La Perte du temps, Werner Lambersy

Par |2021-10-19T12:49:52+02:00 18 octobre 2021|Catégories : Actualités|

Wern­er LAMBERSY vient de nous quit­ter, le 18 octo­bre. Aucun mot ne suf­fi­ra à dire com­bi­en est grande la perte de cet immense poète et homme, homme et poète, celui que Philippe Bouret appelait “L’or­pailleur de l’om­bre” et à qui il avait dédié cet arti­cle paru dans la revue A Lit­téra­ture-Action. Nous le pub­lions ici, pour ren­dre hom­mage à celui qui nous man­quera irrémé­di­a­ble­ment.

Wern­er Lam­ber­sy, l’orpailleur de l’ombre

Ren­con­tr­er Wern­er Lam­ber­sy, c’est se laiss­er grif­fer par l’écriture d’un magi­cien, d’un bâtis­seur qui pré­tend que la mélan­col­ie est son fond de com­merce. L’ivresse ne se fait pas atten­dre, elle s’impose quand l’oreille com­mence à par­ler. Alors la voix du silence incise l’intérieur du mur de notre igno­rance et vient effleur­er notre désir de savoir. Lam­ber­sy ne recule pas, il cherche l’épine du bout des lèvres pour inter­cepter la mor­sure pri­mor­diale de la langue avant le phonème du pre­mier chant. Il montre.

On a déjà tout écrit. Mais ce n’était pas moi…Et ça change tout. Alors Wern­er Lam­ber­sy mord la langue à pleines dents jusqu’à l’os. Au creux de son palais, dans un mélange de salive et de cail­loux, cet orpailleur de l’ombre, des ténèbres même, traque la sig­na­ture du réel et mâche la let­tre pour en extraire la sève. « Jamais le poème n’a per­du le réel de vue »

“La déc­la­ra­tion”, pub­lié en avril 2018 comme Livret d’Artiste par Rougi­er V. édi­tions, accom­pa­g­né des pein­tures de Vin­cent Rougi­er. Morceaux choi­sis et lus par Cathy Gar­cia Canalès.

Sur les Takkimes pré-achéménides — briques inscrites de Mésopotamie — une par­tie du texte demeure cachée au regard dans une sig­ni­fi­ca­tion qui ne se boucle pas. Le secret est emmuré. Serait-ce le lieu de « l’imprononçable » cher à Lam­ber­sy qui serait ici épinglé, celui de l’inscription dans un en-creux du corps qui reste à décou­vrir ou à ignor­er à tout jamais ?

La beauté chez lui est insue, mais elle est sup­posée. Elle n’existe pas et ne se sou­tient que d’être la cause du désir qui la vise sans jamais l’atteindre. La beauté C’est d’abord ce qui se désire.

Dans Con­ver­sa­tion à l’intérieur d’un mur, le poète n’est pas dupe et nous con­duit vers un efface­ment dont la trace reste le dernier rem­part con­tre le dis­cours du maître. Sa décou­verte des pier­res inscrites de Sumer ori­ente son écri­t­ure et la mise en page de ses textes. Wern­er Lam­ber­sy « écrit comme une brique » et aligne ses tris­tiques et ses stro­phes de qua­tre vers comme on élève une muraille. Le lecteur est prévenu.

Poèmes
Où jamais ne savoir
Ce qui vrai­ment est écrit
Conversation
À l’intérieur d’un mur
Pour que per­son­ne n’entende

« Les briques sont tournées, avec le secret vers l’intérieur. Le texte est dans le mur…[…] Je me suis dit qu’il serait bien de par­ler à quelqu’un dans le secret du mur » C’est ce que Wern­er Lam­ber­sy dit dans Ligne de fond et c’est à moi qu’il a choisi de s’adresser . Alors, grâce à lui, je suis entré à l’intérieur du mur.

Engagé, décidé et sans relâche, il cherche l’épine dans le ronci­er des âmes, il caresse d’une main ferme la mor­sure pri­mor­diale de la langue sur le corps, au bord de la chair muette quand n’a pas encore jail­li le phonème d’avant les mots. Wern­er Lam­ber­sy est un homme du frag­ment, de la coupure, de la schise. Il est là où ça s’écrit en silence au pla­fond, la nuit. Qu’il s’agisse de celui de sa cham­bre ou de celui du monde, il est là au bon moment, il est là quand le poème arrive comme une encre blanche, comme la mar­que de la soie sur la peau du féminin. Et par­fois non…ça n’arrive pas.

