Alain Santacreu, À l’été jauni

2018-02-01T16:11:12+01:00

 

À l’été jau­ni le soleil qui monte vers vous
Me courbe vers la cime
De votre cœur Seigneur
Faites qu’au­cun de mes pas ne descende
Plus jamais je n’ou­blierai de regarder
À mes pieds
Ain­si que vous le fîtes sur la croix
À l’in­stant où vous rendiez
votre dernier souffle
Votre tête renversée 
blessée d’épines
Cette dernière image
Inscrite dans votre œil
Je veux naître à votre ressemblance
À par­tir d’elle
À l’heure où le ciel sera
Mie trem­pée dans le sang
Comme j’en ai fait le voeu à Marie
Je serai à ses côtés au calvaire
Je recevrai dans ma bouche
L’hostie don­née par l’ange et vous reprendrez
Le bais­er du souf­fle que vous m’aviez prêté
Celui de l’agapè qui rend l’âme vivante
Guéris­sez-moi Seigneur
de l’hypnose religieuse
Je poserai mon front sur le giron
de Notre Dame
L’esprit viv­i­fi­ant descen­dra en moi
Je mour­rai braise poétique
Sur la val­lée des larmes
Mes cen­dres tomberont 
En pluie

Présentation de l’auteur

Alain Santacreu

La quête d’Alain San­tacreu se joue depuis des années autour d’un mot : con­tre­lit­téra­ture. Dans une post­face remar­quable à un recueil de ses essais, Au cœur de la talvera, Matthieu Bau­mi­er a dit de lui : « Le sait-il seule­ment ? Alain San­tacreu est un poète. Je le sais bien moi qui ai recon­nu la poésie en l’écriture née du dedans de lui » ; et, plus loin, il ajoute : « Alors, si l’écriture vis­i­ble de San­tacreu s’exprime apparem­ment en forme d’essai, l’état d’esprit qui ani­me mots et let­tres tracés est cepen­dant celui de la poésie. » La con­tre­lit­téra­ture est une poé­tique, cela est si pro­fondé­ment vrai que la démarche sin­gulière d’Alain San­tacreu a par­fois recours au poème… 

À lire : Alain San­tacreu, Au cœur de la talvera,  (post­face de Matthieu Bau­mi­er), Arma Artis, 2010.

Site de l’auteur : contrelitterature.com

Alain Santacreu

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