> Loin de Dieu, près de toi de Fabrizio Bajec

Loin de Dieu, près de toi de Fabrizio Bajec

Par |2018-11-19T10:33:57+00:00 20 janvier 2014|Catégories : Blog|

Ton mal s’écrit en moi petit à petit.

Fabrizio Bajec

 

Fabrizio Bajec donne à lire ce long poème ou cycle en deux langues, l’italien ori­gi­nal et le fran­çais. Jeune poète né en 1975, Bajec écrit dans les deux langues, son pre­mier ensemble poé­tique, Entrer dans le vide, a d’abord paru en Italien puis en ver­sion fran­çaise, en 2012 (édi­tions du Fram). Loin de Dieu, près de toi avance vers nous ain­si, par les mots de sa pré­face (signée Jil Silberstein) :

« Dans l’arène minus­cule où se déroule Loin de Dieu, près de toi, cycle res­ti­tuant jusqu’au ver­tige les sta­tions d’une « mise à mort » ou d’une « pas­sion », comme on vou­dra : trois pro­ta­go­nistes on ne sau­rait moins diserts que sont une mère à l’agonie, un fils pul­vé­ri­sé par l’imminence de sa fin et la mort impla­cable. Au point que oui, l’univers s’en trouve rétré­ci aux dimen­sions d’une chambre d’hôpital : glauque à pâlir, avec sa gamme d’appareillages, sa table sur laquelle tic­taque un réveil, ce visage qui s’altère au long des vingt ins­tan­ta­nés que compte le poème, un témoin éper­du et les pauvres sou­rires cen­sés don­ner le change – autant de masques muti­lant à faire hur­ler les fon­de­ments de l’être ».

La pré­face évoque Ginsberg et Reznikoff, pour­quoi pas :

« Moi qui fus extrait de tes vis­cères
comme un far­deau bénin,
j’arpente le cor­ri­dor des infec­tés
en repli, lâche et impa­tient. »

 

Il faut se méfier des « grosses » réfé­rences. La voix, c’est ce qui importe.
Ici, le poème est un cri, c’est déjà beau­coup :

« tu t’ouvres à bout de souffle
sans dire au revoir au monde. »

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