« Nous sommes une pho­to­gra­phie qu’on déchire » (Le Désordre)

 

Éliane Catoni. J’aimerais par­ler d’Éliane Catoni… et pour­tant je ne sais rien d’elle. Ou si peu de chose. Des bribes. Il fau­drait recons­ti­tuer. Retrouver des docu­ments. Interroger les archives. Le nom de Catoni m’est cepen­dant fami­lier. Je le connais depuis l’enfance. Surgit toute une galaxie de noms et de visages. Le seul nom d’Éliane Catoni ravive en moi tant de sou­ve­nirs. Liés à l’été de mes dix ans. Le clan Catoni est celui d’une impor­tante famille du Cap Corse. Côte orien­tale.  Une famille ancienne et nan­tie, comme il en existe de nom­breuses sur l’île. Elle occupe le hameau ada­mique1 d’un vil­lage haut per­ché dans le maquis, invi­sible depuis la côte. Ce qui est visible et acces­sible, c’est la marine du vil­lage.

On l’aborde par la route qui longe la mer. Porticciolo. Un petit port, jadis flo­ris­sant.

Cap Corse ouest.

Aujourd’hui, à peine quelques mai­sons de pêcheurs, à fleur d’eau, flan­quées d’une tour génoise. L’ensemble des biens – demeures, mou­lins, maquis, oli­viers et vignes –  est « Terra di Catoni. »

D’Éliane Catoni, je connais quelques pho­tos. Je les ai eues entre les mains. Des pho­tos de la fra­trie. Trois jeunes filles et un jeune gar­çon. Parmi les filles, Éliane. Jolie, sou­riante et simple. De bonne famille. Une jeune fille ran­gée, selon les appa­rences. Autre pho­to de famille : un inté­rieur cos­su. Un homme impo­sant en cos­tume cra­vate et lunettes d’écaille. Les mains croi­sées sur les genoux. 

 

Capraia en bateau.

C’est Ange-Jean Catoni, le grand-père d’Éliane. Assis un peu plus loin, un jeune couple. Tout entier absor­bé par le plus âgé des enfants en bar­bo­teuse. Elle, c’est Éliane. Mais lui, qui est-il ? Je triche un peu, parce que je le sais. Je ne l’aurais certes pas iden­ti­fié de moi-même, du moins pas spon­ta­né­ment ; mais le maître de mai­son l’a iden­ti­fié pour moi. C’est lui que je suis venue cher­cher ce jour-là, dans le casone au-des­sus de la mer.  Lui, mais sur­tout Éliane. Éliane et lui. De la ter­rasse en sur­plomb où je me trouve, je scrute l’horizon. Et se des­sinent, tout en lignes douces, les contours mys­té­rieux de l’île de Capraia.

Alors ? Qui est-il ce jeune homme à la che­ve­lure de lion et au visage si fin ? C’est un tout jeune poète. Il fau­dra attendre quelques années pour qu’il atteigne la noto­rié­té qui est la sienne aujourd’hui. Mais enfin, c’est un talent pro­met­teur. Un peu endi­man­ché ce jour-là, tout comme le patriarche, cos­tume et cra­vate nouée dans un col blanc. Sont-ils déjà mariés ? Peut-être. Ils se sont mariés en décembre 1947. Éliane a alors 26 ans. Mais elle et lui vivent en couple depuis 1943.

Lorsqu’ils se ren­contrent, Éliane est étu­diante en lettres. Lui en mathé­ma­tiques. De deux ans son aînée, elle est âgée de 22 ans.

Capraia et quais de Porticciolo.

Autour d’eux gra­vitent des sym­pa­thi­sants du sur­réa­lisme : l’helléniste corse Yves Battistini, les peintres Victor Brauner et Raoul Ubac, le poète Gilbert Lely.

 

Le jeune homme assis aux côtés d’Éliane Catoni dans la demeure de Porticciolo n’est autre que le poète Yves Bonnefoy. Éliane Catoni est sa pre­mière épouse. Elle le res­te­ra jusqu’en 1961. Période où la pré­sence de Lucy Vines s’impose de manière iné­luc­table et défi­ni­tive auprès du poète. J’ignorais jusqu’à il y a peu encore – en tout cas cela m’avait échap­pé et je n’en avais gar­dé aucun sou­ve­nir -, qu’Yves Bonnefoy avait été l’époux d’une jeune Corse ; qu’il avait effec­tué de nom­breux séjours au nord de Bastia, dans le vil­lage de sa com­pagne. Il se peut qu’au cours de l’été de mes dix ans je les aie croi­sés l’un et l’autre, igno­rante de leur his­toire com­mune, igno­rante de l’un et de l’autre.

