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La poésie de Rodrigo Verdugo Pizarro

Par |2018-08-15T15:34:21+00:00 20 mai 2014|Catégories : Blog|

L'écriture poé­tique de Rodrigo Verdugo pra­tique plu­sieurs registres de lan­gage pour rendre compte d'une expé­rience limite. Dépouillée d'éléments acces­soires, la parole créa­trice aborde le noyau de thèmes où ce qui inquiète se fonde sur un acte de parole qui, à la fois, affirme et décon­certe.

L'horreur, le vide exis­ten­tiel, la soli­tude, la mort, l'incommunication avec autrui et avec le monde sont les anté­cé­dents d'un monde en décom­po­si­tion pro­gres­sive. L'itinéraire exis­ten­tiel du locu­teur exige du lec­teur une ouver­ture d'esprit pour mode­ler sa sub­jec­ti­vi­té dans le ver­tige d'images qui ne pré­tendent pas être faci­le­ment déchif­frables. Nous sommes devant une poé­sie puis­sante agis­sant comme un dis­po­si­tif de sens mul­tiples qui essaie de sai­sir tota­le­ment un sens tou­jours insai­sis­sable. Qui parle et voit affronte un état du monde où ce qui est dévoi­lé à sa conscience ne semble pas trans­mis­sible pour une expé­rience par­ta­gée. Ce qui est poé­tique revient, dans l'attente du locu­teur, à ne faire qu’un avec lui ; mais la dis­so­nance atti­sée au centre de la réa­li­té et l'opacité du monde lui révèle, fina­le­ment, sa propre tra­gé­die.

 

Cristian Montes Capo

Université du Chili

Quatrième de cou­ver­ture du pre­mier volume de  « Annonce »(Anuncio) de Rodrigo Verdugo Pizarro, Éditions Corriente Alterna, Chili.

Traduction du cas­tillan (Chili) : Denise Peyroche

 

 

Vivre en poé­sie est une ascèse dif­fi­cile, incon­for­table avec ses échap­pées for­cé­ment joyeuses et ludiques – mais tou­jours extra lucides – et celui ou celle qui s'y adonne n'a rien à attendre en retour. Des lec­teurs trou­ve­ront tou­jours leurs poètes pro­pi­tia­toires, sans (a)battage média­tique, quand le temps sera venu. Je ne prise guère le tin­ta­marre lorsqu'il est ques­tion de poé­sie. Si le croyant cherche à gagner sa place au para­dis en sui­vant de son mieux les pré­ceptes de sa reli­gion, le poète, lui, trace sa voie au jour le jour, au fil de l'expérience et de l'inspiration. Autant que faire ce peut, il apporte des éclats de conscience, des pro­vi­sions de rêves et pour­quoi pas des déto­na­teurs de révolte dans l'enfer bana­li­sé de la vie des humbles, de ceux dont la voix pro­fonde a été mépri­sée. Il apporte ses briques d'utopie (les poèmes) à l'oeuvre com­mune, son tri­but d'amour et de manques. La poé­sie de Rodrigo Verdugo Pizarro déborde nos mémoires, ampli­fie une parole secrète dans les creu­sets d'une huma­ni­té pos­sible.

 

André Chenet

extrait de : Introduction au Grand Oeuvre de Rodrigo Verdugo Pizarro (à paraître dans le n° 7 de La Voix des Autres)

 

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