> Nous y voilà encore et je ne sais pas où.

Nous y voilà encore et je ne sais pas où.

Par | 2018-05-26T19:51:09+00:00 15 février 2014|Catégories : Blog|

 

Nous y voi­là encore et je ne sais pas où.
A décou­vert à l'aveugle un ver­tige.
Je tiens le ciel au bord de la tasse et du lit.
Lignes croi­sées sur la fenêtre,  une trace de lait sur ta lèvre.
Sillons du soleil comme des brû­lures, désir dans les hanches,
Picabia des oiseaux dans les manches, et un envol en mont­gol­fière.

Debout, on veille aux bris, aux larmes dans nos coins, 
aux fris­sons de la terre, aux orages,
aux morts qui passent par­tout, et.
Y'a pas à dire moins.

Je fris­sonne d'un rien et tout me répri­mande.
Me bats la cha­made du cœur, coups de tip ! et de tap !
une pul­sa­tion du sang
des coupes pleines, colère et mélan­co­lie je ne défriche  pas, trop pleines,
je ne trie pas le sable  et le robi­net perd ses eaux, goutte à goutte.

Ton corps bien fait pour moi ! Un bai­ser res­té là dans la rue.
Notre langue d'oiseau sous la maille des vagues.
Pas noyée,  pas noyée.
Pas morte.
Il neige main­te­nant sur mes pieds nus à mar­cher dans le lait refroi­di.
Dans un réduit sous terre  là-bas, des rési­dus de mémoire,
une écor­chure,  si seule­ment tu savais,
un état de cou­chant, 
dans des creux, des sortes de nids de poule,
des flo­cons dans la bouche ouverte.

Je vou­drais me saou­ler à l'eau de ton ventre.

Une rage de vie bleuit les jambes,
une bou­gie gré­sille la paix du corps et.
J'entends ton souffle,
on dirait un ruis­sel­le­ment sur du gra­vier
quelqu'un qui marche en toi.
Le plan­cher craque dans tes  nerfs.
Petite bête aux abois que je ne quitte
pas d'un pouce par toutes les com­mis­sures.
Tu me pâlis, me pâlis, me plaîs
infi­ni­ment au corps.

Un trait dans la nuit
jusqu'à ce che­min d'encre jeté dans les yeux
plus loin que la parole.
Et l'écran tra­verse ton visage.
Et nos yeux ont mal
et aus­si les mains
et aus­si toute la figure.

La nuit calée sur les épaules 
dévo­rante
en attente d'un geste, une vraie nacre pure au bord,
et fauve.

Tu   écri­rais notre his­toire dans la nuit jetée.
Un phare au milieu de nulle part,
une cabosse rem­plie de sen­ti­ments et
de yeux longs mur­mu­rant des mots indé­chif­frables.
Les murs de la chambre en retard du monde,
silen­cieux mou­ve­ments à vitesse basse, une lune pas­sée.
Alors on lâche­rait la peur de tom­ber.

Comment réduire le chaos à une dou­ceur,

une clé­mence depuis le para­pet où l'on se tient ?

On avale du vide et on se débat.

pour  une plage de lumière, une seule.

Seulement là,

seule­ment,

seuls,

cha­cun seul,  mais.

Prends tout, même le sel aux racines, prends ! 

Juste pour le temps qui file, drôle de zig !

Retrouver l'incertain, un jour borgne ,

des par­fums inven­tés de tous les mots

disant  désir et aube. 

Un espace neutre et neuf, un bar de nuit

où on achè­te­ra des ciga­rettes, une gare de l'autre côté de la rue,

une salle où perdre les départs.

Et tou­jours là, cette chose

pour y voir quelque chose dans le noir.

Un goût de terre dans la bouche, une pierre effri­tée.

Le corps sus­pen­du à un arc de ciel per­ché
qu'il fau­dra décro­cher.
Et peindre la soif.
L'odeur qui reste.
Un calme blanc lais­sé  der­rière,
qui cloue tou­jours la bouche.
Une trouée du ciel la der­nière à paraître.
Présente et.
Présente mais.
On sait ce qui est ins­crit dans ce qui vient.

On parle trop. Encore trop.
Les mots plein la langue laissent le corps sur la bar­rière.
Et le jour froisse  le cœur.
Les yeux  gercent à force d'être ouverts.
Dans la toile du mirage,
et la ville en délire,
tou­jours des regards,
cou­lures en coin au rim­mel à rien qui tienne.

Regarde-moi.  Avec un éton­ne­ment de vivre.
Une fixa­tion bis­cor­nue des images sous un auvent
et on n'y entend que couic.
Le monde est   vitrine et
on reste là, à la glue des mots,
des "je t'aime" tra­ver­sant,
une lampe allu­mée pour le pas­sage.
Un gant au crin du jour. Une écor­chure dans la gorge…

C'est alors que la voix penche,
la même que la veille,
un dépli de la main, et au-dedans,
une ciga­rette dans la  nuit,
nos corps enfin tom­bés,
tom­bés, tom­bés encore à genoux.
La langue ne passe pas sur les lèvres.
N'ose pas. N'ose plus.
On la garde aux rebonds du rêve.

On se regarde long­temps.

On dis­loque l'assemblage de ses chairs
au-dedans de sa chair.

On apprend un autre corps
qui pour­tant est à soi.

On tremble dans la nuit,  
on laisse ce qu'elle vou­dra de nous,
nos bouches trans­pirent, la tête cha­vire dans le ravage du sang. 
Tu  m'attends.
Tu  ima­gines un saut de magi­cien, un sur­saut.
A l'intérieur du souffle,
le corps cha­loupe au  ciel.

Le mur­mure de mon visage appelle ton visage
et un tas de branches.

Une maille après l'autre défait la mort.
Une méta­phore prise en ciment dans le recueil,
une gelée rouge de l'infini.
dans une fis­sure brû­lée
pour tout compte.

Et le jour n'en finit pas de trem­bler
au coin du désen­chan­té degré d'angle de l'ordinaire.

Tu dis : "On ne s'inquiète pas, hein ? on ne s'inquiète pas"
Et la nuit remonte vers la sor­tie, tri­cote des débauches
de lèvres, des regards de ventres per­dus.
Le temps s'éprend sans cesse de l'incertain.
mélange aux curio­si­tés et aux effron­te­ries.
Et toi,  toi,
tu es fou d'amour dans mes ins­tants de grâce.
Tu dis qu'on ne sait rien, qu'on ne  sau­ra pas,
ni les lèvres ni le ventre, ni les bai­sers ni les étreintes,
on ne sau­ra. On n'y pen­se­ra pas.
On sera seule­ment ventres et lèvres,
à s'arracher la dou­leur par sac­cades.
Cris et mur­mures dans le cri.

La peine aura des bras où enfouir ses yeux.
et brû­ler tes peines ,
la peine de toutes nos peines, tu ver­ras.

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