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Quarantaine

Par |2018-08-18T22:42:20+00:00 1 mars 2017|Catégories : Blog|

 

1 (on dit pas hein on dit com­ment)

Comment le feu s’est-il décla­ré ?

Par écrit.

 

2

Fête de la sono, fête de la caco­pho­nie. Les amplis se super­posent aux amplis, dans les rues on enjambe les câbles élec­triques, micros, élec­tro, musique nucléaire. La ban­quise fond, il pleut des cordes.

Je n’ai pas envie, pas envie, pas envie.

La jalou­sie est un sen­ti­ment qui pour­rait me moti­ver, à la limite.

 

3

Une femme qui n’a pas d’enfant se des­sèche plus vite que les autres.

C’est dégueu­lasse. Il faut que je dise : c’est dégueu­lasse. C’est dégueu­lasse (répéter/​déformer très très vite).

Vous auriez envie de lui dire je t’aime ?

Non.

 

4

La table est méchante, méchante la table, han, han, han. Maman a dit à la pois­son­nière qu’elle était méchante et que si jamais elle redon­nait à maman du pois­son avec des arrêtes, maman irait voir la police et la pois­son­nière irait en pri­son.

 

5

Aux dou­leurs et aux absences qui ne me concernent pas mais que je res­sens infini(tésimale)ment.

 

6

Hier en entrant dans la voi­ture j’ai dit comme ça : je suis une femme. Pour voir.

Subversion est le mot que je ne trouve jamais.

 

7

Quand on agite l’eau elle devient rose, mais le sirop retombe au fond, au bout d’un temps.

 

8

Je prends un plai­sir repo­sant et défi­ni­tif à me dire que je ne suis qu’une merde. 

Ça mouille un peu mes yeux mais je sou­ris. 

Et l’espoir que parce que je souffre mieux, j’écris mieux.

« vos parents vous ont-ils dit leur amour ? »

« vous vou­lez dire « je t’aime » ce genre de truc ? »

« votre per­plexi­té est une réponse »

« vous a-t-on aimée pour vos qua­li­tés ? »

« vous vou­lez dire mes qua­li­tés humaines ? »

 

9

Une sorte de chauve-sou­ris sort d’un cocon et fonce suc­ces­si­ve­ment sur trois oiseaux pour les sai­gner et les déman­ti­bu­ler sau­va­ge­ment (une mésange, un geai, un char­don­ne­ret : trois oiseaux colo­rés et inno­cents).

 

10

Je suis seule avec mes chips.

Ce qui est ter­rible, c’est que ce qu’on croyait nous consti­tuer passe aus­si.

À force de ne pas savoir pour­quoi on fait les choses, on n’a plus envie de les faire.

À force de trop se deman­der pour­quoi on les fait, on n’a plus envie de les faire non plus.

 

11

Mis des feutres et du scotch dans une trousse, pour le plai­sir que c’était. 

D’avoir ce petit maté­riel avec moi qui per­met­tait d’inventer des occu­pa­tions et des images.

Mangé du cho­co­lat au lait-noi­settes avec du pain pour retrou­ver l’accord des deux goûts.

Dessiné ma mai­son les yeux ouverts sans regar­der la page.

12

(Rapido pres­to)
Je joue dans un grand fes­ti­val, je suis moti­vée. Mais trop relâ­chée, presque débon­naire : quand la lumière s’éteint, je me rends compte que les rideaux des fenêtres ne font pas un noir noir. Et que j’ai oublié d’enlever ma culotte sous mon maillot.

Je joue une scène que je ne connais pas avec deux enfants qui ne savent pas leur texte. Ils disent le contraire de ce qu’il faut com­prendre. C’est un fias­co. Les lumières se ral­lument. Je m’excuse et dis qu’il y a un pro­blème. Marie-Josée Nat (oui) se lève de son fau­teuil, vient vers moi avec un sou­rire. ça n’est pas à moi qu’elle sou­rit mais un couple d’amis der­rière moi, à qui elle dit qu’elle s’en va, que tout cela n’est pas sérieux, que c’est se foutre de la gueule du monde. La gueule du monde (répé­ter). Je crie que je vais rem­bour­ser la gueule du monde mais on ne m’écoute plus.

