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Poèmes de Raison 3

Par | 2018-05-27T21:43:27+00:00 24 février 2013|Catégories : Blog|

 

Dans ton cœur —
les brin­dilles, à force d'être mor­dues par le feu, se brisent, les xylèmes cra­que­lés et fumants, gémissent, les ron­dins fondent len­te­ment par strates de braises friables dont la dis­lo­ca­tion ali­mente d'épaisses couches de cendre dans les­quelles tout
s'enfonce — la rumeur que fait ce bra­sier énorme, dit :
« Tu es gran­de­ment malade, pas de doute, tu es
atteint d'une
bles­sure non-sutu­rable.
Que le don soit vain, ou que le don n'ait pas lieu, quelle dif­fé­rence ?
Oublie. »

Celui-là se tourne vers le visage de l'adorée, celui-là se tourne vers le cœur absent de l'adorée et le ques­tionne,
celui-là se détourne de l'adorée et s'enfonce dans les ténèbres de son absence, deve­nant encer­clé par elle, celui-là est
saint, celui-là est mau­dit — nous sommes des
déshé­ri­tés, des
incon­so­lés.
« Le
feu de ta fer­veur est vain. Après
ces ques­tions, d'autres ques­tions et
après ces ques­tions, d'autres ques­tions. Tu
es
ense­ve­li dans le bra­sier de ta sain­te­té, et puis tu es ense­ve­li dans les cendres de ta per­plexi­té, et puis tu es ense­ve­li dans ton absence. Maintenant ta
sain­te­té
serait la nou­velle
vani­té à
défaire. »
Elude
le feux rou­lant des « pour­quoi » et des « néan­moins »
Propose ta démence à « autre chose ». Deviens « autre chose ».
Sois vain à
l'image absente de « ce que tu es ».

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