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CHEYENNE

Par | 2018-02-24T20:39:52+00:00 16 février 2013|Catégories : Blog|

 

J'ai connu le fouet du plai­sir, le fouet des idées, le fouet de la pluie
Je vou­drais sim­ple­ment ta peau contre ma peau
Cheyenne j'ai ven­du la mienne contre celle d'un ours mal léché
je n'en ai plus pour long­temps à me chauf­fer au feu blanc de l'indifférence
Bientôt on cou­pe­ra le bois d'ici
j'entends déjà la forêt gémir
j'entends la taupe et le ver qui me parlent de ter­rier où me cacher
Tu vois ma guerre n'est plus un jeu d'enfant
ma soli­tude n'est plus un nid
je ne vole plus je ne plane plus si haut
je danse cepen­dant dans la nuit
je trempe ma plume dans l'encre rouge
je me lève au soleil cou­chant
pour étu­dier la stra­té­gie de tes rêves
oui la guerre tou­jours la guerre contre tous
non que je sois pour mais je suis obli­gé
mon cœur est révol­té et mon corps n'a pas tort de lui don­ner rai­son
je n'aime pas le jour qui ment effron­té­ment
et fait tou­jours bonne figure le jour irré­pro­chable
si gris qu'il gri­se­rait même les morts
la nuit je suis lucide je vois clair
je retrouve tous les cha­cals tels qu'ils sont
quand ils ont quit­té leurs cos­tume
je tends mes pièges un peu par­tout
C'est facile tu sais au bout du compte c'est facile
tu accroches un jam­bon à ta porte
tu leurs tends un miroir défor­mant
avec leur noms en grosses lettres
et les voi­là qui se pros­ternent tous
oublieux pour­tant que la veille encore
ils n'ont pas répon­du à ta pauvre demande
Les voi­là tous comme s'ils s'étaient don­né le mot
tel­le­ment sûr de méri­ter quoique ce soit
Ils n'ont rien com­pris au jeu auquel ils jouaient
Ils viennent cette fois jouer dans ma cour
et se croient en bonne com­pa­gnie comme chez eux
S'ils savaient ce qui les attends
quel air de flute je vais leur jouer
pour les emme­ner jusqu'à la mer et les noyer comme les rats qu'ils sont
Je pré­fère les rats je pré­fère la taupe et le ver
Tu vois ma guerre tu vois ma pauvre guerre
Tu vois ma nuit blanche tu vois ma haine
Tu vois ma pos­sible revanche
Tu vois la rage dans mes yeux
Non je ne suis pas mort je danse
Je danse encore quand ils dorment
Je danse le tan­go tout nu devant ma glace
J'ai mis de la mort au rat dans ma soupe à la gri­mace
Je danse devant le buf­fet vide
la tête pleine de rêves
et j'attends qu'ils se lèvent
pour leur jeter à la figure les mots qui tuent
mais déjà beau­coup penchent
dan­ge­reu­se­ment vers le sol
Ils tombent comme des arbres pour­ris
j'en connais avides de pou­voir
qui font les pou­belles de l'histoire
Ils rampent et lèchent les pieds
des bêtes immondes
pour un bul­le­tin qui por­te­rait leur nom
mais ils tombent vous dis-je ils tombent

Laissons les tom­ber

Ils feront bonne figure sous la terre
la bonne terre sau­ra trans­for­mer ce fumier en fleur
Mais qui sera le roi des fleurs
Qui fleu­ri­ra sans façon
qui fleu­ri­ra sans rai­son
sans les façons des bar­bares
sans la rai­son du plus fort
Ah fleu­rir près de l'étang
avec des hêtres autour
à moins qu'il ne soit meilleur
d'aller fleu­rir ailleurs