Par­mi les choses…, Wern­er Lam­ber­sy textes lus par jlmi.

Le poème serait donc une ten­ta­tive de lire ce qui est écrit à l’intérieur du mur, la con­ver­sa­tion sans pourquoi qui pour­rait advenir. Mais, le poète n’est pas dupe… Le livre… Serait une suite de pages… Blanch­es… même s’il parvient à nous faire croire le contraire.

Wern­er Lam­ber­sy est un maître de l’illusion et à par­tir du moment où il déclare que nous n’avons point besoin de men­tir, puisque les mots le font pour nous, il nous embar­que dans son oeu­vre et dénonce en même temps que « l’art est une filouterie » comme dis­ait Mal­lar­mé. Le poète Lam­ber­sy nous mène dans un bateau qui prend l’eau, il nous le dit, il nous mon­tre les trous dans la coque, les déchirures dans les voiles, la cale vide et cepen­dant et nous y croyons quand même et nous mon­tons à bord. Rares sont les poètes qui vont jusque là, au lit­toral abrupt des non-dupes.

Dans Con­ver­sa­tion à l’intérieur d’un mur, d’emblée, comme un aver­tisse­ment, on annonce la couleur.

Lui, le poète, qui n’a peur de rien – peut-être un peu de la psy­ch­analyse – sait cette capac­ité du mot à miroi­ter pour l’alouette, à user du trompe l’œil pour mieux dis­simuler. Lam­ber­sy ne serait-il pas lui-même cette let­tre inscrite à l’intérieur du mur, à jamais dans l’ombre jusqu’à ce que le temps et la ruine lais­sent appa­raitre quelques traces, quelques restes de la cal­ligra­phie du pau­vre, une vérité pas-toute, usée par le temps. Il suit ain­si Lautréa­mont : « Écris, mais fais en sorte qu’on ne te retrou­ve jamais ».

Wern­er Lam­ber­sy est dans cette veine-là, et avec elle, il fait œuvre de poésie. Il indique mais ne dévoile pas. Il s’appuie sur son expéri­ence vécue et sur l’expérience de l’écriture sans dis­soci­er l’une de l’autre. Comme il est un corps par­lant, Lam­ber­sy est un corps écrivant qui ne peut s’arrêter d’écrire sans pourquoi, lais­sant tou­jours le recours à l’artifice en sus­pend. Quand Mal­lar­mé tente de descen­dre au plus bas du lan­gage et taille à vif dans le corps de la phrase pour ne garder que l’indispensable, Lam­ber­sy nous entraine dans ses tours de passe-passe, soutenu par une éthique magis­trale. Il s’interdit d’utiliser l’artifice du mot de manière inadap­tée. Si le corps sait que les mots mentent, le poète, lui, s’impose un respect, car der­rière le jeu de l’illusion il déplie page après page la grande ques­tion de l’inscription. Alors respect !

DC 10, Wern­er Lam­ber­sy dit par Wern­er Lambersy.

Déjà
Ce que j’écris
S’efface en l’écrivant
Comme une lampe
Encore chaude
Que la lumière a fui
Un phare
Qui ne sait plus
Où la mer s’est retirée
Un oiseau
Qui se retourne
Et ne voit rien du vent
Qu’il a brassé

Le rideau se lève. Appa­rait alors le magi­cien-poète qui nous fait le coup de « La femme coupée en deux », un clas­sique. Là où Céline et Mauras nous indi­queraient que la femme peut être réelle­ment coupée en deux, Lam­ber­sy se l’interdit, il dénonce la supercherie, il mon­tre « y a un truc » et pour­tant on y croit. C’est là tout son tal­ent, c’est là toute son éthique :

La fine épée de l’éphémère
Tout ça, grâce à l’amour
Des océans de plumes sur
La peau enfantine
De nos âmes

Dans le recueil, le lecteur est invité à l’intérieur même du mur, car c’est avec lui et là que le poète veut avoir une con­ver­sa­tion. Il le con­voque et veut lui mon­tr­er le lieu où ça s’écrit. Là où l’illusion lan­gag­ière est dénon­cée dans un mi-dire du dévoile­ment… dans un pas-tout de la fallace.

