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Mahsati Ganjavi

Par |2018-11-19T01:56:33+00:00 6 janvier 2013|Catégories : Blog|

Originaire de Ganja (Azerbaïdjan), Mahsati Ganjavi vécut au XIIe siècle. On rap­porte qu’elle fré­quen­ta la cour de Mu‘izz ad-Dîn Ahmad Sanjar (1084-1157), sul­tan seld­jou­kide de Transoxiane et du Khorasan. Mahsati doit pour une large part sa for­tune post­hume à la liber­té de ton de ses qua­trains dont on a connais­sance grâce au Noz’hat al-Majāles (« La joie des réunions »), antho­lo­gie com­pi­lée au XIIIe siècle. Ce riche volume contient  plus de quatre mille robâ’iyyât de quelque trois cents poètes per­sans qui vécurent du XIe au XIIIe siècle. Omar Khayyām et Nezāmi Ganjavi comptent par­mi les plus illustres. L’un des grands mérites de cette antho­lo­gie, outre le fait qu’elle conserve des robâ’iyyât dont on ne trouve nulle trace ailleurs, tient à la place qu’elle accorde aux poètes de Transcaucasie orien­tale qui n’étaient pas des poètes de cour ou des let­trés pro­fes­sion­nels, mais des ouvriers et des arti­sans (por­teurs d’eau, tis­se­rands, etc.). On y trouve aus­si un nombre non négli­geable de femmes.

On ignore les détails de la vie de Mahsati, mais l’on reste frap­pé par sa liber­té d’esprit et l’audace avec laquelle elle étrille les pré­ju­gés reli­gieux, l’hypocrisie morale et le conser­va­tisme social. Depuis la période sovié­tique, il existe en Azerbaïdjan des rues et des écoles qui portent son nom. À Ganja, sa ville natale qui avait été rebap­ti­sée Elisabethpol sous l’empire tsa­riste, un monu­ment a été éri­gé en son hon­neur en 1980.

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