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Solstice

Par | 2018-05-21T16:58:49+00:00 10 août 2013|Catégories : Blog|

 

Premier soleil : sagi­ta­rius

 

Ô, mère, comme la jour­née est courte !

Comme une maille de l’infini
le cercle solaire se retourne
non par amour, par obli­ga­tion
et sans l’infidélité de la femme
pour laquelle rien n’est cer­tain
rien n’est sien ni étrange
dans l’écliptique de l’existence.

Le jour croît et tombe
dans un rythme par­fait
il répare la mort
et l’homme est confus et déso­rien­té
dans la pan­to­mime du temps.

Le sol­stice est ini­tia­tion
aux cou­tumes supra­ter­restres
aux cultes païens
au feu et à l’eau
à la libi­do et à l’aventure.

Quand il s’arrête
le soleil renonce
aux affaires jour­na­lières, fri­voles.
Au som­meil de l’ours. Au scep­ti­cisme.
Il a devant lui le rituel de l’équilibre
et du hasard. Faste et volup­té.

Non, je ne pleure pas ;
je ferme seule­ment les yeux
devant les vies duelles
avec le sceau d’une éva­cua­tion pré­coce
devant la nuit blanche des amours paral­lèles
non échan­gées
non édi­fiantes.

***

 

Deuxième soleil : Jupiter
– suprême-

 

Trop de dépra­va­tions et de détresses
l’une après l’autre
dans cette vie dont je refuse de témoi­gner
– de recon­naître qu’elle est à sa fin.
Avec l’idéalisme d’un demi-homme
et le han­di­cap d’un cen­taure
je tends l’Arc
comme un ciel
comme un cœur.

Non par humi­li­té, par égoïsme, je pro­pose
une scène – rémi­nis­cence
où je pour­rai dura­ble­ment me recon­naître
peut-être pas seule­ment moi :

de ma bouche-poème en langue mater­nelle
jaillit la nos­tal­gie obses­sive
– pour ain­si dire un homme vivant
tan­dis que je reste inflexible
au même endroit
comme si je reve­nais

Mais je reviens, hélas !

Dans la zone fron­ta­lière du soleil sur­git
un homme, lion et dieu désa­mor­cé.
Tourbillon. Treuil. Toupie.
Eau, abîme, un pas quand même.
L’iconographie du tri­gramme résiste
aux règles et idoles sai­son­nières.
Il n’est pas de média­teurs entre le soleil et la femme
quand ils naissent.

Quelles affres pour sor­tir
de la tunique de feu dans laquelle
on m’irradia pour la pre­mière fois ?
D’où vient cette luxure
qui me frac­ture en mille cou­leurs
comme une truite dans les miroirs mâles ?
Pour qui cette impul­sion duelle ?
Pour qui ce soleil mouillé ?
Etre au ciel
et res­ter homme ?

***

 

Troisième soleil : Leo
– rising sun –

 

A qui confies-tu les cade­nas, père ?
A qui les sym­boles ?
Remémore-toi :

Il est mau­vais le des­tin du Suprême
et le lever est noc­turne.
L’étranger pro­fi­te­ra
de la géné­ro­si­té du ciel
entre­ra par des portes sou­ter­raines
et nous asper­ge­ra de venin
Scorpius-Ophiucus.
Mort pro­lon­gée.

Fais une offrande
anti­dote
accorde-nous une parole vive.
Venge le trône de la liber­té
apaise la pas­sion de Vénus.
Que le pécher nous réchauffe.

Mouille avec ta langue le fos­sé
entre l’index et le pouce
ce monde-pour-soi
cette force invi­sible
l’amour-pour-l’amour
rien d’autre.

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