Lam­ber­sy ouvre au lecteur les portes de lui-même où, con­fron­té à la langue il n’a de cesse de faire l’expérience du trou, de l’imprononçable à chaque trait de plume renou­velé. « Ça ne cesse pas de ne pas s’écrire » dit Lacan.

Alors, moi, lecteur, je lis plusieurs fois, je con­sens à suiv­re le poète, mon étrange et mon sem­blable qui me con­duit vers « Le silence du lan­gage ». Là, il ne me laisse plus le choix, je m’engage ou je fuis. Alors je pro­gresse avec lui vers le lieu où « Quelque chose se tait. Quelqu’un peut-être ? Quelqu’un d’autre ? Quelque chose se tue à par­ler.» — dit Lili Frikh — et que seule l’expérience de l’écriture per­met d’atteindre, parce qu’elle est une « expéri­ence lim­ite ». Lam­ber­sy m’a dit un jour « La poésie est un sport extrême » et immé­di­ate­ment il a dis­paru. À cet instant, j’ai su dans mon corps que pour lui, « Se cacher » fait œuvre de poésie. J’étais arrivé en ce lieu où la con­ver­sa­tion à l’intérieur du mur acquière la puis­sance du coup de foudre. C’est alors que nous avons pu par­ler sans mots et à voix haute. Car c’est là que le « ciseau du souf­fle » opère. Le trans­met­teur de l’élan créa­teur – qui reçoit sur la tête la force d’un amour sans nom – fait à la fois œuvre de gravure et d’occultation. Il creuse son sil­lon hors de la vue, mais pas hors du regard de l’autre. Charge au lecteur de ne pas se retrou­ver à tout jamais emmuré vivant dans un éter­nel mono­logue avec la nuit.

Un jour, peut-être la brique inscrite renaîtra‑t’elle de la ruine…avec obstination ?

Con­ver­sa­tion à l’intérieur d’un mur est un tour de pres­tidig­i­ta­tion exé­cuté à mains nues et sans filet, là où s’abreuvent les poètes « à des sources qui ne sont pas encore acces­si­bles à la sci­ence » dis­ait Freud. Le psy­ch­an­a­lyste, « Homme vul­gaire » — tou­jours Freud — est alors saisi. Puisse- t’il deman­der, ques­tion­ner, qué­man­der pour obtenir quelque grain à moudre et ouvrir son moulin au champ de l’autre ; extraire le savoir léger emporté par le vent du désir et le faire sien comme un savoir nouveau.

Wern­er Lam­ber­sy écrit le corps défendu de la langue du père avec les mots, le désir et « la musique à bouche » de la mère, ces sig­nifi­ants de la ren­con­tre avec le réel dont le corps du poète se sou­vient. Car ce sont les mots de la mère qui vien­nent dire l’horreur.

« Même si je ne me rap­pelle pas le moment, je me sou­viens très bien de la chose…[…] c’est inscrit dans mon corps, c’est un sou­venir du corps qui me per­met de dire « Je me sou­viens » déclare t’il dans Ligne de fond. Le cri lui per­me­t­tra de pass­er out­re la ques­tion du Nom-du-Père, ce cri, qui avant toute sig­ni­fi­ca­tion, le sauve.

Lam­ber­sy mon­tre à ciel ouvert le leurre dont il fait usage. C’est à l’intérieur du mur que ça se passe, que ça se dit, que ça se dénonce, que ça s’inscrit dans un dia­logue avec l’éternité. Le lecteur ne perçoit que le souf­fle d’un désir d’écrivain qui lui demeure inac­ces­si­ble. Con­sent-il à rejoin­dre le poète à l’intérieur du mur pour espér­er, un jour lire quelques bribes de ce qui est là, inscrit ? Une errance à la Blan­chot, une errance qui est erreur. C’est quand le sujet est per­du que la rigueur advient. « J’écris comme une brique » dit Lam­ber­sy. Doit-on le croire ? Pour le savoir, il faut miser.

