> Laisser venir les mots de Michel Cazenave

Laisser venir les mots de Michel Cazenave

Par | 2018-02-21T15:51:43+00:00 13 juillet 2014|Catégories : Critiques|

 

Si la vie est un songe,
la
dis­pa­ri­tion n’est-elle pas
comme le rêve
d’un songe ?
 

 

    Michel Cazenave, mal­gré les appa­rences radio­pho­niques et/​ou autres, a consa­cré toute sa vie à la poé­sie. Non qu’il n’ait fait qu’écrire de la poé­sie ou des poèmes, pas plus que sa vie ait été une vie d’éditeur de poé­sie, non, c’est bien plus simple que cela et tient à ce que sont pro­fon­dé­ment la poé­sie et le Poème. Ecrire ou édi­ter de la poé­sie, cela peut très bien résul­ter d’un choix per­son­nel. Être poète, être dans le cœur même du Poème, ne résulte d’aucun choix, sinon celui d’accepter un état de fait ou encore de se rendre dis­po­nible pour accueillir cet état de fait. C’est pour­quoi il n’est pas ano­din que tant de mys­tiques aient été poètes et que tant de poètes aient por­té leur regard vers l’horizon du sacré. Le Poème donne, le poète reçoit et, à son tour, donne en res­pi­ra­tion, en lais­sant vivre et vibrer le son du Poème le long de son être/​poète. C’est pour­quoi aus­si les poètes authen­tiques, les poètes pro­fonds, sont dis­crets : il n’y a qu’humilité à s’accepter être, au ser­vice d’un dépas­se­ment. En ce sens, celui d’une phi­lo­so­phie par le feu, les poètes de la trempe de Cazenave sont aus­si, et néces­sai­re­ment, des phi­lo­sophes. Que l’on pense, entre autres, à un René Daumal ou à un Roger Munier, pour indi­quer deux uni­vers poé­tiques en appa­rence très dif­fé­rents.

   Toute l’œuvre de Michel Cazenave dit et est ce que je viens d’écrire ici.

    La vie en un récep­tacle. Je sais que le poète Michel Cazenave ne m’en vou­dra pas de sem­bler ain­si le « réduire ». Il le sait bien, lui, qui consa­cra bien du temps à cela même, l’instant vivant entre les vivants et les dieux, que dire d’un poète qu’il est au ser­vice du Poème est le contraire d’une réduc­tion de la per­sonne écri­vant. Mais, chut.

   C’est donc d’un lien, quelque chose qui se vit entre le haut et le bas, dont il s’agit et l’on ne sera alors pas sur­pris de lire l’Amour dans les mots de Michel Cazenave, ici, comme dans toute son œuvre poé­tique parue chez Arma Artis, Arfuyen, Rafael de Surtis, au Nouvel Anthanor… Cela dit une situa­tion de l’être dans le pay­sage, tout de même. Les édi­teurs où le poète publie son œuvre, cela dit.  Laisser venir les mots, der­nier recueil paru du poète, est com­po­sé de quatre ensembles de taille sen­si­ble­ment équi­va­lente : Prières, Direlle, Rêve et La vie comme elle est. Cela trace un che­min. On lira des extraits des deux pre­miers ensembles dans les pages de Recours au Poème, si on le sou­haite, avant, à la lec­ture du recueil, d’en sai­sir la cohé­rence, et la sil­houette per­ma­nente de l’Amour. Car :

 

La vie est belle.
Elle est bonne.
Elle est tout ce qu’elle est.
 

Je l’en remer­cie.

 

écrit le poète.

Sommaires