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SEXOLOGIE LYRIQUE VOL. 1 (extraits)

Par |2018-10-21T06:50:45+00:00 30 mai 2014|Catégories : Blog|

 

Sexologie lyrique

Vol. 1

 

Traduction : Nathanaël

 

Prélude

 

 

 

Je n’ai pas fait exprès de deve­nir un Je.
Je n’ai pas fait exprès d’être.
Mais je me suis fait prendre, on pou­vait s’y attendre, par un sujet, l’Histoire, la tienne.
 

(Ou, s’agissait-il d’une suite d’événements. Tu vou­lais que je
fasse un sens de tout cela.
Ou, je l’ai cru.
Ou, j’ai vou­lu le croire.)
 

L’Histoire (la tienne) m’a cata­pul­tée en avant.
On pou­vait s’y attendre, j’ai été expé­diée jusqu’à toi, catas­tro­phi­que­ment.
La catas­trophe a cédé, m’a cédé un corps.
 

Alors, dans le temps, nous voi­ci. Qu’y a-t-il dans le temps pour moi, à venir.
 

Sache qu’il y a tou­jours d’autres ruines.
 

 

 

 

Comment nar­rer la fin ?

Commence par la fin.

 

tout le monde est mort

alors alors alors

 

On est galaxiaux

car—

 

 

aspi­rant la mort            

 

 

 

Origine à la place de
 

Tirésias était un gar­çon, avant d’être un homme. Un homme avant d’être une femme. Une femme au plai­sir des ser­pents, du savoir, des caprices des Dieux. Mâle et femelle, ils l’ont fait, lui, elle, les ser­pents, les Dieux, je veux dire. Zeus, Héra, Jupiter, Junon — j’ai tou­jours détes­té les noms romains, une dégra­da­tion ain­si qu’une popu­la­ri­sa­tion, comme tout Romain — ils l’ont fait en savoir et en ser­pents accou­plant qu’il a vus, elle à venir. Un voyant alors avant une voyante.
 

Tirésias était mon nom, une fois autour d’un temps alors qu’il y avait un Je avec un nom. Bien enten­du j’ai tout vu. Encore là. C’est ce qu’il y a de plus ter­rible au-delà des fins du monde. De savoir. D’être un savoir pur.

 

 

 

Tirésias, usur­pée.

L’imitation ne veut pas dire ce que tu penses. Ceci est l’introduction à ce livre, mon intro­duc­tion, ma sexo­lo­gie lyrique. Sexologie lyrique. Voici l’une des choses sur lequel tu vas devoir t’entendre. En voi­ci une autre, toi là, à ton âge avan­cé, ton soi-disant vingt-et-unième siècle :
Je ne suis pas une trans­sexuelle. Ou une inter­sexuelle, ou une her­ma­phro­dite. (Hermaphroditus peut écrire son propre putain de livre.) Je ne suis aucune de ces choses pour les­quels tu as des mots à pré­sent. Tu n’as pas de mots pour ce que je suis. Voici ce que j’étais :

J’étais un mec.
Puis j’étais une nana.
Puis j’étais de nou­veau un mec.
Hah. Tu ne pen­sais pas qu’on disait “mec” ou “nana” en ce que tu appelles la Grèce antique, Hellènes, etc. Repenses-y.
Voici ce pour quoi tu n’as pas de mots : Qu’est-ce qu’une voyante ? Qu’est-ce qui est au-delà du savoir ? Comment puis-je t’écrire à pré­sent, un pré­sent impos­si­ble­ment déman­ti­bu­lé par rap­port au tien, sachant que tu vas lire ceci. Te connais­sant ? Ou qu’est-ce qu’un sexe dans le temps ? Sans ?
Tu n’as pas de mot pour ser­pents ou dieux ou sexes. Tu ne fais que pen­ser que tu en as un.
Tu n’as pas de mot pour la ren­contre d’un dieu sexe ser­pent dans le savoir divis d’un mot, un savoir unique mot divis.
Sept ans est ce que j’étais en tant qu’au-delà, un au-delà, et dedans aus­si. Alors, l’imitation n’est pas près de le décrire, mais sup­pose que oui. Suppose que je me met­tais à te décrire.