Dans Con­ver­sa­tion à l’intérieur d’un mur, le maître de l’illusion est aus­si un homme de la colère, car il est l’enfant de la mor­sure, celle qui est aux fonde­ments de l’humanité, aux prémices de sa pro­pre human­ité. Le sig­nifi­ant a fait effrac­tion dans son corps et a mar­qué l’enveloppe char­nelle du petit enfant en uni­forme noir. Con­fron­té aux habits du père qu’il se ver­ra offerts par le père lui-même (L’uniforme d’Officier de la Waf­fen SS en papi­er crépon et taffe­tas noirs) pour un car­naval macabre et mor­tifère, le sujet Lam­ber­sy a opéré une sub­sti­tu­tion en tis­sant de nou­veaux vête­ments avec les mots pour que le monde soit viv­able. Depuis, il com­bat sans relâche les dis­cours et les régimes total­i­taires. Il dénonce l’usage du mot-pro­pa­gande en lui opposant le mot-poème. Le ver­sant poli­tique est là, dans ce recueil, inscrit sur les briques, écrit par les briques. Wern­er Lam­ber­sy ne recule pas devant le réel, il est celui qui demeure tou­jours aux côtés…

Lec­ture con­finée 11 : Wern­er Lambersy.

De ceux
qui avaient per­du leurs ailes
Les hommes
Dans les hachoirs à viande
De l’argent
De la guerre et du pouvoir
Faisant ce qu’ils pouvaient

Écrire, c’est sauver sa peau coûte que coûte. Pour cela il faut pari­er sur le désir et sur celle qui le cause : La Femme. Même si Wern­er Lam­ber­sy pré­tend que l’amour est …

Imprononçable à force
D’être lavé
Dans la machine des mots

… il écrit Pour Patri­cia et là, les tris­tiques nous happe.

Amants
Qui reculez
Dans la lumière aveugle
Comme on avance
Vers l’abîme ténébreux
du début
Soyez
L’arbre dans les quatre
Elé­ments la ronde
De l’aubier tendre
Sous l’écorce des nuits
Le rire aussi
De la feuille qui trem­ble si souvent
Et de ce trouble
Qui fouille dans l’espace

Wern­er Lam­ber­sy n’a jamais emboité le pas à la tragédie, jamais il n’a ten­té de faire revivre au lecteur ce qu’il en est de la perte. À aucun moment de son œuvre il n’a mis en scène le trag­ique. Dans Con­ver­sa­tion à l’intérieur d’un mur, le poète Lam­ber­sy n’a de cesse de jouer sa pro­pre tragédie et d’écrire son des­tin. Com­prenne qui pourra…

Et un jour, si vous passez près d’un mur, collez votre oreille con­tre les briques, vous enten­drez peut-être chu­chot­er Fla­mand ciseau du souf­fle ou bien seul le silence vous dira sa présence.

Je dis Wern­er Lam­ber­sy, ALT — philippe bouret.

Présentation de l’auteur

Werner Lambersy

Wern­er Lam­ber­sy est un poète belge né à Anvers le 16 novem­bre 1941. Il vit à Paris. Auteur d’une quar­an­taine de recueils, il est une voix majeure de la lit­téra­ture francophone. 

 