 

13

Aujourd’hui Roussette a sevré ses trois pous­sins, chas­sés mécham­ment depuis le matin. Chassés des man­geoires, chas­sés du pou­lailler. Ils piaillaient dans la nuit tom­bante, per­dus. J’ai du les faire ren­trer en les diri­geant dou­ce­ment. (Très arti­cu­lé) Je n’accepte pas (note tenue) la règle du jeu (note tenue) de la vie (note tenue)

Quand tout cela sera dépas­sé, j’écrirai peut-être un truc fort.

C’est comme des secrets de la vie qu’il m’est don­né de rece­voir (répé­ter).

« On ne se connaît pas assez pour ce genre de fami­lia­ri­tés il me semble »

« C’est très juste, c’est impor­tant ce que vous dites là »

Travaillé pour de bon à poser des plinthes (épe­ler P.L.I.N.T.H.E.S  plu­sieurs fois très vite jusqu’à l’espagnol)

J’ai froid, je me mets au-des­sus du four entrou­vert.
Il est midi, je vais me cou­cher.

 

14

Sur la route, un nœud de ser­pents sale­ment amo­chés, aux corps par­tiel­le­ment écra­sés, essayent de se déga­ger et de s’enfuir.

Une bou­gie d’anniversaire en forme de mai­son brûle dou­ce­ment par le haut : comme il n’y a per­sonne d’autre que moi pour en pro­fi­ter, j’éteins les flammes.

23h44. Pour mon anni­ver­saire je vou­drais bai­ser avec trois hommes.

Ou bien qu’on m’organise une belle par­touze.

Sur les tables il y a des mets raf­fi­nés qui ont l’air déli­cieux : une mousse de légumes aux cou­leurs vives, des viandes rôties nap­pées de trois cara­mels : nature, fraise et truffe. 

Nous finis­sons par nous asseoir par terre face à face emboî­tés l’un dans l’autre au pied d’une mar­chande de pou­pées.

 

15

  • ça a par­ti­ci­pé si tu veux à ma fai­blesse, à ma souf­france. Tout de suite d’ailleurs, on m’a dit à par­tir de ce que j’ai fait, j’étais en sur­charge de tra­vail. J’avais les dos­siers les plus lourds et puis ben heu, mais y avait un fac­teur phy­sique, j’ai fait un burn-out. J’ai fait un burn-out, le fac­teur phy­sique était dégra­dé. Ça je peux le résoudre seule­ment un an et demi après. Il a fal­lu que je sois hos­pi­ta­li­sé en cli­nique.
  • Mais tu ne…
  • non ben c’est pas ça si tu veux : c’était pal­lia­tif, ça pou­vait aller mieux mais c’était pas dans la durée.
  • Ben oui oui oui…
  • ben oui ça fait vingt-deux ans. Mais il y avait des fac­teurs pré­cur­seurs : c’est une mala­die qui se déclare chez les ado­les­cents ou chez les faibles.
  • Mm…
  • non et puis il faut que j’ai du temps à moi, même par rap­port à ma fille.
  • Oui oui.
  • du temps phy­sique.
  • Mm.
  • Non mais y faut juste s’organiser quoi.
  • non mais c’est bien.
  • C’est pour ça que je refuse pas. J’ai pas mis long­temps à réflé­chir. Le len­de­main. Le soir, même. Au mini­mum.
  • Mais oui c’est ce qu’il y a de bien.
  • Voilà.

 

16

Ne faut-il pas m’utiliser en cas d’affluence ?

Suis-je à ne pas mettre entre toutes les mains ?

Suis-je en concert le 11 octobre à Paris-Bercy ?

Suis-je si bonne que j’en devien­drais méchante ?

Suis-je la carte de visite de moi-même ?

Suis-je open ? Overground ou under­ground ?

