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JE MARCHE SEUL ET POURTANT

Par |2018-11-19T02:09:51+00:00 1 novembre 2013|Catégories : Blog|

 

Je marche seul pour­tant je te vois par­tout nar­guer les comé­diens
Qui s’échinent à apprendre des textes, détruire d’une voix forte
Ce que l’auteur n’a pas vou­lu dire il danse la lam­ba­da dans son tom­beau
Personne ne lui demande son avis
Nous étions d’accord là-des­sus et pleins d’autres sujets nous ont réunis
Pour le meilleur quelques années c’est ample­ment suf­fi­sant
Je ne regrette pas d’avoir mis ma tête à prix dans des maga­zines à la con
Je me sou­viens j’ai trou­vé des réponses aux ques­tions que je ne me suis pas posées

Je marche seul pour­tant je te vois par­tout navi­guer sur mes fleuves
Ils ne t’appartiennent pas et moi je suis malade comme un petit chien aux poils longs
J’attends qu’on me trouve une place au chaud dans des bras bien­veillants
Les can­di­da­tures sont ouvertes, ven­dez-moi du rêve
Je veux oublier que je ne tiens plus debout trois fois par semaine
Qu’il faut par­fois contre son gré s’endormir au creux d’un corps le cœur qui bat
Comme un volet mal fer­mé en pleine tem­pête

Je marche seul pour­tant je te vois par­tout bran­dir le dra­peau fran­çais
Les cou­leurs ont chan­gé moi j’ai per­du les miennes et celles de ma famille
La jeu­nesse une valeur fausse impo­sée et les cha­grins d’amour des sou­cis d’enfants gâtés
Tous les soirs c’est pareil la prière demain les tar­tines vont tom­ber du bon côté
Je ne regrette pas d’avoir eu mal aux pieds pour venir te rejoindre aux bords des pré­ci­pices
Quelques années bien­tôt et je ne sais tou­jours pas qui tu es
Nous avons sillon­né le monde à recu­lons per­sua­dés d’être plus fort la haine était un moteur
Ton cœur tirait sur sa laisse j’avais dans mes encres des cen­taines de romans inache­vés

Je marche seul pour­tant je te vois par­tout m’attendre au coin des rues sans lumière
Quand nous avions de quoi pré­tendre à l’insolence nos exis­tences n’étaient pas amar­rées
Aux cornes de béton plan­tées sur la jetée d’une ville que je déteste autant que toi
Maintenant c’est la vie non vécue les pay­sages ima­gi­nés mes dou­leurs ont séché
Sur un fil ten­du entre deux murs dégoû­tants où dieu vient par­fois pis­ser
Le tem­po de ton cœur était un mor­ceau ample­ment suf­fi­sant pour quelqu’un
Qui ne connaît pas grand-chose à la grande musique, la culture avec un gros cul
M’oblige à bais­ser la tête pour mettre le nez dans mes sale­tés je vou­drais tant
Que nous puis­sions mar­cher un peu comme avant sur la plage d’une ville hors-sai­son
Je marche seule pour­tant je te vois par­tout oublier ton pré­nom.
 

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