  • Bib­li­ogra­phie 
  • Caerulea, 1967
  • À cogne-mots, 1968
  • Haute Ten­sion, 1969
  • Temps fes­tif, 1970
  • Silen­ci­aire, 1971
  • Moments diès­es, 1972
  • Groupes de réso­nances, 1973
  • Pro­to­cole d’une ren­con­tre, 1975
  • Maîtres et Maisons de thé, 1979
  • Le Déplace­ment du fou, 1982
  • Paysage avec homme nu dans la neige, 1982
  • Géo­gra­phies et Mobiliers, 1985
  • Kom­boloï, suivi de Chand-Mala, 1985
  • Noces noires, 1987
  • L’Arche et la cloche, 1988
  • Un goût de champignon après la pluie, 1988
  • Archi­tec­ture nuit, 1992
  • L’éc­ume de mer est souter­raine, 1993
  • Le Nom imprononçable du suave, 1993
  • Anvers ou les anges per­vers, 1994
  • Front de taille. Édi­tion orig­i­nale, (avec des encres de Robert Clévi­er), 1995
  • Étés (avec Hen­ry Bauchau), 1997
  • 12 poèmes ven­tril­o­ques, 1998
  • La Légende du poème, 1998
  • Errénité, 1999
  • Dites trente-trois, c’est un poème, 2000
  • Ecce homo (jeu-par­ti) (avec Otto Ganz), 2002
  • À feu ouverts, avec des encres de Claire Dumon­teil, Fédéra­tions des œuvres laïques de l’Ardèche, 2004
  • Rubis sur l’on­gle, édi­tions Her­maph­ro­dite, 2005
  • Le Roi Berdagot : farce en sept tableaux, Rougi­er, 2005
  • L’In­ven­tion du passé : 1971–1977, Le Tail­lis pré, 2005
  • Coïm­bra, Dumerchez, 2005
  • Achill Island note book, édi­tions Rhubarbe 2006
  • Par­fums d’apoc­a­lypse, édi­tions l’Amouri­er, 2006
  • La Toi­lette du mort, suivi de Ezra Loomis Pound, L’Âge d’Homme, 2006
  • Cor­ri­dors secrets, avec des dessins de Didi­er Ser­plet, 2007
  • Quelque chose qui lui par­lait tam­bours, avec des estam­pes de Yves Pic­quet, édi­tions Dou­ble Cloche, 2009
  • Jacques Zabor, illus­tra­tions de Tudor Banus et Otto Ganz, édi­tions le Moulin de l’é­toile, 2008
  • Impromp­tu de la piscine des ami­raux, édi­tions La Porte, 2008
  • Te spectem, avec des pein­tures de Richard Bréchet, édi­tions Tipaza, 2009
  • La Per­cée du jour, avec des pho­togra­phies de Yves Pic­quet, édi­tions Dou­ble Cloche, 2009
  • Éro­sion du silence, avec des pho­togra­phies de Jean-Pol Ster­cq, édi­tions Rhubarbe, 2009
  • Devant la porte, avec des pho­togra­phies de Claude Allart, édi­tions du Cygne, 2009
  • Pluies noires, avec des gravures de Chris­tine Gen­­dre-Bergère, M. Bren­ner, 2010
  • Con­ver­sa­tion à l’in­térieur d’un mur, 2011
  • Un con­cert d’Archie Shepp, édi­tions La Porte, 2011
  • À l’om­bre du Bon­saï, 2012 — L’Âne qui butine
  • Quelques petites choses à mur­mur­er à l’or­eille des mourants, édi­tions La Porte, 2012
  • Le Cahi­er romain, édi­tions du Cygne, 2012
  • Pina Bausch, illus­tra­tions de Amath­éü & Ganz, édi­tions du Cygne, 2013
  • Opsi­math : la nuit, Rougi­er, 2013
  • L’Assèche­ment du Zuiderzee, édi­tions Rhubarbe, 2013
  • Le Mangeur de nèfles : haïkus libres, Pip­pa, 2014
  • Déluges et autres péripéties, édi­tions La Porte, 2014
  • Dernières nou­velles d’Ulysse, 2015
  • Escaut ! Salut: suite zwanz­ique et folk­loresque, 2015 — Opi­um Éditions
  • In angu­lo cum libro, Al Man­ar, 2015, avec Diane de Bournazel
  • Dernières nou­velles d’Ulysse : avis de recherche, Rougi­er, 2015
  • Un requiem alle­mand 1986, édi­tions Car­ac­tères, 2015
  • La Perte du temps suivi de On ne peut pas dépenser des cen­times, Cas­tor Astral, 2015 — Prix Mal­lar­mé et prix Théophile-Gautier
  • La Dent tombée de mon­tagne, Dumerchez, 2015
  • Anvers ou Les anges per­vers, réc­it, Espace Nord, 2015
  • Epi­tapheïon, édi­tions La Porte, 2016
  • D’un bol comme image du monde, avec illus­tra­tions de Lee Ye Ji et Thai Le Dinh, Pip­pa, 2016
