Au sommet
Le jour se déploie tout entier de la huit
comme les eaux fodues par le bâton de Moïse,
au sommet du sycomore s’épanouit mystérieusement
l’Oiseau,
l’air frémit de lumière,
la solitude vire au bleu.
Atop
Wholly, the day unfolds itself from Night
like the waters parted by Moses’ cane,
atop the sycamore mysteriously blossoms The Bird,
the air trembles at the light,
loneliness turns blue.
Sur un sentier secret
Au soir un silence d’anges,
frémissement d’amandier fleuri
sur un sentier secret
qui descend jusqu’à la mer,
un ermite en sandales de ficelle prie,
son silence, une brise pure,
vêt le rivage de lumière.
On an UntroddenPath
An angelic silenceamongthe olive trees
in thetime of twilight
thefragrance of almondblossom
ontothesea,
upon an untroddenpath,
a hermit in ropesandals
prays,
hisstillnessdrifts pure andgentle,
clothingtheshore in light.
Le pérégrin
Il semble une ombre dans le lointain,
ce n’est pas un fantôme,
l’homme est bien réel,
il se tient au bord des mondes
avec eux dans un continuel affrontement,
il les maintient en équillibre,
épuisé de trahisons,
il balafre sa vie d’un signe,
un sceau pour aujourd’hui et l’au-delà du temps,
un nuage lumineux au coeur de la mélancolie,
une brise sans cesse tamisée par le ciel,
sa voix brise le lointain en deux,
une moitié traverse mon crépuscule,
l’autre écoute les murmures célestes,
les mondes invisibles qui prennent forme,
il cherche de l’eau dans le désert,
déterre la source, la rivière coule
jusqu’à remplir le désert d’une mer mousseuse,
d’un seul mot il fend
les vagues comme l’aurore
et les mondes s’ouvrent dans la rosée
des commencements guérisseurs.
The Pligrim
He seems a shadow cast by far horizon
he is no figment, the man is real,
he stands on the rim of the worlds
forever facing them,
holding them in balance, weary of
betrayals,
he engraves the living with his sign
a seal for now and for beyond time,
a luminous cloud at the heart of
melancholy
a sifted breeze ceaselessly drifting from
heaven,
his voice breaks the farness in two,
one half pierces my nightfall,
the other listens to the celestial whispers,
the unseen worlds envisioned,
searching for water in barren lands,
unravel the spring, the river flows
impetuously until it turns the desert
into a foamy sea,
by a single word it rifts
the shores as the first light
and the worlds are opening in the dew
of healing beginnings.
Sonia Elvireanu, La voix de la lumière, Giuliano Ladolfi editore, 2025.
Traduction en anglais par de Ruxandra Dragomir.















