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LA NUIT DU CENTAUREAU

Par |2018-08-19T17:49:51+00:00 10 août 2013|Catégories : Blog|

 

C’est une meute de loups qui débusque un cen­tau­reau.
La louve de Rome allaite Romulus tout vert du bois
Et Remus tout rouge de honte. Sous la pro­tec­tion
Du cen­tu­rion cen­tau­reau, il place sa hou­pette.
C’est lui qui porte une per­ruque de cornes.
Mais que sonnent les puis­sants buc­cins et les trom­pettes.
De fin cuivre des bat­te­ries ; Nemus appelle le tau­reau
À tête de veau et à corps d’homme blan­chi
Par les épreuves du feu, du sel et de l’eau marine.
Tous ces trou­peaux splen­dides courent et se pour­suivent
Dans les immenses forêts de trompes et de ton­neaux.
Le cen­tau­reau et ses com­pa­gnons éventrent les loups,
Entravent les fauves et défoncent les ventres mûrs,
Des tripes regor­geant de faillites et de paillettes.
Les longues cornes d’abondances de l’or poli
Écrasent les entrailles et font écla­ter des pou­mons.
L’air com­prime des éoles et des autres cou­rants de l’air
Du temps, des fleurs séchées tom­bées des rou­leaux,
Des amphores rap­por­tées au bord des sables marins.
Le cen­tau­reau Nemus, Minotaure oublié,
A lais­sé son secret à la porte des laby­rinthes loin­tains.
De sa mâchoire car­ni­vore il tranche les cous des louves
Qui glissent mal­heu­reux cadavres romains dans le gouffre
Sonore des fonds infer­naux fré­quen­tés par Cerbère.
Les col­lines reten­tissent des cla­meurs ani­males
Et des son­ne­ries guer­rières des légions cen­tau­riennes.
O Roi Minos que n’as-tu gar­dé sur tes colonnes de marbre
Et tes temples orgueilleux et tes palais dorés,
Les grands monstres de pierre qui dévorent tes troupes.
S’accouplera-t-il avec une génisse de Crète ou une dame de Lakis ?
C’est à l’île qu’il naquit et aux rives ibères qu’il périt.
 

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