  • Vie et mort du sen­ti­ment étrange d’être dieu, édi­tions La Porte, 2017
  • Le Sous-marin de papi­er, avec des illus­tra­tions de Aude Léonard, Møtus, 2017
  • Let­tres à un vieux poète, édi­tions Car­ac­tères, 2017
  • Hom­mage à Calder, édi­tions Rhubarbe, 2017
  • La Chute de la grande roue, suivi de Les gril­lons chantent la nuit ; de En dehors et autour ; et de Paresseux Dimanch­es, Le Cas­tor Astral, 2017
  • Ball-trap, illus­tra­tions Lau­rence Skivée, 2017 — L’Âne qui butine
  • Bureau des soli­tudes, édi­tions La Porte, 2018
  • Maîtres et maisons de thé, édi­tions Rhubarbe, 2019
  • La Musique à bouche, illus­tra­tions de Philippe Bouret, édi­tions du Petit Véhicule, coll. « l’Or du temps » no 150, 2019
  • Le grand poème, édi­tions Car­ac­tères, 2019
  • L’A­gen­da­da, édi­tions Rougi­er, 2019
  • Brainx­it, avec des pho­togra­phies des sculp­tures de Wan­da Mihuleac, édi­tions Tran­signum, 2019.Les Con­voyeurs atten­dent, jour­nal sauvage, édi­tions Rhubarbe, 20
  • Le fes­tin de vivre, 2020 — L’Âne qui butine
  • Devant la porte, avec des pho­togra­phies de Claude Allart, édi­tions du Cygne, 2009
  • Pluies noires, avec des gravures de Chris­tine Gen­­dre-Bergère, M. Bren­ner, 2010
  • Con­ver­sa­tion à l’in­térieur d’un mur, 2011
  • Un con­cert d’Archie Shepp, édi­tions La Porte, 2011
  • À l’om­bre du Bon­saï, 2012 — L’Âne qui butine
  • Quelques petites choses à mur­mur­er à l’or­eille des mourants, édi­tions La Porte, 2012
  • Le Cahi­er romain, édi­tions du Cygne, 2012
  • Pina Bausch, illus­tra­tions de Amath­éü & Ganz, édi­tions du Cygne, 2013
  • Opsi­math : la nuit, Rougi­er, 2013
  • L’Assèche­ment du Zuiderzee, édi­tions Rhubarbe, 2013
  • Le Mangeur de nèfles : haïkus libres, Pip­pa, 2014
  • Déluges et autres péripéties, édi­tions La Porte, 2014
  • Dernières nou­velles d’Ulysse, 2015
  • Escaut ! Salut: suite zwanz­ique et folk­loresque, 2015 — Opi­um Éditions
  • In angu­lo cum libro, Al Man­ar, 2015, avec Diane de Bournazel
  • Dernières nou­velles d’Ulysse : avis de recherche, Rougi­er, 2015
  • Un requiem alle­mand 1986, édi­tions Car­ac­tères, 2015
  • La Perte du temps suivi de On ne peut pas dépenser des cen­times, Cas­tor Astral, 2015 — Prix Mal­lar­mé et prix Théophile-Gautier
  • La Dent tombée de mon­tagne, Dumerchez, 2015
  • Anvers ou Les anges per­vers, réc­it, Espace Nord, 2015
  • Epi­tapheïon, édi­tions La Porte, 2016
  • D’un bol comme image du monde, avec illus­tra­tions de Lee Ye Ji et Thai Le Dinh, Pip­pa, 2016
  • Vie et mort du sen­ti­ment étrange d’être dieu, édi­tions La Porte, 2017
  • Le Sous-marin de papi­er, avec des illus­tra­tions de Aude Léonard, Møtus, 2017
  • Let­tres à un vieux poète, édi­tions Car­ac­tères, 2017
  • Hom­mage à Calder, édi­tions Rhubarbe, 2017
  • La Chute de la grande roue, suivi de Les gril­lons chantent la nuit ; de En dehors et autour ; et de Paresseux Dimanch­es, Le Cas­tor Astral, 2017
  • Ball-trap, illus­tra­tions Lau­rence Skivée, 2017 — L’Âne qui butine
  • Bureau des soli­tudes, édi­tions La Porte, 2018
  • Maîtres et maisons de thé, édi­tions Rhubarbe, 2019
  • La Musique à bouche, illus­tra­tions de Philippe Bouret, édi­tions du Petit Véhicule, coll. « l’Or du temps » no 150, 2019
  • Le grand poème, édi­tions Car­ac­tères, 2019
  • L’A­gen­da­da, édi­tions Rougi­er, 2019
  • Brainx­it, avec des pho­togra­phies des sculp­tures de Wan­da Mihuleac, édi­tions Tran­signum, 2019.
  • Les Con­voyeurs atten­dent, jour­nal sauvage, édi­tions Rhubarbe, 2020

