Alain Santacreu, L’ultime métaphore

2018-02-01T15:56:30+01:00

 

poème scénique

 

Lumière.
Un drap blanc dressé à la ver­ti­cale au milieu de la scène.
Le drap tombe brusquement.
Une femme nue appa­raît debout.
Elle a la pos­ture d’un joueur de boules qui pointe.
(La boule de sa main droite cache son visage,
celle de sa main gauche cache son sexe).
Elle déclame :
« Comme la lune efface
l’enfant et suce l’homme,
et avant que ne s’efface l’ultime métaphore,
j’enlève mon masque dans la nuit.»
Obscu­rité. Silence.
Chocs répétés de deux boules que l’on frappe l’une con­tre l’autre.
Silence.
Lumière.
Il n’y a plus que le drap blanc sur le sol.
On entend la voix de la femme :
« Maître Moku­rai dit un jour à son dis­ci­ple Toyo :
“Tu peux enten­dre le bruit que font deux mains qui applaudissent
mais dis-moi le bruit d’une main qui applaudit”. »

Présentation de l’auteur

Alain Santacreu

La quête d’Alain San­tacreu se joue depuis des années autour d’un mot : con­tre­lit­téra­ture. Dans une post­face remar­quable à un recueil de ses essais, Au cœur de la talvera, Matthieu Bau­mi­er a dit de lui : « Le sait-il seule­ment ? Alain San­tacreu est un poète. Je le sais bien moi qui ai recon­nu la poésie en l’écriture née du dedans de lui » ; et, plus loin, il ajoute : « Alors, si l’écriture vis­i­ble de San­tacreu s’exprime apparem­ment en forme d’essai, l’état d’esprit qui ani­me mots et let­tres tracés est cepen­dant celui de la poésie. » La con­tre­lit­téra­ture est une poé­tique, cela est si pro­fondé­ment vrai que la démarche sin­gulière d’Alain San­tacreu a par­fois recours au poème… 

À lire : Alain San­tacreu, Au cœur de la talvera,  (post­face de Matthieu Bau­mi­er), Arma Artis, 2010.

Site de l’auteur : contrelitterature.com

Alain Santacreu

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