Cette pen­sée me les rend à la fois plus proches et plus énig­ma­tiques. Désormais je ne peux dis­so­cier Yves Bonnefoy d’Éliane Catoni. Je ne peux oublier qu’ils ont han­té ces lieux qui sont aus­si les miens. Avec en arrière-plan, Capraia, dont je redé­couvre la pré­sence dans les pre­mières pages de L’Arrière-Pays.

Et Capraia, si long­temps l’objet de mes vœux ! Sa forme  – une longue modu­la­tion de cimes et de pla­teaux – me sem­blait par­faite, et je ne pou­vais en déta­cher mes yeux pour des minutes entières, sur­tout le soir, depuis qu’elle avait sur­gi de la brume le second jour du pre­mier été, et tel­le­ment plus haut que je n’avais cru que se trou­vait l’horizon.2

 

Capraia vue de Santa Severa.

Cela aus­si, je l’avais oublié. J’avais pour­tant lu ces lignes et j’avais tra­ver­sé des yeux ces pay­sages sans gar­der la moindre trace de ces mots. Je ne m’étais pas non plus inter­ro­gée sur la pré­sence du poète dans le Cap Corse. Tout cela s’était effa­cé au fil de la lec­ture.

Pour ten­ter de rat­tra­per le temps, pour ten­ter d’en savoir davan­tage sur ce couple dont l’histoire lit­té­raire n’a gar­dé que peu de sou­ve­nirs, pour ten­ter de débus­quer la pré­sence d’Éliane Catoni der­rière l’omniprésence du poète, je consulte les ouvrages que je tiens à por­tée de main. Dont le numé­ro d’Europe consa­cré à Yves Bonnefoy et à son œuvre. Seul Patrick Labarthe, dans l’article inti­tu­lé « l’Archéologie du “Désordre” » évoque par deux fois la pré­sence d’Éliane Catoni dans la vie du poète à par­tir de vers extraits de L’Heure pré­sente et autres textes :

Et en haut ce n’est que noir,
Au-des­sous c’est vert éme­raude, comme la mer.
Quelle énigme, quel rien, ce jour, cette nuit,
Comme nous entrons tous les deux dans notre pre­mière chambre. 3

Ou encore :

Te sou­viens-tu /​ de notre pre­mière chambre !  4

 

 

ciel noir sur les Agriates.

Selon le cri­tique, ce vers ren­voie « au petit loge­ment de Fontenay-sous-Bois » que Bonnefoy par­ta­geait à l’époque avec Éliane Catoni. Il ne fau­drait pas cepen­dant réduire ces vers à « la simple remé­mo­ra­tion de la vie com­mune avec Éliane Catoni, pre­mière épouse du poète ». Yves Bonnefoy « allé­go­rise en ce par­tage du noir et d’un vert “intense comme la mer” la dia­lec­tique d’un des­tin et d’une poé­tique… ».

 

Mais reve­nons à Éliane Catoni. Ce qui me fas­cine dans les lec­tures que je peux effec­tuer autour de l’histoire du poète à l’époque de sa pre­mière épouse, c’est que le nom d’Éliane Catoni y soit à ce point absent. Comme si son exis­tence avec le poète, plus de quinze années durant, se sol­dait à qua­si­ment rien. Il s’avère pour­tant qu’Éliane Catoni avait une vie intel­lec­tuelle intense. Et que ses acti­vi­tés étaient au dia­pa­son de celles d’Yves Bonnefoy.

 

Pour en savoir plus, il faut plon­ger dans la Correspondance d’Yves Bonnefoy, dont je pos­sède le tome I. L’édition de cette cor­res­pon­dance a été « éta­blie, intro­duite et anno­tée par Odile Bombarde » (éga­le­ment pré­sente dans le numé­ro d’Europe) « et Patrick Labarthe ».

C’est dans ce volume impo­sant que je puise toutes les infor­ma­tions qui concernent Éliane Catoni. Tout ce que la recherche uni­ver­si­taire sait d’elle à ce jour est ras­sem­blé dans cet opus. Peut-être le tome II de cette cor­res­pon­dance (actuel­le­ment en pré­pa­ra­tion) appor­te­ra-t-il d’autres révé­la­tions sur l’importance et sur l’originalité du tra­vail d’Éliane Catoni ain­si que sur le rôle qu’Éliane Catoni a joué auprès d’Yves Bonnefoy ? J’attends donc la sor­tie de cet ouvrage avec impa­tience.

