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L’abîme

Par | 2018-05-25T03:34:19+00:00 28 mars 2013|Catégories : Blog|

 

L’abîme
arro­sé de nos larmes

le peintre et moi râpons
un bloc d’encre.

Que de pleurs et d’éclats
pour pou­voir trem­per un jour
notre pin­ceau dans le silence
des pig­ments du gouffre.

Faire par­ler les rides
de l’étang, sous le pont
de bam­bou, les pas
des rois exi­lés, l’envol
des hérons cen­drés, leurs cris
filant les nuages
de la mous­son d’hiver.

 

extrait du recueil Les Colibris à recu­lons
 

 

Dalle nostre lacrime
innaf­fia­to l’abisso,

io e il pit­tore grat­tu­gia­mo un bloc­co
d’inchiostro.

Quanti affan­ni,
qua­li imprese per poi rius­cire un gior­no
a immer­gere il pen­nel­lo nel silen­zio
dei pig­men­ti del bara­tro !

Far par­lare le rughe
del­lo stag­no al di sot­to
del ponte di bambù,
pas­si di re esi­lia­ti,
il volo degli airo­ni cene­ri­ni,
i loro gri­di che
riga­no già le nubi
del mon­sone inver­nale… 

 

Traduction en ita­lien par Carlo Gazzelli.

 

 

 

 

Carlo Gazzelli est un poète et tra­duc­teur lit­té­raire qui vit à Gênes. Il tra­duit du fran­çais, de l’anglais, de l’espagnol, de l’allemand, du latin, de l’espéranto… Il a tra­duit Stendhal, Emily Dickinson, Jean Starobinski, Stéphane Mallarmé, Raymond Radiguet, Voltaire, etc. Il publie de la poé­sie sous le pseu­do­nyme d’Enrico Matteo Achronidis : Il sogno di Copenhagen (Il Melangolo, Genova 2002), Una stret­ta leg­ge­ra (Philobiblon Edizioni – Ventimiglia, 2009). Sous son propre nom, il a signé le volume inédit Fuochi del­la Geenna, et, en col­la­bo­ra­tion avec le poète Francesco Macciò, le volume éga­le­men­to inédit Tenzone. Il col­la­bore régu­liè­re­ment à la revue inter­na­tio­nale de tra­duc­tion lit­té­raire Traduzionetradizione (édi­tée à Milan par la poète et cri­tique Claudia Azzola).

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