Suis-je aérienne ?

N’ai-je pas d’excuses ?

Serai-je inter­rom­pue ou per­tur­bée sur l’ensemble de la ligne ?

Ne faut-il me tirer qu’en cas de dan­ger ?

Aimé-je la ville ?

Cosmopolite ou bien bras­sée ?

Les meilleurs pro­fes­sion­nels sont-ils chez moi ?

Retrouvez-vous et des mil­liers d’autres sur moi.

(Chuchoté consonnes ryth­mées cres­cen­do) Tout tabou sera puni (Chuchoté consonnes ryth­mées decre­sen­do)

 

17

Deux poi­gnées de noi­settes sur le che­min

Juste de quoi me récon­ci­lier

Avec moi-même

 

18

Fêter son anni­ver­saire c’est se payer une grande décla­ra­tion d’amour col­lec­tive.

Est-ce pos­sible ? Non. Alors faîtes le deuil. Fête le deuil.

Comment fêter ses qua­rante ans quand on en n’a que dix-sept ?

Je me sou­viens qu’un jour j’ai renon­cé à vou­loir le meilleur.

Traverser des villes et des pay­sages, tra­ver­ser seule­ment. Ne jamais rien avoir à y faire.

Un her­bier des moches pen­sées.

Tu l’as vou­lue cette fête. Sois rai­son­nable.

Sois rai­son­nable.

Tu es belle en maillot.

J’ai pris sur moi.

Changer pour­rait englo­ber aus­si accep­ter de ne pas chan­ger.

En ce sens, c’est une renais­sance.

Que les choses soient claires : le bon accueil du public est secon­daire. Le prin­ci­pal c’est trou­ver l’épanouissement dans le pro­ces­sus (l’est pas nous /​ his­se­ment /​ dans le pro­cès /​ suce : scan­dé rock). C’est très très impor­tant ça.

 

19

Mes mains sentent les chats et les noix, oh j’aime ça.

 

20

Les quoi des amants dés­unis ?

 

21

  • Le cinq part en un.
  • Trois ? 
  • Trois ça reste. 
  • Quatre ?
  • Quatre aus­si. 
  • Le cinq part en un c’est bon. 
  • Le six y’a rien 
  • Donc sept.
  • Euh… le sept part en deux.
  • Le huit ?
  • En un.
  • Le neuf ?
  • Y reste.
  • Le dix ?
  • Pareil.
  • Le onze.
  • En douze.
  • Le douze ?
  • Y’a rien.
  • (Un temps) Le douze y’a rien ?
  • Ben non.
  • Attends on vient de faire le onze en douze ?
  • Mais celui qui était sur le douze y’avait rien d’autre des­sus.
  • D’accord, euh… le treize ?
  • En onze.
  • En onze.
  • Le qua­torze en huit.
  • Le quinze ?
  • En sept.
  • Touc touc touc touc touc touc touc… le seize, y’a rien ?
  • Non.
  • Le seize euh c’est en des­sous mais pour­quoi j’ai rien ? Après t’as vingt.
  • Ouais, dix neuf en qua­torze.
  • (au ralen­ti) Dix-neuf en qua­torze.
  • Et c’est bon.
  • OK. On réca­pi­tule ?

 

22

Est-ce qu’on dit de quelqu’un qu’il est en déli­ca­tesse avec quelqu’un d’autre ? Ça se dit ?

 

23

Entre quatre z’yeux

à plates cou­tures

Quel mot taper pour trou­ver le syno­nyme de celui qu’on cherche ? (Répéter du bout des lèvres en essayant de com­prendre)

 

24

Tous ces airs graves autour de moi, ces airs de vou­loir me pro­té­ger d’une chose qui m’arrivera fata­le­ment, je le sais, je ne suis plus une enfant depuis long­temps.

 

25

(Main sur la bouche.)

 

26

Recroquevillée entre mon bureau et mon fau­teuil pour pas qu’on me voit de la fenêtre, la porte fer­mée à clef, je pense : res­ter enfer­mée ici et mou­rir de faim et de soif.

