> Roger Gonnet, “Un si fugitif éclat”

Roger Gonnet, “Un si fugitif éclat”

Par | 2018-02-20T04:56:50+00:00 2 février 2013|Catégories : Critiques|

Roger Gonnet sai­sit l'éclat, et dans la briè­ve­té de son sur­gis­se­ment, le poète le met en mots. Evadé du silence, cet éclat aux échos variés éclaire la conscience, de loin en loin, comme de dis­crètes illu­mi­na­tions réchauf­fant le foyer à la sem­blance par­fois d'une pri­son. Le livre se place sous le patro­nage du psaume 33.6 : "Sur votre visage, il n'y aura plus d'ombre". Promesse née de la marche vraie sur la sente où les défauts seront lavés et les cœurs chauf­fés au tison doré. Prennent alors place des lumières appa­rues et sai­sies par la vigi­lance atten­tive du poète. Elles forment un halo conju­rant l'obscurité, comme des oiseaux dans l'aube nais­sante.

3 poèmes

***

La cendre n'est pas triste
qui témoigne

tiède dans la semai­son
de bois noir

Si près de nous les morts
comme au foyer
les flammes

leurs paroles
qu'il aurait fal­lu rete­nir

***

Tu te réfu­gies à l'intérieur des mai­sons
comme aux jours de cha­leur
à boire de l'eau fraîche

et tu médites
sur une des­ti­née dont tu ne demandes
qu'une semence à renaître

***

La lumière en carême
comme un silence
que tu vou­drais sau­ver
un brouillard
sur la gra­vi­té des mots
que tu pro­nonces

tu songes à la beau­té du vitrail

le mys­tère étin­celle
 

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