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ET L’AMOUR QUI VIENDRAIT

Par | 2018-02-22T21:53:07+00:00 26 avril 2014|Catégories : Blog|

 

  Quelques allers-retours en boucle pour mieux se retrou­ver au point de départ.

  Quelques ques­tions obs­cures pour seule façon de répondre à cer­taines réponses de cris­tal.

  Quelques déserts de sel, la dou­ceur des océans en prime ; et la jeu­nesse, en offrande, priée de vieillir dans le vent, pour navire et pour épave.

 

Dans votre livre il y aurait

Le livre tout entier de moi

Et moi dans ce livre secret

Qui ne par­le­rait que de vous

 

    Quelque lien du sang à pour­suivre, fil rouge étrange des soli­tudes de soi, sans peur de se ren­con­trer, en aucun lieu, dans la toute puis­sance par­ta­gée de la crainte ; dans le noir, sans savoir où les lèvres écla­tées, la langue dou­lou­reuse, les yeux, ailleurs, s’en iront pleu­rer…

   

Votre vie serait la mienne

Et ma mort serait la vôtre

Et la nuit boi­rait la nuit

Puisant là au jour le jour

De plus pro­fondes clar­tés

 

    Quelques-uns, ran­don­neurs éper­dus, aban­don­nés depuis long­temps par leurs pairs, por­tés malades vers où le fleuve écarte ses bras, pousses d’âmes plan­tées, replan­tées, invi­tés, réin­ven­tés par la mer, écrivent sur le sable mouillé leurs vieilles colères de crabes ; et le silence des armes, et le ciel scin­tillant de la soif, encore, dans leurs cœurs convain­cus.      

 

Ascèse des plus anciennes sym­pho­nies

Lumière la plus infir­me­ment par­lée

Ténèbre la plus ten­dre­ment har­mo­nie

D’une guerre qui nous gué­ri­rait d’emblée

 

    Quelques pas, pour finir, sur quelques terres éphé­mères, défiant au bras de fer l’infini, ajou­tant à la simple encoche d’autrefois tous ces moments pas­sés, sans les bons, ni les méchants.

    Un pied devant l’autre, sans doute un peu moins ivre, un peu moins insou­mis, peut-être même à l’œuvre du libre.

    Le soleil sans la brû­lure.

    Des cailloux plein les poches.

 

Et l’amour qui vien­drait

Mon amour

Ne goû­te­rait ni l’or

Ni le fruit

 

                                                                                                                       

Les Cahiers de la rue Ventura N°11

(février 2011)