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PAR-DESSUS L’OBJET

Par |2018-12-11T07:57:05+00:00 10 septembre 2012|Catégories : Blog|

 

Es-tu éclai­ré ? quelque chose d’irréel
se cache dans ta forme. de là la végé­ta­tion remonte
sa média­tion : ça vaut le coup de s’y enter­rer,
se cou­cher comme dans une mare noire et dire fraises*,
les fraises sont, cette pro­fon­deur du fos­sé,
ce lisse où je me cache.

et que peut-on faire avec une fraise  ? peut-on
l’enjamber ? je dis cama­rades,
avec une fraise on peut créer un nom. les objets,
en eux sans nom, les sup­portent bien :
les objets odo­rants un après-midi d’été, au parc,
sur la place de Place des fleurs – tout un jar­din de légumes est sor­ti
se pro­me­ner et mur­mure grand est mon amour,

toute cette fou­tue rigi­di­té. d’ailleurs, avez-vous déjà
vu le diable ? la fraise je l’ai vue. j’ai vu
ses seins. une fois elle m’a dit dans le com­bi­né :
va te faire foutre, en moi pousse le doux par­fum du sud, le dîner
est sur la table ; quelqu’un sort la lumière de la chambre et la nuit tombe,
tu n’as rien vu, tu ne sais rien encore : celui qui nage
a un nom ; pois­son, dit le pois­son et se met à sai­gner des yeux,
comme s’il man­geait des châ­taignes.
 

*Jagoda, « fraise » en croate, est un pré­nom fémi­nin assez répan­du (NdT).

 

tra­duit du croate par Vanda Mikšić, Brankica Radić

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