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Magie des noms

Par | 2018-02-21T14:06:50+00:00 10 avril 2014|Catégories : Blog|

 

De Damas à Alep, d’Izmir à Istanbul,
D’Accra à Aden et de Pétra à Kaboul,
Mon âme prend son envol comme un aigle empor­té
Vers  l’espace des rêves et de l’éther  bleu­té.

Le temps s’est éva­dé vers la nuit  des  aurores,
Babylone me fait fête dans ses voiles sati­nés,
Bethléem  se recueille dans une crèche étoi­lée,
Et Byzance s’assoupit en fer­mant ses yeux d’or

Le Passé s’est paré des ailes mauves   des chi­mères
Et mar­qué des lieux purs de son sceau de lumière,
Mais  les noms qui défilent  ont du bronze emprun­té
Leur métal immor­tel et  leur mâle fier­té.

Somptueuse  Samarcande au sou­rire mys­té­rieux,
Songe du grand  Khayyam dans les soirs si soyeux,
Sultane et sou­ve­raine d’un Tamerlan fou­gueux,
Sous tes murs  se déploie   tout un monde  fas­tueux.

Voici le pur tré­sor des joyaux de l’Orient,
La si noble Boukhara dra­pée d’un blanc caf­tan,
Portant dans son giron le Prince des savants,
L’illustre Avicenne, l’honneur d’Ispahan.

Sur la fière Neva plane une ombre roman­tique
Celle d’un  Tsar auto­crate au songe mes­sia­nique,
Bâtisseur d’une cité gran­diose  et chi­mé­rique,
L’immense Saint Petersburg, au style hié­ra­tique.

Les gon­doles qui glissent sur les eaux patri­ciennes
Emportent vers le rêve les blondes véni­tiennes
Car la Sérénissime en habit d’Arlequin
Fête le car­na­val sous un masque sibyl­lin.

Près du Guadalquivir sou­rit l’Andalousie
Et la radieuse fos­sette qui creuse sa joue rou­gie
A comme   nom  Grenade à la grâce  infi­nie
Et pour rêve l’Alhambra et sa  tendre fée­rie.

Magie de tous ces noms por­teurs de tant d’Histoire,
Sortilège de ces lieux brillant dans les mémoires,
C’est Séville l’andalouse, C’est Cordoue l’Omeyyade
C’est Cadix la mau­resque qui défilent en lan­çant des œillades.

La beau­té s’est nichée comme une douce colombe
Au sein du Taj Mahal, res­plen­dis­sante tombe
Ou le charme éma­nant de deux âmes réunies
Emplit la blanche Agra de douce  mélan­co­lie.

Dans  les abysses du temps repose l’Atlantide
Fabuleux conti­nent au renom invin­cible
Légende d’un âge d’or à l’essor indi­cible
D’où naî­tra une Egypte aux mys­tiques pyra­mides.

Ainsi durant long­temps  ces noms incan­ta­toires
Charmeront les esprits  de leurs sons éblouis
Car l’énergie qui règne  dans leurs  lettres vibra­toires
A   doté  l’Univers d’un amour infi­ni.

 

 

 

Poème extrait du recueil inédit : Les Larmes de la Colombe                    

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