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Sabine Dewulf, Habitant le qui-vive

Par |2022-11-06T11:13:11+01:00 6 novembre 2022|Catégories : Critiques, Sabine Dewulf|

Habi­tant le qui-vive ou devenir le corps traversant

D’une manière plus rad­i­cale encore que dans Et je suis sur la terre1, son pre­mier recueil, Sabine Dewulf avance en sen­tinelle sur la crête ver­tig­ineuse d’un corps qu’elle ne recon­naît pas, qui n’est pas sien, qu’elle perçoit comme fac­tice : « Où s’est per­du mon corps ? », écrit-elle p. 18, « Dans la frayeur sans rives. ».

Dans l’impérieux qui-vive poé­tique de ce deux­ième recueil, elle pose la ques­tion même de l’incarnation et nous fait vivre une expéri­ence au cours de laque­lle le « saut de pen­sée hors de la forme » (p. 18) opère une sépa­ra­tion d’avec la mem­brane close du corps pour la con­sid­ér­er comme étrangère et douloureuse. Enceinte est le nœud à tranch­er, et porter, la chimère. Habi­tant le qui-vive procède en réal­ité d’une décor­po­ra­tion toute poé­tique, ten­dant vers un rap­port au monde neuf, irrigué par un verbe incisif qui rêve de ron­deur.

Corps est étêté. Tête est entêtée, boulever­sée, por­tant son monde où ?   « au-dessus //  en-dessous // de la ligne d’épaules ? (p. 24). Cou­sant son chef‑d’œuvre sur le fil de guet, la poétesse, recro­quevil­lée en un « vis­age-langue » (p. 18), marchant sur elle-même, inter­ro­geant « en l’ogre du miroir » (p. 23) sa présence sus­pecte, bataille à la recherche d’une cor­po­ral­ité nou­velle qui se défini­rait par une spa­tial­ité et une tem­po­ral­ité ouvertes, agrandies et plurielles. On ne dirait pas « je ne sais qui je suis », mais « je ne sais où je suis ». Or, pour rejoin­dre la vraie demeure de l’être au monde, il faudrait d’abord atter­rir : « Laisse-toi redescen­dre » (p. 18). L’être vrai est tou­jours sta­bilis ter­rae chez Sabine Dewulf, sur le mode attribu­tif, non sur le mode tran­si­tif indirect.

Sabine Dewulf, Habi­tant le qui-vive, recueil paru aux Edi­tions de L’Herbe qui trem­ble, mai 2022.

Il se dit tel dès l’exergue du recueil par le vers emprun­té à La Fable du monde2 de Jules Super­vielle, poète cher à la poétesse : « Je suis déjà la plaine au-delà du hasard ». Il se dit tel au terme d’une dra­maturgie en trois actes qui doit aus­si se lire comme par­cours néces­saire hors du labyrinthe, son point cen­tral. Au terme de la cat­a­stro­phe intime, on se réjouit de lire enfin ce vers où le réel est res­saisi : « Je suis fau­teuil, assise en moi. » (p. 84).

Com­ment faire coïn­cider l’être et le corps ? Le recueil tisse ain­si l’histoire d’une malé­dic­tion intime et de sa lev­ée. Il était une fois une enfant médusée dont le corps ne fut plus ce qu’il parais­sait, habi­tant en intruse « une tête qui cogne » (p. 58), enfer­mée sous un masque : « Hurlante l’enfantine : on m’a volé le corps // dans ce ven­tre de fer, //contre moi je m’élance ! » (p. 44).  L’enfant inter­ro­geait chaque jour sa face en le miroir : « Fit-elle naître ton vis­age ? », mais le miroir tou­jours men­tait. Où était con­tenu le vis­age ? L’enfant ren­con­tra un jour une fée du nom d’Ise qui lui posa l’énigme de son Porte-monde3 : « Lequel est Je » ? » (p. 39).  L’énigme était tapis­serie fig­u­rant un vis­age aux yeux ronds, à la bouche, bref ori­fice comme per­le de sang ; le vis­age por­tait le monde bleu ain­si qu’une coiffe,  à moins que le monde ne portât le vis­age, l’un cousu à l’autre, faisant corps. Le face à face avec le Porte-monde rompit le charme trompeur du miroir et ini­tia l’écriture d’une mue rédemptrice à coups de fil et d’aiguille. Le vis­age énig­ma­tique du Porte-monde, œuvre tex­tile de l’artiste Ise que Sabine Dewulf situe à la nais­sance du recueil, fig­u­rant l’étonnement, l’inquiétude por­teuse qui ques­tionne, se révèle à la fois Méduse et son  opposé.

