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Un instant bénéfique

Par | 2018-02-25T14:37:42+00:00 27 septembre 2014|Catégories : Blog|

 

D'abord j'ai pen­sé m'évanouir, mais je me suis réveillé
à 30 miles de la ville
avec la mer sur ma droite :
et son coude, comme la chance, sur ma gauche.

Elle appuyait son pouce  et ses doigts du milieu –
à peine hui­lés – sur le haut de mon épine dor­sale
et les tirait vers le bas
vers et sur le coc­cyx et
fai­sait cou­rir ces touches lubri­fiés de nou­veau en haut
vers le cou où elle appuyait puis
vive­ment les fai­sait cou­rir en bas de nou­veau
s'attardait un ins­tant – sans pas­sion –
et len­te­ment de nou­veau vers le haut.

Depuis cette époque –
par moments – mon dos s'est cas­sé :
trop de pierres ont été sou­le­vées
cer­taines bien pla­cées sur le mur,
d'autres n'y sont jamais par­ve­nues.
Maintenant, j'accueillerais volon­tiers cette mas­seuse-là –
si c'est bien ce qu'elle était, autre­fois.

 

Traduction Marilyne Bertoncini

 

 

One Salutary Moment

 

First I thought I’d faint, but I awoke ins­tead 
about 30 miles from the city
with the sea on my right ;
and her elbow [a notion], like good for­tune, on my left.

She pres­sed her thumb and middle fin­gers –
slight­ly oiled – on my upper spine
and drew them down­wards
towards and onto the coc­cyx and
then ran those lubri­ca­ted digits back up
to the neck and put pres­sure there and
then swift­ly ran them down again
lin­ge­red awhile – pas­sion­less –
and then slow­ly all the way back up again.

In bet­ween then and now –
on and off – my back’s been brea­king ;
too many stones have been lif­ted
some have been pla­ced on the wall,
others never made it.
Now, I’d wel­come back that very mas­seuse –
if that’s what she was, way back then.