        Poèmes choi­sis

        Autres lec­tures

        Le mangeur de nèfles (Haïkus libres) de Werner Lambersy

        La nèfle, appelée par­fois cul de chien, s’accommode assez bien, dit-on, dans les recettes, d’une cui­sine pré­ten­du­ment « sauvage » qui con­vient par­faite­ment à Lam­ber­sy. Car cela fait près de cinquante ans que cet enchanteur […]

        Patricia CASTEX MENIER & Werner LAMBERSY, Al-Andalus

        Le “Jour­nal d’automne” de Patri­cia Cas­tex Menier nous offre un véri­ta­ble voy­age, nous ouvre « une per­spec­tive d’estuaire » que le lecteur décou­vre au fil des pages, tra­ver­sé par l’onde poé­tique, « l’or mou­vant des reflets, […]

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        Philippe Bouret

        Philippe Bouret est psy­ch­an­a­lyste à Brive-la-Gail­larde et auteur de plusieurs ouvrages. Il s’intéresse par­ti­c­ulière­ment aux liens entre la psy­ch­analyse et l’art. Ses travaux dans le Champ freu­di­en l’ont con­duit à étudi­er la poésie cour­toise dans les cul­tures anté-islamique et arabo-andalouse au regard de l’enseignement de Jacques Lacan, de l’œuvre de Sig­mund Freud et de l’enseignement de Jacques-Alain Miller. Il a étudié la langue et la cal­ligra­phie arabes. Depuis de nom­breuses années, il artic­ule, à par­tir de son expéri­ence de ren­con­tres avec des artistes, ce qu’il nomme « la psy­ch­analyse en expan­sion » et définit ain­si ce qu’il en est pour lui de la posi­tion du psy­ch­an­a­lyste dans la cité au xxie siè­cle : « Les artistes pren­nent l’exis¬tence au sérieux. Ils explorent l’intranquillité, l’énigme et par­fois la joie des chemins de la créa­tion, se lais­sent sur­pren­dre par les mots, les couleurs, les sons qui s’imposent à eux et font usage du malenten¬du comme mar­que de l’être par­lant. » « Pour le psy­ch­an­a­lyste qui va vers l’artiste, la ren­con­tre au un-par-un appelle et expand le désir. Elle ori­ente l’engagement et révèle par­fois des pépites. On appelle ça le savoir. Il en va de la survie de l’usage de la langue vivante et incar­née, il en va de la lib­erté. » Mem­bre de l’École de la Cause freu­di­enne et de l’Association mon­di­ale de psy­ch­analyse, il a été Délégué par l’ECF aux car­tels de l’acf-Massif Cen­tral et mem­bre de la Com­mis­sion des car­tels de l’ECF de 2013 à 2015. Engagé pen­dant de longues années dans les travaux du Groupe fran­co-algérien du Champ freu­di­en il a été co-créa­teur et co-rédac­teur en chef de la revue La Fibule (Groupe fran­co-algérien du Champ freu­di­en). Il est nom­mé Mem­bre du Pen Club français en 2017 sur propo­si­tion de Sylvestre Clanci­er, Prési­dent d’Honneur et Pré¬sident de l’Académie Mal­lar­mé. En 2018, il entre au direc­toire du Pen Club, comme vice-prési­dent du Comité des écrivains pour la Paix et co-respon­s­able des réseaux soci­aux avec le prési­dent Emmanuel Pier¬rat. Philippe Bouret des­sine à l’Encre de Chine. Il est plus par­ti­c­ulière­ment con­nu pour ses éfem­mérides et ses dessins d’Art en bar (por­traits à l’Encre et au café). Il a pub­lié plusieurs recueils de poésie dans la mou­vance sur­réal­iste et de livres d’artistes.

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