Mais reve­nons à Paris. Un an avant le mariage, en 1946, du jeune couple, tous deux col­la­borent à dif­fé­rents pro­jets et réa­li­sa­tions. Ensemble ils publient La Révolution la nuit. Le tract – titre épo­nyme d’une œuvre de Max Ernst peinte en 1926 –   a été rédi­gé ano­ny­me­ment par quatre artistes : le peintre pra­guois Iaroslav Serpan et Claude Tarnaud, peintre et poète ; mais aus­si Éliane Catoni et Yves Bonnefoy.

Lisant et reli­sant ce tract sur­réa­liste qui reprend la for­mule pro­vo­ca­trice d’André Breton, « Dieu est un porc », je m’interroge. Au cours des repas domi­ni­caux de Porticciolo, Éliane Catoni et Yves Bonnefoy évo­quaient-ils leurs acti­vi­tés estu­dian­tines sub­ver­sives ? Comment un tract aus­si contes­ta­taire et anti­clé­ri­cal que celui qu’ils avaient rédi­gé et dis­tri­bué à 500 exem­plaires pou­vait-il être reçu par le grand-père Ange-Jean Catoni, une forte per­son­na­li­té ancrée dans la tra­di­tion corse et un homme très mar­qué à droite ? Je sou­ris par-devers moi  à l’idée des dis­cus­sions hou­leuses qui ont très cer­tai­ne­ment accom­pa­gné le sau­té de veau arro­sé d’un vin du Cap !

Je regarde les pho­tos d’Éliane Catoni en jeune fille ran­gée. J’essaie de déni­cher le lien qui court secrè­te­ment entre cette jeune fille sage et l’étudiante anar­chiste, enga­gée dans la rédac­tion de tracts sur­réa­listes viru­lents : La Révolution la nuit Liberté est un mot viet­na­mien (avril 1947) ; « Dieu est-il fran­çais ? ».  Quand et com­ment la jeune femme a-t-elle pu bas­cu­ler de la brillante hel­lé­niste qu’elle est, auteure d’une Épiphanie chez Homère, à la contes­ta­taire, cosi­gna­taire avec le poète d’aphorismes comme celui de La Nouvelle Objectivité ? 

Je n’ai pas de réponse. Sauf à me remettre en tête qu’Éliane Catoni était une Parisienne. Et que ses fré­quen­ta­tions ne se bor­naient pas à la seule uni­ver­si­té. Les milieux intel­lec­tuels et artis­tiques ne lui étaient pas étran­gers. Pas plus à elle qu’à son frère Jean Catoni, étu­diant en droit et artiste, qui tra­vaillait par­fois pour le peintre Hans Bellmer. En atteste cette décla­ra­tion que le peintre adresse à Yves Bonnefoy dans une lettre d’octobre 1949 :  

 Je suis très content que le frère d’Éliane Catoni se charge du colo­riage d’une série de pho­tos. Dans dix jours, tout sera colo­rié.5

Si je par­cours la liste des cosi­gna­taires du tract Liberté est un mot viet­na­mien, force est de consta­ter que le nom d’Éliane Catoni émerge de ce tract. Avec celui de la peintre Nô Pin (N. Seigle). Elles sont d’ailleurs les deux seules femmes à tenir leur rang dans cet aréo­page :

 

Porticciolo et Capraia.

Adolphe Acker, Yves Bonnefoy, Joë Bousquet, Francis Bouvet, André Breton, Jean Brun, J.B. Brunius, Éliane Catoni, Jean Ferry, Guy Gillequin, Jacques Halpern, Arthur Harfaux, Maurice Henry, Marcel Jean, Pierre Mabille, Jehan Mayoux, Francis Meunier, Maurice Nadeau,  Henri Parisot, Henri Pastoureau,  Benjamin Péret,  N. et H. Seigle, Iaroslav Serpan, Yves Tanguy.6 (Bibliothèque lit­té­raire Jacques Doucet Archives Yves Bonnefoy).