La seule réserve que j’ai osé émettre, elles l’ont ren­due caduque en un rien.

Je n’ai pas dit

je n’ai pas dit

je n’ai pas dit

je n’ai pas dit

j’ai tout gobé

tel­le­ment j’étais

 

27

Merci beau­coup pour le livre et à très vite. J’entends : je n’en peux plus d’attendre je suis pres­sé de te revoir très vite. Alors que ça signi­fie juste mer­ci et à bien­tôt. Très vite = bien tôt.

Il y a tout de même quelque chose qui croît chez moi : cette petite plante de Noël qui était bien mal bar­rée sort une nou­velle feuille. Bien mal…

Attention Attention à l’auto-sabotage. (Je répète)

Ouverture, sou­plesse, concen­tra­tion.

Attention Attention Le texte ne suf­fit pas. (Je répète)

Je cherche un pilier qui tienne ma pauvre per­son­na­li­té incon­sis­tante.

Mâchouillages et désos­se­ment.

Anosmie, agno­sie, ana­di­plose et apos­ta­sie.

Vieillir est une réa­li­té.

Vieillir est moi.

Vieillir est visuel.

Une très vieille femme tra­verse le pla­teau, elle est nue, cour­bée, ses seins pendent, ses jambes fla­geolent. C’est elle qui trouve le ser­pent. Elle manque tom­ber sous sa menace (dans ce sens, man­quer est un semi-auxi­liaire). Elle finit par lui man­ger la tête. Elle rajeu­nit.

 

28

Aujourd’hui je n’ai pas envie de pleu­rer devant la glace.

Espère et passe.

 

29

Une chan­sons à peine effleu­rée avec de vrais mor­ceaux de mots dedans.

Parler pour ne rien dire

Une petite vio­lence du quo­ti­dien

Une phrase ras­su­rante mal­gré tout.

 

30

Je m’en fous un peu mieux.

 

31

Comment coudre ce que je tiens avec ce qui n’existe pas encore ?

Faut-il me réduire à moi seule pour maî­tri­ser les choses ? 

Comment me rappro(ccro)cher de(à) ce qui est fon­da­men­tal ?

Si nous sommes régis par des bac­té­ries, où est la noblesse de l’humain ?

Le sens se résume-t-il aux sens ?

C’est à dire le sens de la vie se résume-t-il au plai­sir qu’on y prend ?

Il y a des neu­rones dans nos intes­tins, que vient foutre dès lors la ques­tion du désir fémi­nin ?

Faut-il ordon­ner ou rendre le chaos ?

Faut-il résoudre quoi que ce soit ?

Faut-il faire le bien ?

Faut-il rem­plir le temps ?

À l’heure où nous écri­vons ces lignes, nous ne savons rien. Ni ce que nous vou­lions dire, ni même si nous vou­lions dire quelque chose.

 

32

Cette ques­tion de l’épanouissement obli­ga­toire me paraît sou­dain absurde : c’est comme s’il était obli­ga­toire que toutes les fleurs aillent au fruit, que tous les fruits arrivent à matu­ri­té et qu’ils soient tous cro­qués par des enfants sains qui vivent une vie mer­veilleuse et chient qua­rante arbres cha­cun.

 

33

La veste me bouffe

Un œil brille

Surgissement de méchan­ce­té

Elle hésite

Suspendue à mes lèvres

Y’en a encore

 

34

C’est tou­jours plus facile de se sou­ve­nir d’une chose que de la vivre.

Passer de dix-sept ans à qua­rante sans tran­si­tion, c’est violent. Je n’ai rien vu venir.

J’ai besoin qu’on aime ma sur­face (répé­ter jusqu’à plus rien dire).

Entre deux mots il y a un abîme : beau­coup de mots, beau­coup d’abîmes.

 

35

On voit quelqu’un qui s’agite alors que le sujet deman­de­rait plus d’intériorité.

Trop propre.

Trop beau.

