peinte, à la fois urbaine et rurale dans  Sevilha andan­do (1987-1993) et Andando Sevilha (1987-1989)

Quaderna paraît à Lisbonne, en 1960 ; et Dois Parlamentos, à Madrid, la même année.

A Educação pela pedra, autre recueil « pier­reux » et contem­pla­tif du tra­vail poé­tique de Cabral, paraît en 1966, année où le poète per­nam­bu­ca­no reçoit le Prix du meilleur auteur vivant à Nancy ; Le Prix Jabuti, celui de L’União dos Escritores de São Paulo et le Prix de l’Instituto Nacional do Livro.

En 1979, Cabral publie A esco­la das facas. Est déco­ré Grand-Officier de l’Ordre du Mérite du Sénégal.

Entre 1981 et 1989, João Cabral exerce ses fonc­tions d’ambassadeur au Honduras, publie Poesia crí­ti­ca, reçoit le Prix Moinho Recife, publie Agrestes (1985) ; devient Docteur Honoris Causa par l’Université Fédérale du Pernambouc et publie Crime na Calle Relator, en 1987.

En 1990, Cabral se retire de la vie diplo­ma­tique et publie Sevilha andan­do. Reçoit, à Lisbonne, le plus grand prix lit­té­raire luso­phone, Luís de Camões ; et, en 1992, à Rio de Janeiro, il reçoit de l’ambassadeur espa­gnol, à la Maison d’Espagne, la Grand-Croix de l’Ordem de Isabel, a Católica.

Six ans avant sa mort, João Cabral de Melo Neto reçoit le Prêmio Jabuti, par la Câmara Brasileira do Livro.

 


[1] João Cabral de Melo Neto. Obras Completas, org. Marly de Oliveira, volume úni­co. Nova Aguilar, 2006)

 

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