Le corps sac : demeu­rant emmurée – Le corps n’est au départ du recueil qu’une peau enclose sur une con­fu­sion pleine d’angoisse, un con­tour de chair qui a fait loi sur un malen­ten­du : « l’empire du revers » (p. 26), nour­ri par l’illusion que l’être devait coïn­cider avec l’étroitesse de ce que Jules Super­vielle nomme « le triste con­tenant » dans son poème « Le Corps »4. S’impose la métaphore du sac, forme informe où logent les mirages et que la poétesse porte comme un poids, forme régie par la mère à qui l’on demande des comptes : « j’ai affron­té les yeux d’une mère défaite, // lui ai livré le sac entier de ma déroute. » (p. 17). Le sac, plus loin, se décline en caisse : « Je soupèse une caisse // tout au fond de la cave. » L’enceinte se démul­ti­plie jusqu’à l’image forte du labyrinthe au cen­tre du recueil, dont l’Ariane poétesse cherche « la porte [qui] baille » (p. 42). L’enceinte dépos­sède d’autant plus de soi que le corps se révèle une image grossière­ment con­stru­ite que la con­science pous­sant douloureuse­ment ne demande qu’à excéder et à redéfinir. Comme dans Alice au pays des mer­veilles de Lewis Car­oll, le « corps dif­fi­cile » (p. 25) est en proie à d’effrayantes méta­mor­phoses, à la chute et à la décap­i­ta­tion. Dans le miroir ogre, la poétesse a ren­con­tré la Reine de cœur à la tête enflée : « ma face (…) // comme une mont­golfière // jouis­sant de son rêve // dans la glace scel­lé. » (p. 23). En la tête séparée du corps étranger, qui « vole vers le globe // par la lune frôlé » (p. 25), c’est surtout la mémoire qui est enflée par la rumi­na­tion : « tu pleus du gris sans larmes. » (p. 27). Avec des accents dis­crète­ment ner­va­liens, la poétesse déshéritée affirme : « Je suis l’attristée sans racine, // sus­pendue à la terre // : sans rai­son ni tem­pête. » (p. 26). L’urgence d’une nais­sance nou­velle se crie lit­térale­ment : « Je veux naître ! // (Cri puis­sant.) » (p. 16). Sor­tir de la poche est bel et bien la délivrance, renaître en ten­dant vers un « dehors plus proche que le sang » (p. 22), mais il faut d’abord faire taire la goule, la « gueule mor­dante »(p. 20).

Pas de lamen­ta­tion ni de pose chez Sabine Dewulf, dont le verbe et la voix procè­dent d’une humil­ité qui les définit entière­ment. Une grav­ité toute naturelle qui refuse de se dire trop haut quand elle dit, parole neuve, l’emboîtement para­dox­al de l’immensité dans la fini­tude du corps : « Par­fois la gorge se resserre. // Ni boule, ni nœud, // ce sont images étrangères. // Juste un pas­sage plus étroit où l’air // pour­suit son va-et-vient. » (p. 70). « J’ai giflé l’air aux joues flottantes,//le sang cir­cule. » : on aimerait les citer tous, ces vers mag­nifiques de pudeur et d’évidence (au sens cartésien). Chaque vers de Sabine Dewulf est « ce pas de justesse » (p. 57) qui pro­gresse vers l’issue, « l’espace bleu » du monde, « la ronde des forêts » (p. 17). Ce pas de justesse, économe de moyen jusqu’à l’épure de l’os rongé et blanc, est la force créa­trice même, poésie pure, qui com­mande à la fois l’appréhension du paysage intérieur et la vision du dehors.

