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Passeport pour Jérusalem

Par |2018-10-22T19:07:52+00:00 10 avril 2014|Catégories : Blog|

 

 Demain j’irai vers toi, ô cité des Seigneurs,
A tes portes de bronze je pré­sen­te­rai mon cœur,
Passeport de chair dont les lignes san­guines
Tracent en fili­grane le nom de Palestine.

Mes yeux qui, si long­temps n’ont point vu tes lumières,
Laisseront leurs regards errer sur tes splen­deurs,
Et mon âme si long­temps pri­vée   de tes prières
Vers Dieu élè­ve­ra son can­tique de bon­heur.

Mes genoux flé­chi­ront sous l’or de tes cou­poles
Et mon front s’abîmera sur ton sol sanc­ti­fié,
Mes mains s’épanouiront en de blanches corolles
Pour tou­cher pieu­se­ment tes murs res­sus­ci­tés.

Car tu fus, ô ma ville, un lieu choi­si par Dieu
Pour dire aux mor­tels qu’ils sont frères sur la terre,
Car tu fus, ô ma ville, un corps élu par Dieu
Pour souf­frir dans ta chair les stig­mates de la guerre.

On t’a dit que la paix en ton nom s’est logée,
Mais sais-tu qu’à Gaza, à Naplouse et dans d’autres cités,
L’honneur de mou­rir pour ma terre bien-aimée
Arme de pierres blanches mon peuple déses­pé­ré ?

Demain j’irai vers toi ô cité des pro­phètes,
J’irai droit devant moi, j’irai dans les sen­tiers
Où les cyprès se meurent en l’absence des rosiers,
Où les hommes sont las des ter­restres conquêtes.

Sous mes pas revi­vra la divine aven­ture
De ces princes appe­lés au ser­vice divin,
Seigneurs dont l’âme altière connut toutes les bles­sures
Avant de s’affirmer la force des humains.

Comme eux je m’en irai vers la Terre Promise
Conduisant tout mon peuple vers les lieux où Moïse
Les yeux encore brû­lants des saints com­man­de­ments
S’en alla pour l’histoire et la fin des tour­ments.

Comme eux je gra­vi­rai le che­min du cal­vaire,
Porté par une foule ardente et témé­raire,
Et sur le Golgotha de pierre, je trans­met­trai aux miens
Le mes­sage d’amour du Christ pales­ti­nien.

Comme eux, je sui­vrai l’ange dans les cieux sanc­ti­fiés,
Je vole­rai très haut vers les blancs mina­rets,
Au Dôme du Rocher, mon verbe mélo­dieux
Dira le nom de Mahomet et la puis­sance de Dieu.
 
Demain, j’irai vers toi  ô cité du par­don,
L’enfant qui te quit­ta pleu­rant ton aban­don,
L’enfant qui s’en alla dans les nuits soli­taires
Ne sera plus cette ombre sur les routes étran­gères.

Car tout est deve­nu pour moi pur comme un poème,
Et je reviens à toi à l’âge des goûts suprêmes,
L’esprit illu­mi­né par ta sainte splen­deur,
A  tes portes de gloire, je pré­sen­te­rai mon cœur
Passeport de chair dont les lignes divines
Tracent en fili­grane le nom de Palestine.

 

                       
                                       
            Poème extrait d’Alchimie

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