 

 

Commence par le début. Les morts ne se sont pas levés. Les morts n’ont pas vécu de nou­veau. Pas tant cela que prou­ver qu’ils avaient vécu tout ce temps. Les morts sont sor­tis des vivants, chaque
chose vivante.

 

Bouchedieu

 

C’est un peu comme un œil, pour faire des dis­tinc­tions.
Adamique, joli joli (comme un chu­cho­te­ment de Paris).
Léger comme un…léger comme un…
Des nomi­na­lismes que tu peux rame­ner chez ton Père.
 

Ou
 

Baratins, patins, à rou­lettes, tous.
Si tu refuses de payer le prix de la pour­ri­ture,
Qui penses-tu va te choi­sir ?
Peu importe que tu sois imma­cu­lée, de marbre, oda­lisque ou guer­rière-sage ou reine des cieux,
Non nom de dieu !
Ok d’accord, j’te suis, mais
Je veux dire, fran­che­ment, Hélène ? Cette fille est une pute.
 

 

 

 

quand j’étais
l’idée de Dieu avec la phy­sique
un gosse au 
caté­chisme
afin de récon­ci­lier
rien n’es per­du, éner­gie en matière et vice ver­sa …. 
la loi d’Einstein et tout
 

Je sup­pose que mon sen­ti­ment n’avait rien d’extraordinaire :
les méta­phores appau­vries du caté­chisme et un peu de paga­nisme,
playi­ta­gain,
quelque chose du déiste naïf.

 

 

 

Tirésias fait un rap­port. Les rap­ports ter­gi­versent.

 

Mais pas encore. Jamaisjamais pas encore. (Chuuuut ! Dis pas ça ! Même pas en chu­cho­tant
Tu as enten­du par­ler du concours. Il et elle et toutes leurs splen­deurs ? À qui la meilleure por­tion de plai­sir, etc ?
L’homme ou la femme, etc ?
Il a jubi­lé, elle m’a arra­ché les yeux, il a dit au-delà, ou un mot pour au-delà
Et dans les creu­sets de mes yeux au-delà a pris une forme de monde.
Ou plu­sieurs. Une forme très coû­teuse.
Voici ce que sont cou­chés dans ce qui pèse. Que sont ce que sont cou­chés dans ?
Une forme vers l’avant, et l’arrière aus­si. Tout cela avant de savoir les ruines, et ain­si ma parole ici avec toi.
 

                                               Les ruines et les ruines des ruines du temps.

 

 

 

        nos vivants sont morts et les morts sont
de nou­veau morts. com­ment ?

 

 

 

(Je sais que je ne suis pas assise ici en train de par­ler avec toi. Ceci est une page avec de l’encre des­sus. Je sais après, et sachant après ta limite avan­cée :
Guttenberg, Marshal McLuhan, sais-tu que j’ai étu­dié à l’Université de Toronto ? ce mec-là, etc. Je ne suis pas naïve quant au l’est d’un livre, même si Ovide n’est pas encore né. Même si Jabès…)
 

Bon, alors, c’est ça mon his­toire mais ce n’est pas ce dont il s’agit ici.
Ceci est, comme je le dirai, était une page, une page d’il y a très long temps, le tien.

 

 

Quelques pages tirées de la Métamorphose, dans le sens d’ana-chronos

 

Un beau gar­çon est un blond avec une lyre. Type A. Elle sa hors-mise des skin­ny jeans, fille brune teinte en blond épi de blé
Sa dou­leur était une époque étrange ou tu le pen­sais et ain­si la lyre. L’espoir est au music­fest aux aguets. Paris qui le dit ou dedans, coup d’œil à l’arrière. Une ban­da­na rose à motif cache­mire qui hèle en bas à droite petite frappe toquée.
 

 

 

Ou, plus tôt.
 