Une nou­velle genèse : « Je rêve de mon corps comme ven­tre de terre »  - Dans ce recueil admirable, Sabine Dewulf écrit sa pro­pre fable du monde. Il ne s’agit pas d’ignorer le corps dif­fi­cile, le ven­tre de fer ni de les transpercer de flèch­es, mais d’en ouvrir les fenêtres, d’y faire pass­er l’air, de déplac­er la ligne surtout qui les cir­con­scrit. C’est l’incertitude de la mem­brane qui est douloureuse : « Je grave à l’arme d’or // la lim­ite où les fan­tômes meurent, // où com­mence le corps. // Ligne close entre l’ombre // et ces doigts qui respirent. » (p. 50). Pour­tant, le chaos est inhérent à toute genèse : « la bouche dor­mante » (p. 20) doit alors énon­cer pour tout remet­tre à sa juste place. L’énonciation se fait très vite per­for­ma­tive : « Que le gouf­fre se comble ! » (p. 19). A l’écoute, à l’affût de la défail­lance en elle, la poétesse choisit de nom­mer pour retrou­ver la con­so­nance de son être, qui ne se revendique pas, loin de là, per­son­nel : « Aucun nom ne le signe. // Qu’importe, si ces lignes s’enlacent à la chair du monde. » (p. 19). Divers modes de l’énonciation se com­bi­nent pour redéfinir les mesures ontologiques et faire advenir le corps rêvé, dont le régime serait ouver­ture et partage. Le pre­mier poème s’écrit au con­di­tion­nel, mode de l’innocence enfan­tine : « L’air y respir­erait, //les eaux enfan­teraient douceur, //les mains s’endormiraient // comme feuilles, …» (p. 15). Il des­sine la « plaine pleine » et rédemptrice. L’humilité de la terre est appelée, et avec elle l’éloge du bas sta­ble con­tre la folie des cimes : « m’est apparue la plaine // sous l’abîme cachée, // soudaine inespérée, // si blanche et solide. // Le sol et le lit. » (p. 63). L’impératif s’entend aus­si, le plus sou­vent dans les pieds de poèmes en italiques qui fig­urent le régime de la « face essen­tielle » à laque­lle aspire la poétesse. C’est l’impératif de la voix spir­ituelle qui guide le mou­ve­ment de libéra­tion : « Laisse-toi redescen­dre » (p. 18), « Laisse l’œil s’agrandir »(p. 19), « Regarde ses doigts de pacotille» (p. 44), « Tiens ton jour allumé » (p. 65). La voix impéra­tive et con­ciliante du sage qui envis­age le vit-sage spa­cieux. Les pieds de poèmes en italiques, par­fois séparés du corps du poème par une ligne matéri­al­isée, veil­lent con­stam­ment à faire redescen­dre la tête-vessie out­rée des fauss­es croy­ances. Il n’est pas anodin que ces italiques dis­parais­sent dans la dernière par­tie du recueil qui est celui de la réc­on­cil­i­a­tion de l’être et du corps. Ces italiques mis­es seules bout à bout for­ment d’ailleurs un vrai poème de la joie, une joie à la Matisse, ronde et lumineuse, la sim­plic­ité dans ses courbes : « Tout bas l’éclat fris­sonne. Partout l’espace bleu, la ronde des forêts. Bris de chaînes, // fil des souf­fles. Cet air nous sommes. » Joie qui ne serait que spa­tial­ité et tem­po­ral­ité sere­ines. Nou­velle cor­po­ral­ité jointe aux élé­ments terrestres.