Correctrice aux Archives Nationales, Éliane Catoni tra­vaille alors sur les épreuves du volume de la Pléiade consa­cré au mar­quis de Sade.  En témoigne une lettre que Gilbert Lely7 –  « auteur de la monu­men­tale Vie du mar­quis de Sade » et « édi­teur des Œuvres com­plètes de Sade » –  adresse à la jeune femme le 2 jan­vier 1952 :

« Chère Éliane, quels qu’ils soient, je res­pecte vos scru­pules. Je viens de rayer la petite note de ma Vie de Sade qui expri­mait ma gra­ti­tude à votre égard. Mais dans cet ordre de delea­tur, dois-je, Éliane, éga­le­ment sup­pri­mer la men­tion de votre tra­vail au bas du conte de Seide8 que je viens d’adresser à Monsieur de Sacy, pour sa revue ? J’avais ins­crit :

Transcription d’Éliane Cattoni révi­sée par G.L.” Et en effet, je m’étais ren­du à l’Arsenal où j’avais col­la­tion­né votre leçon sur une nou­velle lec­ture. (Je dois dire que votre trans­crip­tion était remar­quable de fidé­li­té… ».

Enfin, Éliane Catoni est aus­si poète. Elle est l’auteure d’un poème inti­tu­lé « Dans le lacis de tes rires ».  Poème que le tra­duc­teur et édi­teur Henri Parisot, ami des sur­réa­listes, avait pro­po­sé de publier dans sa revue Les Quatre Vents. Mais qu’est deve­nu ce poème ? Où peut-on aujourd’hui le trou­ver ?  En existe-t-il d’autres ? Autant de ques­tions que je me pose, et que la modes­tie et la dis­cré­tion de la jeune femme ont lais­sées sans réponses.

Ce qui frappe en elle, outre sa dis­cré­tion, c’est sa beau­té, au sein de ses amis de l’époque. Naïm Kattan voyait en elle « une orien­tale fran­çaise » et Salah Stétié n’hésitait pas quant à lui à faire un rap­pro­che­ment poé­tique entre elle et « Douve » : « douve elle-même par on ne sait quel éclat sombre en elle. »

 

Entre les années mar­quées par le sur­réa­lisme – Traité du pia­nisteLa Révolution la nuit, 1946 – et la publi­ca­tion au Mercure de France, en 1953, du pre­mier recueil poé­tique impor­tant de Bonnefoy, Du mou­ve­ment et de l’immobilité de Douve, a eu lieu pour Yves Bonnefoy la décou­verte de l’Italie. Et cette décou­verte s’est faite depuis la Corse. Et en com­pa­gnie d’Éliane. Avec l’île de Capraia comme point d’ancrage oni­rique. C’était au prin­temps 1950. Le couple venait de quit­ter Paris pour plu­sieurs semaines pour se rendre en Corse et assis­ter aux obsèques d’un membre de la famille Catoni. Probablement l’aïeul d’Éliane Catoni. Avant d’embarquer à Bastia pour Livourne. Début mai. De ce pre­mier voyage et des réflexions qui l’accompagnent, naî­tra L’Arrière-Pays, davan­tage rêvé que vécu, « défen­du par l’ampleur de ses mon­tagnes, scel­lé comme l’inconscient. »9

Lorsqu’en 1972 L’Arrière-Pays paraît aux édi­tions Albert Skira, le visage d’Éliane Catoni s’est depuis long­temps estom­pé. Un autre visage a fait irrup­tion dans la vie du poète : celui de sa fille Mathilde. Dont la mère est Lucy Vines, la seconde épouse du poète.

Comme dans un rêve, l’image qui revient, qui per­dure et qui m’habite, est celle d’Éliane Catoni. Une seule image. Qui flotte autour de moi et m’accompagne, indis­tincte et dis­crète. Ces quelques pages que je viens  d’écrire vont-elles m’encourager à pour­suivre la quête que j’ai entre­prise ? Cette quête, c’est à Odile Bombarde que je la dois. Et je l’en remer­cie.

Tollare.

