> Jean-Paul Michel, “Autour d’eux, la vie sacrée…”

Jean-Paul Michel, “Autour d’eux, la vie sacrée…”

Par | 2018-05-22T19:47:33+00:00 24 février 2013|Catégories : Critiques|

« Autour d’Eux la vie sacrée, dans sa fraî­cheur émou­vante … »
ou Jean-Paul MICHEL et le Partage

 

« […] celui qui, plus encore qu’il aime, aime aimer » (p.18)

 

Avec quelle obs­ti­na­tion Jean-Paul MICHEL res­sus­cite les Vivants.
Même morts il va les visi­ter outre-tombe sur les traces de leur vie, jusqu’à leur der­nière demeure :

« Les enfants assis sur la pierre du seuil de l’église de Vendeuvre se sont regar­dés avec éton­ne­ment de ma demande du cime­tière. »

pour en extraire une épi­taphe (cf. pho­to­gra­phie page 241 du Préau des Collines n°10, dédié à Jean-Paul MICHEL) impri­mée au fron­ton de sa décla­ra­tion d’Amour :

« Touche, si tu peux,
Et tu sen­ti­ras,
Combien dure est la dou­leur,
Combien dure est la joie … »

Jiři Orten

 

D’amour, il est ques­tion dans ce livre : « Je l’aime […] » (p. 39)

Nous pou­vons être recon­nais­sants aux vivants pour « ser­vice ren­du » – cynisme !
Nous savons aimer les morts car nous croyons ne pas leur être rede­vable – cynisme ! Ceux qu’aiment Jean-Paul MICHEL sont Vivants à l’instar de Friedrich Hölderlin : « On revient à leur voix par besoin – d’un peu de vio­lence assez forte qui lave » (p. 43).
Nous devons aimer les Vivants pour ce que nous par­ta­geons avec eux, « Nous entre­con­noistre tous pour com­pai­gnons ou plus­tost pour frères » (Etienne de la Boëtie, p. 91), pour ce que nous ne sommes pas, « J’aime Kenneth White pour ce qu’il n’est pas moi » (p. 38), pour mille com­bi­nai­sons d’un être à un autre qui demeurent ami­tié.

Cette ami­tié qui « sus­pend les contra­dic­tions poli­tiques et tient sa gloire de les rame­ner à rien » (p. 18), pour le goût de la nuance.

Et l’exigence de savoir recon­naître ses contem­po­rains (« Aucune lec­ture contem­po­raine n’a pro­duit sur moi cet effet depuis des années, ni ce trouble » (p. 87)) avant qu’ils ne meurent : « […] Pontevia par­lant de la Grâce le /​ Cancer ron­geant son foie […] » (p. 104)

Ce recueil poé­tique se clô­ture sur un poème en vers, der­nier hom­mage de notes éparses, de proses réflexives … de dis­tinc­tion de soi, qui sont aus­si poé­sie et déchi­rure qu’un peu de par­tage et de fra­ter­ni­té apaisent.

 

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