Par où l’être peut-il s’échapper pour rejoin­dre la plaine qui agrandi­ra le corps ? Par­fois par un « chas d’aiguille » (p. 68) qui est moins que le jour, car rien n’est jamais acquis. Par les yeux surtout, « seules fêlures de notre peau »5, dit encore Super­vielle. Car l’œil sait le pas­sage, l’œil par­ticipe de la con­nais­sance, il est « œuf de clarté où cir­cu­lent // sans trêve les eaux. » (p. 28). L’œil et la main, la main ten­due surtout : « Sonne l’heure de l’œil. // Les doigts tâtent dans l’air //flambeaux de feuilles. » (p. 31). Je songe ici par­ti­c­ulière­ment à ce vers de Paul Elu­ard, extrait de Poésie inin­ter­rompue (1946) : « Et moi, les mains ouvertes comme des yeux. ». Il sem­ble que l’œil et la main soient de nature à trans­former la per­cep­tion que nous nous faisons de notre corps, à réformer ce que Paul Schilder nomme le sché­ma cor­porel dans son ouvrage L’Image du corps, paru en 1935. Le recueil de Sabine Dewulf nous invite à envis­ager le corps non pas comme un corset du com­porte­ment et de la rela­tion, mais comme un mou­ve­ment dynamique fait de per­cep­tions-actions, plas­tique et mal­léable, réac­tu­al­isé en per­ma­nence. Ce mou­ve­ment est celui d’une con­science incar­née : « Laisse l’œil s’agrandir // qui trans­porte la sphère. » (p. 19). Ou encore : « Mon œil est descen­du // en plein corps, navire bat­tant. // La terre me tra­verse, // l’air me respire. » (p. 91). L’œil pro­longe et ouvre le corps en un espace neuf : « L’œil enveloppe mon corps. // Être, une ronde blancheur. » (p. 84).

Le corps tra­ver­sant : non plus porter, mais trans­porter – Et si donc le corps n’était pas la triste enceinte enfer­mant l’être dans le puits que notre con­science seule a for­mé ? Et si le corps était la mem­brane poreuse aux vagues du monde ? « Le corps d’ailes » (p 65) ? Loin d’être un sim­ple enreg­istrement du monde extérieur, la cog­ni­tion telle que l’envisage Sabine Dewulf au fil de son recueil se con­stru­it dans un partage entre l’organisme intérieur et son envi­ron­nement. La voie de la réc­on­cil­i­a­tion réside bien dans une con­cep­tion incar­née de la cog­ni­tion. Se laiss­er tra­vers­er par le monde et les autres dans une per­cep­tion apaisée : « Douce­ment dans la peau de la peur. // Un fris­son d’épiderme // décolle la pen­sée. // L’illusion  fait naufrage. // J’habite nos vis­ages. // Sur ma scène une foule // laisse les voix recon­naître // le cours de nos riv­ières. (p. 86). La réc­on­cil­i­a­tion réside dans la per­cep­tion agrandie d’un corps tra­ver­sant aux « Jambes d’air tra­ver­sées » (p. 84). Au terme du recueil, l’image du corps s’impose flu­ide et dynamique, sans con­tour dess­iné, sans lim­ite fixée, poreuse et osmo­tique, dés­in­hibant le dedans, inhibant le dehors sans poids, ou du moins, le poids remis à sa place, « plus basse ». (p. 84) : « Je plonge sans mesure // dans le rythme qui porte, // pré­cisé­ment ici, // devant le miroir blanc où l’image s’oublie, // écoute. // Frémir suf­fit. » (p. 71). Être engrossée par le monde et qu’importe si l’enfant vient du dedans ou du dehors, « [Des] corps tra­ver­sés d’ombre » (p. 73) ou de « L’île » (p. 74)6. L’image du corps n’est pas une pro­priété privée, mais un espace empathique : « Tu es l’espace où le monde s’écoule. » (p. 43). Revenons un instant à l’usage des modes ver­baux dans le recueil : ceux qui frap­pent en pri­or­ité sont le par­ticipe présent du titre et l’infinitif, notam­ment dans la dernière par­tie du recueil : « Boire l’odeur de nuit. » (p. 31), « Clore la cica­trice et ren­dre l’air à l’air, // éten­dre le large… » (p. 52), « Enfin me tenir à dis­tance » (p. 64), « rire dans l’âtre du cœur. » (p. 70), « Coïn­cider avec le souf­fle de l’eau » (p. 80), « Enracin­er pen­sée aimante » (p. 82), « Lente­ment regag­n­er la val­lée. » (p. 84). Le verbe de la réc­on­cil­i­a­tion emprunte chez Sabine Dewulf le mode imper­son­nel qui agrandit l’espace et le temps : « Pren­dre le corps à bras-le-corps // sans son sujet » (p. 79). Dans le Porte-monde d’Ise, la poétesse a retrou­vé son vis­age qui se reflète dans ceux des autres sans dis­tinc­tion. L’impersonnel se con­jugue au pluriel : « Si spa­cieux nos vis­ages ». (p. 15). Spa­tial­ité neuve, tem­po­ral­ité qui n’est plus douleur. Ain­si, la poétesse peut con­clure par ces derniers vers très forts : « Assise dans le ven­tre, // mobile des heures, // ici ferai mémoire du vivant. » Non plus rup­ture, mais élan, éclat du Par­ticipe présent(e) ! Un recueil à fréquenter régulière­ment tant il est juste.