Un enfant bru­tal et étrange
On en conclut, il sem­blait
Un vol de cha­cun plu­mé
Lui-même moins qu’une sem­blance
Et depuis le début moins à faire
Qu’à refaire, un essai un
“foi­rons pas, cette petite fois ou cette petite fois.”

Elle était un gar­çon comme n’importe quel autre.
Il s’est blot­ti contre des étran­gers comme un amant
A moi­tié oubliée, pro­phé­tie emmu­rée
Si la mémoire sa dif­fé­rence de l’intention.

 

 

Leaving on a Jet Plane

 

Je n’ai pas pu faire autre­ment que de deman­der par­don.
Si ce n’est que pour te cou­vrir.
 

J’ai dor­mi mal­gré le réveil.
Tu es res­té assis à regar­der l’horloge faire tic-tac, à me regar­der.
Éventuellement, lorsque c’était vrai, “Tu vas être en retard.”
 

À l’aéroport moi­tié­hu­main sou­ve­nu d’Amérique.
Les dif­fé­rentes classes de pas­sa­gers, les cou­leurs des classes.
Pas abso­lu, mais sur­tout.
Et à l’avant, avec la super­é­lite et les prio­ri­taires, les mili­taires en uni­forme.
Le nou­veau truc, leur scan­nage des don­nées de ton ordi­na­teur.
Bientôt ce sera dan­ge­reux de por­ter les don­nées, de cette façon.
 

Je t’ai entre­vu, marin de la troupe cou­pant la queue
Ou pre­nant la place qui te reve­nait.
 

On aurait dit de la petite frappe par­mi les che­veux blonds en brosse et les visages bou­ton­neux de la
Gang de meur­triers pou­pées,
Je me suis deman­dée si tu n’étais pas per­san, grec ou arabe.
Pour quelque rai­son je me suis deman­dée si je fini­rais par m’asseoir à côté de toi.
Si on ferait la conver­sa­tion mal­adroi­te­ment alors que tu essaie­rais de ne pas zyeu­ter mes nichons.
Si tu m’abuserais ou
Je te don­ne­rais la bran­lette.
Un sen­ti­ment de dan­ger en écri­vant cela, toi assis à côté de moi à pré­sent, jolis cils longs
Fermés et la tête pen­ché à la fenêtre.
Comme si endor­mi.

 

 

 

Alors dors alors dor­mons alors dors

 

Sept ans en tant que femme

 

Les fins du monde ont com­men­cé là où ses bras ont été cou­pés net­te­ment à la join­ture mitoyenne, fente de lumière, fente d’envol. Ses bras ont été cou­pés dans le sol vide d’un mot, qui est tom­bé, de tes lèvres, le “non” le plus simple. Elle est née là, en un mot. Elle aurait argu­men­té qu’elle n’existait pas avant la fin du monde, l’ondulante fonc­tion d’onde d’une déci­sion de prise, ceci est un mot, ceci est un pas­sé, ceci est, ceci n’a pas (est). “Non.”
 

Faite par­ti­cu­lière, en son fétiche, un échai­rage, les géné­ra­li­sa­tions d’un sexe, ceci étant viol (ceci étant viols), ceci étant femme, ceci étant sol, hors d’existence.
 

Ses bras dudit célèbre était épée et pâmoi­son, et pro­tes­tait-elle, à être éjec­tée de l’amour, des ser­ments.
 

Bien sûr, plus tard elle a dit qu’elle n’avait pas besoin de finir avant la fin, c’était son moment d’ouverture, son pli de tis­su de ce qui serait, son entrée en visi­bi­li­té. C’était son des­tin, nach­trä­glich, sa trans­crip­tion.
 

Tant pis pour le monde voué à l’échec à l’écran, et l’elle dedans. Avec notre pré­his­toire, et son, sous cen­sure, le tout de la mémoire sem­blait-il, gar­dé en secret (bouche cou­sue), elle pou­vait seule­ment res­pi­rer lorsque saoule, près de toi, te volant des bai­sers dans la ligne de mire entre amants actuels, ton exer­cice de juge­ment,
 

ta pré­fé­rence : exis­ter.

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