Notes :

1 : Adjectif que j’ai for­gé à par­tir du topo­nyme du hameau Adamo.
2 : Yves Bonnefoy, L’Arrière-Pays, Éditions Gallimard, col­lec­tion Poésie/​Gallimard, 2003 (pour L’Arrière-Pays) ; 2005 (pour la post­face), page 15.
3 et 4 : Yves Bonnefoy, L’Heure pré­sente et autres textes in Patrick Labarthe, L’Archéologie du “Désordre”, Europe, mars 2018, pp. 141 et 150.
5 : « Hans Bellmer » in Yves Bonnefoy, Correspondance, tome 1, édi­tion éta­blie, intro­duite et anno­tée par Odile Bombarde et Patrick Labarthe, Paris, Les Belles
Lettres, 2018, p. 940.
6 : « André Breton » in Yves Bonnefoy, Correspondance, tome 1, édi­tion éta­blie, intro­duite et anno­tée par Odile Bombarde et Patrick Labarthe, Paris, Les Belles Lettres, 2018, p. 29.
7 : « Gilbert Lely » in Yves Bonnefoy, Correspondance, tome 1, édi­tion éta­blie, intro­duite et anno­tée par Odile Bombarde et Patrick Labarthe, Paris, Les Belles Lettres, 2018, p. 75.
8 : Marquis de Sade, Seide, conte moral et phi­lo­so­phique, pré­sen­ta­tion de Gilbert Lely, Mercure de France, 1er octobre 1952, in « Gilbert Lely » (Yves Bonnefoy, Correspondance, tome 1, édi­tion éta­blie, intro­duite et anno­tée par Odile Bombarde et Patrick Labarthe, Paris, Les Belles Lettres 2018, p. 75).
9 : Yves Bonnefoy, L’Arrière-Pays, édi­tions Gallimard, col­lec­tion Poésie/​Gallimard, 2003 (pour L’Arrière-Pays) ; 2005 (pour la post­face), p. 17.

 