Notes

[1] Et je suis sur la terre, paru aux Edi­tions de L’Herbe qui trem­ble (2020)

[2] La Fable du monde, Jules Super­vielle, « Le Chaos et la Créa­tion » (1938), p. 25, Poésie Gallimard.

[3] Porte-monde, œuvre tex­tile de l’artiste Ise (2018), qui a, ain­si que le pré­cise Sabine Dewulf au seuil de son recueil, « sus­cité la nais­sance de ce livre ».

[4] « Le Corps », dans « Noc­turne en plein jour », La Fable du monde, Jules Super­vielle. Se référ­er aus­si au pre­mier poème de « Noc­turne en plein jour » pour mieux saisir le pro­pos de Sabine Dewulf : « Car c’est en nous que sont les plus cru­elles plaines // Où l’on périt de soif auprès de fauss­es fontaines ».

[5] Poème « Le Corps » dans « Noc­turne en plein jour », La Fable du monde, Jules Super­vielle.

[6] Les deux poèmes des pages 73 et 74 sont dédiés respec­tive­ment à Marie et à Daïrine, les deux filles de l’auteure.

Présentation de l’auteur

Sabine Dewulf

Née en 1966 à Cam­brai, agrégée de let­tres mod­ernes, doc­teur ès let­tres et for­mée en psy­ch­analyse rêve-éveil­lé, Sabine Dewulf se pas­sionne pour la poésie, la con­nais­sance de soi et toutes les formes de spir­i­tu­al­ité. En 2003, elle a fondé avec Hen­ri Mer­lin l’association des « Amis de Jules Super­vielle », actuelle­ment dirigée par Hélène Claire­fond. Tous les ouvrages qu’elle a pub­liés sont en lien étroit avec la poésie.

