> Michel Héroult en « poètes trop effacés »

Michel Héroult en « poètes trop effacés »

Par |2018-10-18T05:46:08+00:00 30 octobre 2012|Catégories : Critiques|

Je n’étais par­mi vous qu’un oiseau de pas­sage

je n’étais près des hommes
qu’un oiseau
je n’étais qu’un oiseau qui pas­sait dans leur vie.

Michel Héroult

 

   Michel Héroult écri­vait des « poèmes fou­droyés », poèmes por­tant signes et sym­boles au cœur de ce qui nous entoure. Il avait soif d’absolu, regar­dait au loin une échelle élan­cée vers l’étoile. L’homme fra­ter­nel avait com­men­cé sa route poé­tique aux côtés de Pierre Boujut et de La Tour de Feu, sous l’œil des alchi­mistes pas­sés. Cela orga­nise un par­cours per­son­nel, n’en dou­tons pas. Parcours en conti­nui­té puisque le poète édi­teur fit vivre lon­gue­ment La Nouvelle Tour de Feu, sous l’égide du Soleil Natal, à la fois conti­nui­té et rup­ture avec son aînée. Dans le livre qu’il édite en son atha­nor, un autre poète, Jean-Luc Maxence, pro­pose un choix de poèmes fait avec l’auteur peu avant sa dis­pa­ri­tion, une antho­lo­gie de fort belle fac­ture parais­sant dans une col­lec­tion vite deve­nu impor­tante aux yeux de qui aime la poé­sie des pro­fon­deurs : « Poètes trop effa­cés ». On lira là des poèmes venus des deux recueils les plus sou­vent cités de Héroult, Les poèmes fou­droyés et Les élé­gies pre­mières, d’autres issus de Poèmes pour éclai­rer la mer. Puis des inédits. L’ensemble est pré­sen­té par Maxence en un texte empli d’émotion et de jus­tesse, le lec­teur com­pren­dra aisé­ment pour­quoi en lisant ce beau texte intro­duc­tif à la poé­sie de l’homme Michel Héroult. Le volume est actuel­le­ment la meilleure manière de décou­vrir l’atelier de Michel Héroult, outre ses recueils.

La poé­sie de Héroult est une poé­sie solaire, mais d’un soleil bles­sé en dedans de la vie même. Une poé­sie tra­ver­sée par la fra­ter­ni­té, la beau­té, avec un éso­té­risme clai­re­ment affir­mé, ain­si que des élans maçon­niques de grande force. Elle n’est cepen­dant pas une poé­sie d’ini­tiés, plu­tôt la poé­sie de qui ayant entra­per­çu beau­coup tente de don­ner à lire ce que les mots peuvent en dire. Et ce n’est pas aisé. C’est aus­si une poé­sie de la colère, devant les folies de la vie pré­sente et la volon­té d’une par­tie du monde contem­po­rain de se reti­rer  de ce qui fait le réel du monde, le cœur, au pro­fit de ce qui n’incarne qu’une illu­sion, l’agitation pré­da­trice. Héroult regar­dait devant lui et il voyait un futur entre­mê­lé de pas­sé. Une réa­li­té en somme. Étrangement, ce livre affir­mant un poète « effa­cé » vient à point nom­mer pour don­ner à lire un de nos grands poètes.

 

 

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