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Oiseau de Nuit

Par |2018-10-23T09:33:27+00:00 13 juillet 2013|Catégories : Blog|

 

Je suis deve­nue un oiseau de nuit. Mon rap­port au monde exclut les zones aveu­glées de lumière. Débutant avec le cou­cher de soleil, ma pen­sée cherche dans les ombres des êtres que j'ai aimés tout aus­si bien que les crayons, gommes et ardoises de mon enfance ; tous désor­mais four­rés dans un invi­sible amer.

Les ombres, cepen­dant, ont des éclai­rages qui leur sont propres, par­ti­cu­liè­re­ment lumi­neux pour les yeux que nous avons per­dus.

Je conti­nue de frô­ler des murs qui tombent à pic. Mes ailes se mouillent au contact de ruis­sel­le­ments d'eau. Mes connais­sances se sont estom­pées au cours des sai­sons, et le soleil de tout à l'heure s'est cou­ché.

 

Je vais pour­suivre mon vol noc­turne – il n'aura rien à voir avec les grandes migra­tions des anciens grands poètes.

Aujourd'hui tout est soli­taire. La mon­tagne que voi­ci a atten­du patiem­ment l'apparition des étoiles et voi­ci que l'orage obs­cur­cit le ciel. On peut pour­suivre un voyage dans un iso­le­ment défi­ni­tif.

 

 

Il ne s'agit pas d'encre, non. Le lac aper­çu par l'imagination a gar­dé des lueurs sur son visage béni. Les fleuves vont cou­ler aus­si long­temps qu'ils l'ont déjà fait. C'est erreur de croire qu'ils nous aiment.

Dans cette absence de lumière il y a une dou­ceur qui ne peut qu'accélérer la marche de la mort. J'essaye de nier la pré­sence de cette der­nière car les oiseaux, mes frères, me l'ont deman­dé.

C'est que la vie, elle aus­si, de nos jours, se met à par­ler. On se retrouve, alors, entre deux épou­vantes. J'ai donc déci­dé de croire que la nuit est une divi­ni­té faite de toutes les autres, et de dire que dans son coeur il y a des arbres dont la nature est jus­te­ment une nou­velle véri­té. La nuit est inon­da­tion d'Etre.

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