 

Bibliographie

Jules Super­vielle ou la con­nais­sance poé­tique (2 tomes), L’Harmattan, 2001.
Les Jardins de Colette – Par­cours sym­bol­ique et ludique vers notre Eden intérieur, illus­tra­tions de Josette Dele­croix, édi­tions du Souf­fle d’Or, 2004.
La Fable du monde – Jules Super­vielle, coll. « Par­cours de lec­ture », Bertrand-Lacoste, 2008.
Pierre Dhain­aut, coll. « Présence de la poésie », Les Van­neaux, 2008.
Jules Super­vielle aujourd’hui, actes du col­loque d’Oloron-sainte-Marie, textes réu­nis et présen­tés par Sabine Dewulf et Jacques Le Gall, Press­es Uni­ver­si­taires de Pau, 2009.
Le Jeu des miroirs – Décou­vrez votre vrai vis­age avec Dou­glas Hard­ing et Jules Super­vielle, illus­tra­tions de Josette Dele­croix, Le Souf­fle d’Or, 2011
Les Trois cheveux d’or – Par­cours de guéri­son avec les frères Grimm et Pierre Dhain­aut, avec la col­lab­o­ra­tion de Stéphanie Del­court et Eric Dewulf, Le Souf­fle d’Or, 2016.
Ray­mond Fari­na, coll. « Présence de la poésie », Les Van­neaux, 2019.
Et je suis sur la terre (poèmes), avec les aquarelles de Car­o­line François-Rubi­no, L’Herbe qui trem­ble, 2020.
Tu dis délivr­er la lumière, coécrit avec Flo­rence Saint-Roch, poèmes et pho­togra­phies, Pourquoi viens-tu si tard, 2021.
En regard, à l’écoute — La poésie de Pierre Dhain­aut à tra­vers les livres d’artiste, Ville de Lille et Inven­it, 2021.

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Sabine Zuberek

Née le 18 mars 1968 dans les Hauts-de-France, d’une famille ger­mano-slave arrivée en France à la fin des années 30, la langue française est tout entière à con­quérir pour cette famille où s’entremêlent et s’agrègent mes langues mater­nelles, sonores autant que privées. La langue française est pour mon père la langue d’élection qu’il est le seul à maîtris­er à la per­fec­tion, mais il tra­vaille tard. Mon arrière-grand-mère alle­mande prend soin de moi jusqu’à mes trois ans passés. C’est l’âge où j’entre à l’école, je n’y com­prends pas bien les autres élèves ni les enseignantes, mais j’adore y aller. J’apprends à lire et à écrire en quelques mois. C’est comme une révéla­tion. Je n’ai plus depuis cessé de lire ni d’écrire. Mon rap­port au monde étranger s’est con­stru­it dans la lec­ture et l’écriture. J’ai rem­pli des cahiers et dévoré la lit­téra­ture. J’ai une agré­ga­tion de Let­tres mod­ernes et un DEA de lit­téra­ture com­parée. J’ai longtemps tra­vail­lé sur l’œuvre de Blaise Cen­drars sous la tutelle de Philippe Bon­nefis et d’Alain Bui­sine à l’Université de Lille III. Je suis par la suite dev­enue enseignante. J’exerce aujourd’hui dans un lycée à Lam­ber­sart et vis à Lille. J’ai écrit un pre­mier roman en 2015, Le Chignon, qui n’a pas été pub­lié. Le Vol des bus­es a été mon pre­mier recueil de poésie. Plusieurs poèmes extraits de ce recueil (une dizaine) ont été pub­liés dans le numéro d’avril 2021 de la revue Terre à ciel dirigée par Cécile Guiv­arch (https://www.terreaciel.net/Sabine-Zuberek#.YwDEanZBzIU) ; deux autres poèmes, choi­sis par Jean Le Boël dans ce même recueil, l’ont été dans le col­lec­tif Ecrit(s) du Nord 39–40 aux Edi­tions Hen­ry. La revue Terre à ciel a égale­ment pub­lié un arti­cle que j’ai con­sacré au recueil de Pierre Dhain­aut, Pré­face à la neige, paru à L’Herbe qui trem­ble (https://www.terreaciel.net/Preface-a-la-neige-de-Pierre-Dhainaut-par-Sabine-Zuberek#.YwDEOnZBzIU). Avec Sabine Dewulf, nous inau­gurons cette année le Prix Pierre Dhain­aut du Livre d’artiste que nous avons créé avec le con­cours de la DAAC Lille.
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