Photos : Angèle Paoli

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Angèle Paoli

Angèle Paoli est née à Bastia. Elle a ensei­gné pen­dant de nom­breuses années la lit­té­ra­ture fran­çaise et l’italien. Elle vit actuel­le­ment dans un vil­lage du Cap Corse, d’où elle anime la revue numé­rique de poé­sie & de cri­tique Terres de femmes, créée en décembre 2004 avec l’éditeur Yves Thomas et le pho­to­graphe et archi­tecte Guidu Antonietti di Cinarca. Elle a publié de nom­breux ouvrages, mais aus­si des poèmes et/​ou des articles dans les revues Pas, Faire-Part, Poezibao, Francopolis, Europe, Siècle 21, La Revue des Archers, NU(e), Semicerchio, Thauma, Les Carnets d’Eucharis, DiptYque nos 1, 2 et 3, Le Quai des Lettres, Décharge, Mouvances, PLS (Place de la Sorbonne), Recours au poème, Diérèse, Terre à ciel, Paysages écrits, Secousse, Sarrazine, Mange Monde, Bacchanales, Le Pan poé­tique des Muses, Souffles, Ce Qui Reste, ...  Lauréate du Prix euro­péen de la cri­tique poé­tique fran­co­phone Aristote 2013, attri­bué par le Cénacle euro­péen fran­co­phone de Poésie, Art et Littérature. Membre du jury du Prix de poé­sie Léon-Gabriel Gros (revue Phœnix) pour l'année 2013. Invitée en tant que poète au 17e Festival de poé­sie « Voix de la Méditerranée » de Lodève (juillet 2014). Membre du comi­té de rédac­tion des revues Sarrazine et Les Carnets d'Eucharis. Poète invi­tée de « Ritratti di Poesia - Fondazione Roma » (février 2016).  Bibliographie :  ▪ Noir écrin, A Fior di Carta, Barrettali (Haute-Corse), 2007  ▪ Manfarinu, l'âne de Noël, A Fior di Carta, Barrettali (Haute-Corse), 2007  ▪ A l'aplomb du mur blanc, livre d’artiste illus­tré et réa­li­sé par Véronique Agostini, édi­tions Les Aresquiers, Frontignan, 2008 ▪ Lalla ou le chant des sables, récit-poème, édi­tions Terres de femmes, Canari (Haute-Corse), 2008. Préface de Cécile Oumhani  ▪ Corps y es-tu ?, livre d’artiste illus­tré et réa­li­sé par Véronique Agostini, édi­tions Les Aresquiers, Frontignan, mai 2009  ▪ Le Lion des Abruzzes, récit-poème, édi­tions Cousu Main, Avignon, décembre 2009. Photographies de Guidu Antonietti di Cinarca  ▪ Carnets de marche, édi­tions du Petit Pois, Béziers, juillet 2010  ▪ Camaïeux, livre d’artiste illus­tré et réa­li­sé par Véronique Agostini, édi­tions Les Aresquiers, Frontignan, sep­tembre 2010  ▪ Solitude des seuils, livre d’artiste, gra­vure de Marc Pessin sur un des­sin de Patrick Navaï, édi­tions Le Verbe et L'Empreinte [Marc Pessin], Saint-Laurent-du-Pont, octobre 2011  ▪ La Figue, livre d’artiste illus­tré et réa­li­sé par Dom et Jean Paul Ruiz, avril 2012. Préface de Denise Le Dantec  ▪ Solitude des seuils, Colonna Édition, 20167 Alata, juin 2012. Liminaire de Jean-Louis Giovannoni  ▪ De l’autre côté, édi­tions du Petit Pois, Béziers, novembre 2013  ▪ La Montagne cou­ron­née, édi­tions La Porte, Laon, mai 2014  ▪ Une fenêtre sur la mer/​Anthologie de la poé­sie corse actuelle coor­don­née par Angèle Paoli (antho­lo­gie bilingue corse/​français), Recours au poème édi­teurs, décembre 2014  ▪ Les Feuillets de la Minotaure, Revue Terres de femmes | édi­tions de Corlevour, col­lec­tion Poésie, avril 2015  ▪ l’autre côté, livre de verre et papier, réa­li­sé par Lô (Laurence Bourgeois) en 4 exem­plaires au pays de Pézenas, juin 2015  ▪ Tramonti, édi­tions Henry, Collection La main aux poètes, sep­tembre 2015  ▪ L’Isula, édi­tions Imprévues, Collection Accordéons, édi­tion numé­ro­tée, novembre 2015 ▪ Italies Fabulae, récits et nou­velles, édi­tions Al Manar, juin 2017. Postface d'Isabelle Lévesque ▪ Terres de femmes | Terre di donne, 12 poètes corses, édi­tion bilingue coor­don­née par Angèle Paoli, édi­tions des Lisières, Collection Hêtraie (voix poé­tiques fémi­nines bilingues), juillet 2017 ▪ Artemisia allo spec­chio, Vita Activa Editoria, Collana Trame, Trieste, juin 2018 Ouvrages en col­la­bo­ra­tion :  ▪ Philippe Jambert (pho­tos) et Angèle Paoli (textes), Aux portes de l'île, Editions Galéa, juillet 2011  ▪ Angèle Paoli et Paul-François Paoli, Les Romans de la Corse,éditions du Rocher, juin 2012  ▪ Anthologie Pas d’ici, pas d’ailleurs (antho­lo­gie fran­co­phone de voix fémi­nines contemporaines)(poèmes réunis par Sabine Huynh, Andrée Lacelle, Angèle Paoli et Aurélie Tourniaire - en par­te­na­riat avec la revue Terres de femmes), édi­tions Voix d’encre, juillet 2012.  ▪ Philippe Jambert (pho­tos) et Angèle Paoli (textes), Fontaines de Corse, Editions Galéa, juin 2014.  ▪ Angèle Paoli (texte) & David Hébert (des­sins), Corse, édi­tions des Vanneaux, Collection Carnets nomades, juin 2018 ▪ Angèle Paoli & Stéphan Causse, Rendez-vous à l’arbre bruyère, édi­tions Al Manar, col­lec­tion Poésie. Aquarelles de Caroline François-Rubino, juin 2018 ▪ Angèle Paoli & Maria Desmée, Dans le jar­din des simples, Les Cahiers du Museur, Collection « À Côté », diri­gée par Alain Freixe, 2018. Traductions :  ▪ Luigia Sorrentino, Olimpia/​Olympia, Interlinea edi­zio­ni, Novara, 2013 | Recours au poème édi­tions, 2015  ▪ Luigia Sorrentino, Figura d’acqua/Figure de l’eau, aqua­relles de Caroline François-Rubino (à paraître en juin 2017 aux édi­tions Al Manar)  Préfaces/​postfaces :  ▪ Préface de : Stéphane Guiraud, Le Cap Corse, Ghiro édi­tion, février 2015  ▪ Préface de : Martine-Gabrielle Konorski, Une lumière s’accorde, édi­tions Le Nouvel Athanor, Collection Ivoire, 2016 ▪ « Dans la ruche ouverte du poème, la parole tra­ver­sière », post­face de : Sylvie Fabre G., La Maison sans vitres, La Passe du vent éd. (à paraître au prin­temps 2017)