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Tu rentres tes épaules

Par |2018-10-16T16:28:36+00:00 11 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

Comme un arbre l'attente m'a défeuillé
et ce soir tu rentres tes épaules
pour dire le men­songe d'un retour
à ton vivre brû­lant dans mon souffle :
tu n'as pour visage qu'une nuque vide,
dupe­rie sté­rile, masque du rien.

Et tu veux être pour moi cette ombre
mais c’est fumée que l'air efface,
toute espé­rance se décolle des­sé­chée
depuis que le temps n'est plus des yeux
dans les yeux et entre les pics d'une fièvre
nous ne fai­sons plus la mort joyeuse.
Nous sommes les héri­tiers d'une peine éteinte
et tu n'as plus bou­clier ni armure,
et un adieu ne se suf­fit pas au désa­veu.

Extrait de De braise en braise, 1956 -1970)
Traduction André Ughetto

 

Tu entri di spalle

 

Come albe­ro l'attesa mi ha sfo­glia­to
e tu entri di spalle sta­se­ra
per dire la bugia d'un ritor­no
al tuo vivere arden­do nel mio fia­to :
non hai per vol­to che una vuo­ta nuca,
ste­rile ingan­no, masche­ra del niente.

E tu vuoi essere per me quell'ombra
ma è fumo che l'aria can­cel­la,
si scol­la inari­di­ta ogni spe­ran­za
da quan­do il tem­po non è più degli occhi
negli occhi e tra le spine d'una febbre
più non fac­cia­mo la morte gau­dio­sa.
Siamo gli ere­di d'una pena estin­ta
e tu non hai più scu­do né arma­tu­ra,
e non bas­ta un addio a rin­ne­gar­ci.

Di brace in brace (1956-1970) 

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