Pas enga­gé.

Fatras. 

Fatras : amas confus, hété­ro­clite, de choses sans valeur, sans inté­rêt. Ton spec­tacle est un fatras. Ensemble inco­hé­rent d’idées, de paroles ou d’écrits. Bric-à-brac, fouillis, ramas­sis, sal­mi­gon­dis.

ça n’est pas joli !

Où veut-on m’emmener ?

ça n’est pas har­mo­nieux !

Je me conten­tais ?

Qui est celle-là qui est sur scène ?

Ce qu’on attend de mon poten­tiel ?

Elle veut qu’on la baise !

Pourquoi nous dit-elle tout ça ?

On ne dif­fu­se­rait pas ça en l’état.

ça ne te va pas.

ça ne te res­semble pas.

Il fau­drait.

On aurait vou­lu.

On aurait eu envie.

On ne com­prend pas ce que tu veux nous dire au final.

C’est inquié­tant.

 

36

C’est l’espace qui est res­pon­sable de la situa­tion.

Le para­dis est un jar­din clos alors que le désir, lui, ne l’est jamais.

 

37

On n’est rien

On n’est rien

On n’est rien

Cette ren­gaine pêchée au fond d’une relaxa­tion pro­fonde me fait sou­rire et m’apaise. Je peux mou­rir, me décré­pir, ça n’est pas si grave, c’est dans l’ordre des choses.

Je vou­drais, j’aime, je vou­drais, j’aime, je vou­drais : comme ça, à l’intransitif, pas de com­plé­ment d’objet direct.

 

38

Elle veut en avoir pour son argent.

Elle finit sa crêpe len­te­ment conscien­cieu­se­ment.

Avant la fin, elle rou­le­ra dans sa ser­viette les trois petits paquets qu’elle a réser­vé depuis le début dans un coin de son assiette, dis­crè­te­ment, en véri­fiant que le gar­çon ne la regarde pas.

 

39

Du choix d’une brou­tille au choix exis­ten­tiel, du choix d’un sand­wich à celui de ne pas avoir d’enfants, je fais tou­jours le mau­vais.

S’empêcher de réflé­chir.

Besoin de me regar­der dans la glace qua­rante fois par jour.

S’empêcher de réflé­chir.

Quarante fois les choses.

S’empêcher de réflé­chir.

Sable mouillé dans les pieds.

S’empêcher de réflé­chir.

Seins nus.

S’empêcher de réflé­chir.

Assise à la limite du sable et de l’eau, comme les enfants : pas très élé­gant. 

S’empêcher de réflé­chir.

C’est comme ça qu’on ferait pour faire pipi dis­crè­te­ment. 

S’empêcher de réflé­chir.  

Le soleil est mau­vais, can­cer, vieillis­se­ment pré­ma­tu­ré de la peau. 

S’empêcher de réflé­chir.

Comment s’étonner que plus tard vienne trop tôt ?

S’empêcher de réflé­chir.

Entre pro­fi­te­roles et piz­za envie de rire comme une folle alors que ce n’est pas l’endroit.

S’empêcher de réflé­chir.

La fenêtre est grande ouverte sur les pins et les aca­cias, le vent souffle, l’orage gronde. J’aime ça.

Dehors les gens papotent. Je nage à contre-cou­rant. 

Ordure ména­gère

Couverture nua­geuse

S’imaginer des choses

Passer le temps

Naufragée dans la foule

Passer le temps

Seule à être seule

Passer le temps

Toujours pres­sée d’être après

Passer le temps

Vient une chan­son 

Passer le temps

Fredonnée en fond de gorge 

Passer le temps

Après gor­gée de thé (fre­don­ner « Johnny Johnny » de Jeanne Mas très très aigu en finis­sant par 🙂

« Comme un oiseau qui s’endort

épui­sé par tant d’effort

Tu l’aimes encore. »

 

40

Excusez-moi madame, je suis un peu longue.

Oh non j’ai tout mon temps y’a pas de sou­cis.

 
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