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Mon Ange et autres poèmes

Par |2018-08-18T22:43:01+00:00 27 juin 2017|Catégories : Blog|

tra­duc­tion Marilyne Bertoncini

 

Mon Ange #1

 

 

Mon ange refuse d’être comme les autres
Il a reti­ré ses ailes et ne passe pas à la télé

 

On dit  “il” ce que je trouve iro­nique
Mais bon, être spi­ri­tuel dans une époque de
fana­tisme reli­gieux, c’est être iro­nique

 

Mon ange ne dérange pas les toiles d’araignées.
Il des­sine des larmes et réclame du sel de la sueur des bâtis­seurs de pyra­mide
Il a un drôle de sens de l’humour – c’est mon ange.

 

Je me dis sou­vent que s’il était humain, je l’épouserais.
Mais son immor­ta­li­té nous sépare. C’est une bien vieille his­toire.

 

Pour le moment, je lui suis recon­nais­sante d’être habile
à cap­tu­rer les malé­dic­tions avant qu’elles ne par­viennent
à mon âme.

 

 

My Angel #1

 

 

My angel refuses to be like the others
He remo­ved his wings and is not on tele­vi­sion

 

He’s a “he” which I find iro­nic
But then, to be spi­ri­tual in an age of reli­gious
fana­ti­cism is to be iro­ni­cal

 

My angel leaves spi­der webs undis­tur­bed.
He traces tears and claims salt from the sweat of pyra­mid buil­ders
He has a droll sense of humor — he’s my angel.

 

I often think that if he were human, I’d mar­ry him.
But his immor­ta­li­ty keeps us apart. It’s such an old sto­ry.

 

As for now, I am gra­te­ful for his abi­li­ty
to cap­ture curses before the make their way
towards my soul.

 

*

 

Chanson du Matin

 

 

Tu te réveilles avec l’expression “pierre à lécher”
Tu réa­lises que tu ne sais rien de rien sur
Les pierres à lécher – tu connais le sel
Et lécher mais les deux ensemble ? Comment
La pierre à lécher lèche-t-elle ?

 

Tu sais que tu te diriges
Vers le monde des jeux de mots
Ou celui des ins­tru­ments de musique,
Sans cordes, bat­tus – trop de jeu

 

Chaque jour les gla­neurs longent les bas-côtés
En quête de bou­teilles. Il mettent à part
Des sacs déjà mis à part pour trou­ver du pré­cieux
Verre, en fait du plas­tique. Ils détestent les canettes

 

Ils connaissent les endroits où la bière
Submerge le soda ; où d’énormes briques
De lait disent que des enfants, beau­coup d’enfants
Vivent là. Ils ne sifflent pas quand ils

 

Travaillent. Ils ne lèchent pas la sueur
De leurs bras fati­gués. Ils vaquent
Aux affaires de la misère avec grâce
Et bruit. Tôt le matin traî­nant
Le poids des déchets d’autrui.

 

Morning Song

 

You wake up to the phrase “salt lick”
You rea­lize you know not one thing
About salt licks — you know salt
And lick but toge­ther ? How does
The salt lick lick salt ?

 

You know you are moving
To the land of word games
Or musi­cal ins­tru­ments
Unstrung, bat­te­red — too much play

 

Each day the glea­ners walk side walks
In search of bot­tles. They sepa­rate
Already sepa­ra­ted bags to find pre­cious
Glass, that is plas­tic. They hate the cans

 

They know the places where beer
Overwhelms soda ; where huge milk
Cartons say chil­dren, many chil­dren
Live here. They do not whistle when they

 

Work. They do not lick sweat
Off tired arms. They go about
The busi­ness of pover­ty with grace
And noise. Early mor­ning drag­ging
The weight of others waste.

 

Published in WORD : An Anthology from The Gathering of the Tribes

 

*

 

Poème pour les indescriptibles

 

 

Chaque homme noir que je connais “répond à la des­crip­tion”
Peau entre jaune vif et noir d’encre “répond à la des­crip­tion”
Dread-locks ou chauve “répond à la des­crip­tion”
Court, tra­pus, grand écha­las “répond à la des­crip­tion”
T-shirt blanc, cas­quette noire à l’envers “répond à la des­crip­tion”
Costume trois pièces et IPAD “répond à la des­crip­tion”
Musulman ou chré­tien “répond à la des­crip­tion”
En fau­teuil rou­lant, avec une canne, comme un ange sur une épingle
“répond à la des­crip­tion”
Qui décrit
Qui trans­crit
Qui décide
Qui “répond à la des­crip­tion”?

 

 

Poem for the Indescribable

 

 

Every Black man I know “fits the des­crip­tion”
High yel­low to mid­night black skin “fits the des­crip­tion”
Dread-lock or bald “fits the des­crip­tion”
Short, rotund, tall skin­ny “fits the des­crip­tion”
White t shirt, black tur­na­round cap “fits the des­crip­tion”
Three piece suits and IPAD “fits the des­crip­tion”
Muslim or Christian “fits the des­crip­tion”
In a wheel­chair, wal­king with a cane, dan­cing on the angel’s pin
‘fits the des­crip­tion”
Who des­cribes
Who trans­cribes
Who decides
Who “fits the des­crip­tion?”

 

Patricia Spears Jones
Copyright August 15, 2014

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